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23/10/2011

BEAUCAIRE

 Samedi 22 octobre 2011

 JUBILE DE KHALED :
LE PLEIN DE SOUVENIRS POUR INES ET SAMY

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Présents de la capelado à la remise des cadeaux, ils ont tout juste lâché leur père le temps de la course. Inès et Samy gareront au cœur le bel élan fédérateur qu’à suscité Khaled, très entouré, pour marquer la fin de sa carrière de raseteur. Il y a des souvenirs qui construisent des vies, ceux de ce samedi 22 octobre, en feront partie. Car toute la famille – les familles – de la course camarguaise s’est déplacée aux arènes pour fêter Khaled Bari, ce raseteur à part, unanimement apprécié, homme réservé et attachant, respectueux de tous et de ce fait respecté.

Et pour participer à cette fête, orchestrée par le Services des affaires taurines beaucairois, une cinquantaine de raseteurs, des anciens aux tout jeunes, la capelado a déroulé toutes les générations, les gardians de Vinuesa, Blanc, Fabre-Mailhan, l’Amicale équestre de la Montagnette, les Arlésiennes, cinq présidents de course, le fan club de Saliers, les amis de Saint-Gilles, de Beaucaire, nombre d’afeciouna, de représentants de clubs taurins qui ont tous un jour ou l’autre apprécié le raset de Khaled, son respect des taureaux et des autres acteurs de la piste.

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 ▲ Une belle brochette de présidents de course.

beaucaire,jubilé de khaled,courses camarguaisesbeaucaire,jubilé de khaled,courses camarguaises◄► Stéphane Marignan (à gauche) et Obi Ménargues (à droite)

Pour ouvrir les festivités, les deux cocardiers emboulés de la manade Vinuesa – Sangar et Chamaco – ont pu apprécier la passion intacte des Boulaire, Triol, Guillaumenq, Marignan, Ménargues et autres G. Rado, Curtil, les plus présents.

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▲ Gérald Rado dans ses oeuvres à la barrière.

 En cornes nues, les As et Avenir se sont divisés en équipes et les taureaux n’ont pas manqué de sollicitations pour des prestations toutes émaillées de Carmen.

Saint-Gillois des Baumelles, cocardièrement au point, a pu dérouler nombre de séries. Aladin de Nicollin n’a pas chipoté et accepté tous les cites. Vulnérable loin des planches, plus autoritaire une fois placé dont une belle finition sur Chekade. Le jeune Bartaveu de Blanc a mis du cœur dans les poursuites avec de grosses poussées sur Moutet, Martin-Cocher, Grammatico. Toujours prêt, Banaru de Fabre-Mailhan s’est prêté vaillamment au jeu avec Chekade notamment. Quant à Honoré de Cuillé, avec ses cornes biscornues, un peu brouillon mais rapide dans ses interventions, il a offert de belles actions avec Chekade, Rey, Allam, main au frontal.

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 ▲ Bartaveu (Blanc) chaud devant avec Moutet.

Cocardier classique, Ibis de Félix a opposé une grande vaillance à un nombre incalculable de rasets auxquels il a répliqué sans faillir. A grande foulées, Astérix de Bon est resté disponible pour les enchaînements et les rasets engagés pour des conclusions aux planches (Outarka, Martin-Cocher, Auzolle, Allam). Quand le Muscat est tiré, il faut le boire… Pour Khaled ce sont les derniers rasets et le cocardier de Vinuesa met toute sa bonne volonté à collaborer tout comme les blancs. Voilà la dernière cocarde dans le crochet du gaucher sous l’ovation. Carmen

 

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 ▲ Le raset de Khaled avec Muscat la cocarde dans le crochet.

Les cadeaux et les témoignages d’amitié pleuvent, Khaled essaie d’exprimer toute son émotion : « Je suis tellement ému que je ne sais pas quoi dire… Il y a dix-huit ans quand j’ai commencé je ne connaissais personne, aujourd’hui j’ai plein d’amis … » Des remerciements, quelques larmes, des embrassades et puis le grand sourire… Khaled est heureux. Samy et Inès, à ses côtés, font le plein de souvenirs.

 

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▲ Pour l'album souvenir, la photo de famille

  MARTINE ALIAGA
Photos CHRISTIAN ITIER - ERIC AUPHAN

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Rencontre avec Bari Khaled à l'issue du jubilé

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▲ Bari Khaled entouré de ses enfants à la capélado.

beaucaire,jubilé de khaled,courses camarguaisesAprès dix huit années de piste, Bari Khaled 38 ans a tiré sa révérence dans les arènes de Beaucaire grâce à son ami Morade. Sympathique, le gaucher en piste, droitier dans la vie a toujours été respectueux de la tenue blanche. Rencontre avec un raseteur aussi talentueux que discret et respecté de tous

Bari quel est le secret de ta longévité ? «C’est l’amour des taureaux et aussi le fait que je suis resté vert toute ma carrière. Mon hygiène de vie a aussi été très importante même si depuis deux ans je commence à prendre un peu plus de plaisir en dehors des taureaux».

Quelles sont les raisons de ton arrêt ? «Quand tu es raseteur tu dois être capable de raseter arrêté et physiquement je n’en suis plus capable. Sans ces rasets arrêtés je ne prends plus de plaisir, donc je préfère arrêter».

Au départ rien n’était prévu ? «C’est vraiment un accident car au départ je ne comptais absolument rien faire. Je pensais faire une journée chez Robert Ruiz de St Gilles à la manade l’Argentière puis finalement Morade m’a contacté au mois de mars et c’est parti de là».

Quels sont tes meilleurs Souvenirs ? «Il y en a beaucoup trop pour les énumérer. Je garde en mémoire le raset avec Rodin à Chateaurenard. C’est la première fois ou je suis parti à l’aventure mais je suis content de l’avoir fait. Ce raset restera gravé, je partirai avec».

Et les taureaux qui t’on marqué ? «Les gros taureaux tels Romain de Saumade, Auroch de Guillerme mais aussi Tristan de Saumade que j’ai connu des emboulés jusqu’à la fin de sa carrière. J’ai bien aimé Fournelet et Rascaillon de Blanc, Danton et Muscadet de Rouquette et surtout Michou des Baumelles qui me convenait très bien. Je ne peux en faire ressortir aucun car tous sont différents et j’ai pris du plaisir avec chacun. C’est l’essentiel».

Quel fut ton sentiment au moment de la capélado ? «Je me prépare depuis le mois de mars à ce moment. Tout s’est très bien passé mais je n’ai pu m’empêcher de pleurer à la fin. Ce sont sept mois de préparation pleins d’émotions. Je pense que je réaliserai vraiment l’an prochain quand je tournerai et que je verrai mes collègues raseter. Sortir mon crochet de mon sac la dernière fois c’était touchant».

Que vas-tu faire après la piste ? «Je vais beaucoup plus me consacrer à mes enfants. J’ai aussi mon élevage de chevaux camargue d’origine Jalabert créé depuis 2005. Je vais essayer de l’agrandir et de le pérenniser».

Propos recueillis par Eric AUPHAN

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