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04/07/2010

ASSOCIATION DES CLUBS TAURINS ORGANISATEURS

embleme.jpgMercredi 30 juin 2010, à la manade Occitane

LE DEBAT EST LANCÉ
LE CONSTAT POSÉ

Le feu couve depuis le dernier congrès de la FFCC (et certainement plus avant), et la mauvaise humeur ambiante qui se diluait les années précédentes dans les bonnes courses où le public était au rendez-vous, s’étale cette année au grand jour exacerbée par le bas niveau des rencontres dominicales et des décisions fédérales contestées. La course camarguaise traverse une période de turbulences, les clubs taurins, les raseteurs, les manadiers, le public souffrent, l’ACTO ouvre le débat et a invité à cerner les problèmes.  En attendant  de lister des solutions. Une initiative louable qui a réuni une centaine de personnes sur les 380 invitations lancées, « mais les plus importants sont venus », constate, assez content de la soirée, Sébastien Gonfond. Rappelons que la FFCC a décliné l’invitation à participer, le président Itier s’en est expliqué (ffcc.info).
Voyons les débats. Le président des clubs taurins organisateurs, entouré de Christian Garrido, Aurélien Laget , Rémi Dumas et de jeunes à la technique, explique en préambule sa volonté de soumettre des propositions à la FFCC, après avoir mal vécu sa première participation au comité directeur où il s’est senti « humilié » et surtout pas pris au sérieux, ni écouté et encore moins entendu. La parole est ensuite donnée aux participants, dans le calme, et avec un minutage précis qui a évité les longs monologues.


En voici quelques extraits.

Les organisateurs (clubs taurins) ont noté : une forte baisse de fréquentation ; le calendrier trop chargé ; le peu d’émotion ressenti sur les gradins ; les raseteurs formatés déjà en Ligue, et qui rasète dans la facilité ; critique des régies municipales, concurrence déloyale ; peu d’implication des raseteurs, manque de dialogue, problème des tourneurs «  qui sont toujours sur le dos des taureaux, on doit être loyal avec les taureaux ».

Nogue.jpgLes raseteurs (sont intervenus Guyon, Noguera, Bini, Fargier, Fougère) : ils regrettent « le manque de communication entre nous (raseteurs), avant on se régalait, maintenant on nous jette l’enveloppe et c’est fini. Il y a un problème de mentalité ; en piste ça rasète aux pompons et plus rien face aux difficultés » ; « il faut commencer par résoudre les problèmes au bas de l’échelle, chez les jeunes. Il faut les envoyer voir ce qu’il se passe dans les manades » ; « Nous on a des règlements, et les taureaux sortent avec trop de ficelle. Il faut que les manadiers respectent aussi les règles. Les organisateurs prennent des raseteurs avec des invitations moindres… » ; « contre les glands primés séparément »…

Moucadel.jpgLes présidents de course (Marc Moucadel, Thierry Cure) : les glands séparés, c’est au président de savoir si le taureau doit être arrêté ou pas, cette histoire de gland participe à la mauvaise ambiance.

Les manadiers (Guyot, Cuillé, Fabre-Mailhan, Blatière-Bessac, Vinuesa, Espelly) : au sujet des prophylaxies, «  si vous ne nous aidez pas, on s’en sortira pas ; le spectacle doit se faire entre le taureau et le raseteur. Un Ricard.jpgtaureau ça se respecte ». Problème des manadiers non éleveurs ; les éleveurs souffrent financièrement ; tout le monde doit se remettre en question ; problème d’élever des taureaux sauvages dans de grands espaces ; réservoir de taureaux jeunes qui « s’usent vite » ; pas assez de course de taureaux jeunes ; veiller au langage en piste notamment les tourneurs ; penser aux taureaux c’est l’élément principal de la course camarguaise. « Nous sommes là grâce au taureaux, il est au centre, on doit le respect à cet animal mythique » ; « il faut donner de l’émotion, savoir prendre des risques et faire plaisir au public » ; problème dans les écoles taurines, trop de carreaux ; il faut éduquer les jeunes raseteurs ; « il faut que les organisateurs prennent les meilleurs taureaux et les meilleurs raseteurs, faire moins de courses » ; « c’est la volonté des hommes qui améliorera les choses… ».

Trophée Taurin : Domynique Azéma : « le Trophée est très critiqué, mais on n’a rien trouvé de mieux pour D A.jpgl’instant ». Aimé Hugon « Les grandes arènes sont la vitrine, il faut que les CT et les grandes arènes travaillent ensemble »…

Après que chacun ait listé ses doléances, un aficionado a élargi les problèmes : « Le public aussi est responsable, on essaie de faire venir les nouveaux arrivants mais, de notre côté, l’aficion n’a pas été transmise entre les générations. Il faut expliquer que la course camarguaise, ce n’est pas les taureaux emboulés, pas les spectacles de rue… »
D’autres voix se sont élevées pour relever les mauvaises mentalités, le manque de respect…

Bref, un état des lieux plus morose peut-être que la réalité mais – et c’est le côté positif - que tous souhaitent améliorer. La solution passe par une remise en question de tous, le dialogue, l’entente entre les parties et ce fameux respect des uns envers les autres… Mais ça ce n’est pas que le problème de la bouvine, c’est aussi celui de la société. En revanche, si la course camarguaise se cherche un meneur, un réconciliateur, une vérité… un seul étendard, le taureau.

Et le clin d’œil de la soirée, en guise de grand effort de conciliation, l’apéritif était offert par Ricard et 51.

Martine ALIAGA
Photos Luc PERO

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