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18/03/2011

DEMISSION D'HENRI ITIER : LES PARTIES PRENANTES DE LA BOUVINE S'EXPRIMENT

Après la démission du président de la Fédération française de la course camarguaise, les intervenants du milieu taurin s'attelle à la tâche : des idées, des souhaits... et surtout un constat, il faut que toutes les parties prenantes travaillent ensemble.

Jacques Mailhan, président des manadiers de la Raço di biòu et vice-président de la FFCC
«La Fédération est un outil pour perpétuer les courses camarguaises... gérer les licences, les assurances, les jeunes, etc... et du bon travail a été fait.

Maintenant, il faut se projeter vers l’avenir. Le 28 mars, nous saurons qui démissionne du comité directeur. Mon but est de veiller à ce que les choses se passent correctement et dans la transparence pour continuer la saison. Il faut rapidement un comité directeur qui fonctionne et un président. De toutes façons, il y aura d’autres élections fin 2012. J’ai confiance dans les gens de bouvine. On trouvera le moyen de faire les choses convenablement.
Chaque partie prenante doit prendre ses responsabilités pour garder intacte la passion des spectateurs. Dans un contexte difficile de crise, il faut valoriser la course camarguaise. Si les gens se régalent, les choses se dérouleront pour le mieux».


Nicolas Noguera, président des raseteurs
« Suite aux derniers événements et notamment à la démission du Président de la FFCC, l’Association des raseteurs tient à rassurer l’ensemble du monde taurin y compris les aficionados sur la continuité de la saison 2011. Dès dimanche les courses vont reprendre comme prévu, sans aucun changement. Les raseteurs, comme la majeure partie des intervenants de la course camarguaise en avaient assez de ne jamais être écoutés par M. Itier et son bureau qui depuis de nombreuses années n’en faisaient qu’à leur tête sans tenir compte du malaise croissant concrétisé par la médiocrité des courses. Notre revendication au sujet du groupe 2 a pris une tournure intransigeante parce que nous ne voulions plus être montrés du doigt comme les pourfendeurs de la course camarguaise. Nous avons tout intérêt à ce que les aficionados soient contents de notre travail en piste, mais nous étions jusqu'à maintenant isolés dans un système qui ne laissait que guère de place à l’épanouissement du taureau et du raseteur.

Nous sommes en contact avec toutes les parties prenantes pour redéfinir l’avenir de la course camarguaise afin qu’elle retrouve son prestige et que les personnes qui sont concernées au premier chef (manadiers, raseteurs, clubs organisateurs…) puissent participer équitablement à son évolution. Nous voulons d’un bureau où chaque corporation soit représentée selon l’importance qu’elle occupe au sein du spectacle. Nous sommes conscients du mauvais état actuel de la course camarguaise résultante d’une mauvaise politique fédérale, notre but est de reconquérir le public afin qu’à nouveau les gradins se remplissent et cela passe par une remise en question de chacun, raseteurs inclus ».  


Philip Vellas, président de l’Union des villes de tradition camarguaise «L’Union des villes de tradition camarguaise regrette le départ d’Henri Itier. Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit, elle ne dirige pas la FFCC mais a trois de ses membres élus au comité directeur. L’Union est une des composantes de la FFCC et n’a aucune intention de la diriger mais de travailler en étroite collaboration avec toutes les composantes de la course camarguaise».


Aimé Hugon, membre de la commission du Trophée Taurin «Je pense qu’Henri Iitier et sa garde rapprochée auraient dû écouter tout le monde. Le travail d’un président de fédération c’est de fédérer. En plus, on n’a pas le droit de rayer de la carte plus de 40 raseteurs surtout après leur avoir vendu leur licence. La course camarguaise s’en remettra... Pour la suite, toutes les parties prenantes doivent être réunies au sein de la fédération, il faut faire une table ronde autour de la course camarguaise. Par moments, il faut réfléchir avant de modifier les réglements. Si on veut que la course camarguaise reste une tradition, il faut mettre un peu le frein par rapport aux évolutions trop rapides de la société et penser que le taureau, lui, est resté le même».

Daniel Siméon, responsables des arènes du Grau-du-Roi
"Je pense que les derniers événements ne furent que l'aboutissement d'une situation qui ne pouvait que déboucher sur l'implosion du système. Depuis des mois Henri Itier mettait sa démission dans la balance pour avancer plus avant vers des objectifs qui lui semblaient être une bonne alternative pour nous sortir du marasme actuel. Mais certainement n'a-t-il pas négocié avec les bonnes personnes pour arriver à ces fins. Les raseteurs sont, en binôme avec les taureaux, les acteurs principaux de la course à la cocarde, on ne peut pas les reléguer à un rôle subalterne. Ils sont une valeur constante, certes fluctuante, parce que les générations se succèdent, à la différence des manadiers qui ont, de par leur patrimoine, une pérennité avérée sur le monde taurin. Pourtant certains raseteurs comme Nicolas Noguera montrent un attachement durable à la course camarguaise, en s'impliquant à l'organisation des festivités taurines dans leur village. Après ces jours chaotiques il reste à faire sourire les lendemains. Lourde et enivrante tâche…"

Propos recueillis
par MARTINE ALIAGA

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