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29/02/2012

15e FESTIVAL FILM TAURIN

Saint-Geniès-de-Malgoirès

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François de Luca, Robert Féline et Karine Vianès

LES RÉACTIONS

Thierry Bourdy (Président du jury): «Le niveau est très bon car les amateurs construisent des films et mettent des commentaires de façon bien travaillé. Il y a encore des films avec des taureaux de rue comportant des scènes choc qui irritent une partie du jury parce que c’est une certaine violence avec une accumulation de scènes chocs sans construction filmique à l’inverse du magnifique portrait du petit Léopold avec un scénario et plusieurs fils conducteurs. C’est ce que le jury recherche. La preuve que les amateurs peuvent aussi penser comme des cinéastes confirmés. Ce petit garçon est extraordinaire, sans en faire des tonnes, il a foi et la passion et l’exprime magnifiquement et très naturellement. Un amateur qui sait regarder arrive à le capter et à le restituer».

Karine Vianes (Présentatrice): «L’année dernière on a eu un gros film Chomel avec une grosse affluence. Pour l’équipe, c’était un peu une inquiétude cet après Chomel. Quand je vois la réaction du public avec un portrait complètement inattendu du père Benjamin et la ferveur dégagée je suis ravie. L’équipe de bénévoles se démène toute l’année pour ce beau moment, c’est que du partage. Les amateurs font un travail magnifique. On rencontre des personnes qu’on revoie ensuite toute l’année aux courses ce qui forme un petit mundillo. La quinzième édition est une totale réussite».

François De Luca (Organisateur): «Je ne pensais pas faire autant de spectateurs que l’année dernière après Chomel. Avec le recul je pense que ceux qui sont venus pour Chomel l’année dernière sont revenus parce qu’ils ont aimé. Dimanche, on a fait un tabac avec le film sur père Benjamin, le Mystère de la Camargue et tous ces films amateurs qui montent en puissance. La difficulté va être de trouver de nouveaux sujets qui plaisent. Ca devient compliqué pour toute l’équipe et je ne sais pas si on va arriver tout le temps à trouver des idées et faire des films de ce niveau là».

Robert Feline (Président Union Taurin Lou Gandar): «On a lancé le festival il y a quinze ans car François était à nos côtés. Le succès est croissant depuis le lancement et il est peut-être du à l’affiche que l’on fait mais après Chomel on doutait de faire autant de monde mais on s’est aperçu qu’on en avait autant. Je savais que le film Foi et Passion allait faire un tabac car on n’a pas l’habitude de voir un prêtre faire l’apéritif, monter à cheval. En plus il a un physique d’acteur de cinéma et la salle était debout pour l’acclamer. Sur scène il n’a pas été intimidé et a su répondre à toutes les questions (même pièges) avec beaucoup de facilité. On doit notre succès à tous les médias à savoir télévisions et journaux mais aussi à la qualité des films présentés. Je n’ai pas peur de dire que j’ai appris à jouer au football à François et qu’en retour pour le festival, il me le rend bien».

Roger Pierre Auguste et Frédéric Bonnet(1er prix) : «Notre film a touché le jury et le public. On a voulu faire ressortir l’école, la transmission et la bouvine et cela a bien marché. Pour en venir au sujet un jour d’hiver en Camargue j’ai rencontré Léopold. Il y avait un vent à plus de cent à l’heure et une température de moins dix. J’ai découvert Léopold âgé de 6 ans alors qui travaillait comme un gardian de métier. Le soir en revenant je n’en ai pas dormi de la nuit. Je me suis dit il faut montrer la passion de ce petit. Par la suite j’ai appris qu’il s’agissait du petit-fils de Guy Chaptal. J’ai pris contact et tout le monde était emballé à l’idée. Il est super attachant et va garder un souvenir impérissable. La victoire  est secondaire, l’important était de partager avec Léopold, avec le public et le jury».

Jérôme Contestin (2e prix): «Je suis très content de ce second prix. Le film me tenait à cœur par rapport à l’amitié que j’ai pour Boris qui est Beaucairois comme moi. On a quasiment le même âge et je l’ai vu débuter en école taurine et voir sa progression pour gagner l’avenir et accéder au trophée des As cela fait plaisir. Je l’ai suivi au départ sans penser à ce film tout en prenant quelques images pour voir son évolution. La victoire à l’avenir a tout déclenché. Passionné de bouvine les sujets ne manquent pas car la camargue est riche. Je participe depuis sept saisons. J’ai gagné une fois et fini deux fois second mais j’ai une pensée pour mon grand-père qui m’a accompagné pour ma première participation au festival. Mon premier film parlait de mon grand-père qui m’a transmis sa passion pour la bouvine. Aujourd’hui j’espère que de là haut il nous regarde et qu’il est content».

Jean-Pierre Delon et Roger Curan (3e prix): «On ne s’attendait pas à monter sur le podium. Pour une première participation à St Génies c’est pas mal mais je suis un vieux de la vieille dans les films taurins car à l’époque des années 70 j’avais monté à Lunel l’association du super 8 taurin Lunellois. Nous étions au nombre de huit et on présentait un film chaque année. Je suis à l’ancienne et j’ai trouvé Roger Curan qui maitrise les ordinateurs et la technologie ce qui m’a permis de faire les montages. Je vais transformer mes super 8 en DVD et l’année prochaine je présenterai deux films».

Benjamin Prouvot (Curé de la paroisse d’Aimargues): «On a vécu un beau festival avec beaucoup de monde. Dimanche les organisateurs n’attendaient pas tant de monde mais ils ont rempli les trois salles. Je pense que le film a été bien perçu, bien reçu des spectateurs et de tous les commentaires faits il ressort beaucoup de positifs. Les gens ont bien aimé quand je parle de ma passion des chevaux et de ma fonction de prêtre. Il faut profiter que Dieu passe dans la vie des gens et je me fais plus de souci pour les gens qui sont en dehors que ceux qui ont trouvé leur chemin dans l’église. Avec François on travaille depuis un an avec une certaine complicité. L’important était de témoigner et faire passer un message car l’église n’est pas en dehors de la vie des gens mais incarnée dans la vie des gens. Nous prêtres pouvons réussir à faire passer un message, moi c’est par le cheval, la bouvine et la fé di bioù. Depuis que le film est fini je n’ai pas eu cinq minutes de répit car les gens sont venus me voir pour me féliciter mais c’est François qu’il faut féliciter. J’ai été un peu exigeant dans le tri des images et on a tout bien pesé avant de pouvoir passer le film en public. Le film devrait repasser durant la fête votive d’Aimargues mon village pendant la semaine du 14 juillet».

Gérard Martin (Ancien raseteur): «Je savais que les Allemands devaient venir et ils sont venus chez moi pour faire des images. Je suis très content d’avoir participé. François De Luca fait un travail formidable avec un boulot immense d’une année sur l’autre. A 83 ans j’ai toujours la passion des taureaux chevillée au corps. J’ai toujours aimé les taureaux. Vovo a été pour moi le plus grand taureau du siècle. Il était très méchant et on était que deux à le passer. A Chateaurenard les arènes étaient pleines avant midi pour voir Vovo parfois à vélo certains en faisant 140 kilomètres aller retour de Fons. Maintenant les gens pour aller pisser ils prennent la bagnole. Vovo m’a fait un énorme coup de barrière et a arraché le poteau en ciment armé. Il a fini sa carrière sur moi. Vovo cassait tellement de planches qu’il sortait quatrième mais avant la pause pour pouvoir réparer les arènes. Ce sont des souvenirs inoubliables. Avant de mourir j’aimerai revoir des arènes à Saint Génies de Malgoires mais j’ai bien peur qu’elles ne se fassent pas car il faut beaucoup d’argent et les spectacles sont chers.

Propos recueillis par Eric AUPHAN

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