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04/08/2010

DE VOUS A MOI - 1 -

LES HEROS DE MONTFRIN

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Quand on parle du Gland d’Or, ailleurs qu’à Montfrin, un petit sourire moqueur s’allume dans l’œil égrillard de votre interlocuteur. Eh oui, gland, glandeur, glander… ça vous émoustille le touriste.  Mais pas dans le triangle sacré des biou, pas sur les rives du Gardon.  Encore moins un jour de finale.
Là, encaqués comme des anchois, mémés, pépés, ados boutonneux ou jeune pubère, festejaires et gens de bouvine, l’œil aux aguets et  prompts à s’emballer, n’en perdent pas une miette.  Luc, au micro, n’oublie personne. Jean, Pierre ou Guillaume, chacun à sa petite pincée… Pas besoin de plus détail, tout le monde connaît… Gare à ceux qui parlent trop fort ! Pan sur le bec ! Le public se marre. Le DJ  s’emmêle les pinceaux, les pauvres petites Mireille des Cabidoules en perdent leurs pas de danse, elles sont follement applaudies. Le trompette « cague » une entrée en piste peuplée de tous les canards du Vaccarès, aussitôt la foule réagit. Il s’applique au taureau suivant, c’est l’ovation. Yvan se démultiplie en contre-piste, attisant ou calmant raseteurs et tourneurs. Ici,  le roi c’est le taureau… Pas question de jouer les cartes carreaux. Seuls, le raset dans les cornes, la témérité, le panache sont l’apanage des héros de Montfrin.  Tant pis ou tant mieux si le biou se garde, s’il ne tient pas la distance, le suivant affichera sa générosité, l’autre posera des problèmes, le dernier fera péter quelques coups aux planches… Dans la cocotte-minute montfrinoise, les gradins savent encore apprécier la belle trajectoire, le cite « couillu », l’enfermée sur un bel engagement.
Et quand on quitte Montfrin, restent en mémoire la ferveur des afeciouna, l’implication de la plupart des blancs, le bonheur de partager… et  les noms de cocardiers qui ont fait retentir Carmen.

Martine ALIAGA

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