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13/10/2014

SABRI ALLOUANI *INTERVIEW*

Samedi 11 octobre 2014
 
 "Ce 10e titre je le voulais à tout prix !"
 
2014SABRIALLOUANIPHMALI2.jpgA 36 ans, le recordman de victoires au Trophée des As réalise son rêve et savoure sa performance. Questions à Sabri Allouani, master chef dix fois étoilé !
Cette victoire 2014 était-elle planifiée dès le départ de la saison ?
Oui, c’est venu dès le départ, après la finale 2013 où je n’ai pas participé (1), cela m’a donné de la force pour préparer 2014. Je me suis entraîné tout l’hiver et j’ai tout mis en œuvre pour réussir une saison pleine. Je voulais ce 10e titre à tout prix. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. En 2013, j’ai eu des blessures musculaires, cette année non. Même si à Castries je me suis cassé la main (heureusement la gauche) et j’ai pris un coup de corne en août à Mauguio par Regain, j’ai serré les dents pour continuer. Je n’ai pas raté une seule invitation, au contraire j’ai fait des courses en plus. Je suis même allé à Fontvieille pour la première fois de ma carrière.
 
Après 15 ans de piste et 9 Trophées des As, le 10e est-il la victoire de la maturité ?
Oui, c’est sûr l’expérience a joué. A 36 ans, gagner un 10e Trophée, personne ne l’avait jamais fait. J’ai une grande forme physique mais il y a certains rasets que je ne fais plus et je râle au fond de moi. Mais ma connaissance des taureaux - que je ne pensais pas avoir autant en moi - m’a permis de compenser. En plus je n’ai pas eu de gros pépins et dès novembre dernier, j’ai travaillé ma condition physique. Je ne me suis pas arrêté.
Il y a le physique mais aussi le mental...
Il y a énormément de victoires qui se sont jouées sur mon caractère. Certes il faut les jambes mais j’ai la capacité de me surpasser. Ce que j’ai fait à toutes les courses en 2014. Aussi, en cette fin de saison, je suis épuisé moralement. J’ai puisé dans mes réserves, j’ai douté de moi, mais j’ai continué.
Les moments forts de votre carrière ?
Sur les dernières quinze années, il y a des choses gravées. J’essaie de ne garder que le bon. Ce sont certaines victoires, certains rasets, l’adrénaline des courses mais aussi des moments hors de la piste avec les amis.
Après une interruption en 2010, pourquoi être revenu ?
J’aurais jamais dû arrêter, c’est un grand regret. Ça m’a fait perdre 3 ans de carrière. Je suis revenu au bout de 6 mois mais j’ai mis deux ans à relancer la machine. Mon retour a été mal perçu par certains mais aujourd’hui je montre que j’ai eu raison. Et puis l’envie qui me tient de raseter est revenue très vite. Je suis allé quatre fois à la plage, puis la piste m’a trop manqué. J’y prends plus de plaisir que quand j’ai commencé.
Et l’entourage ?
Je marche à l’affectif, ce milieu m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires et quelques-uns que je verrai toujours car je suis ami avec eux. Des liens créés en piste mais qui continuent après. Jockin, Outarka, Aliaga, Katif... Ce sont des proches. Notamment Ziko que j’ai pris un peu sous mon aile, je me retrouve à mes débuts. Il ne se pose pas de question pour raseter mais il a encore des choses à apprendre, en piste et dans la vie... Jérémy c’est quelqu’un qu’on ne peut qu’apprécier, il me demande beaucoup de conseils... Avec eux, en dehors de la piste, on a les mêmes délires, ça accroche cent pour cent.
Quels soutiens avez-vous rencontré tout au long de ces quinze années ?
La famille, les amis, les clubs taurins qui m’ont fait confiance dans ma carrière et en particulier cette année, et je les en remercie... Mes deux avocats, car sans eux je n’aurais pas pu courir cette année... Remerciements aussi au maire de Baillargues, au président de Montpellier Agglomération et maire de Montpellier, ainsi que son équipe d’adjoints qui ont su me soutenir, qui restent à mon écoute et qui souhaitent développer cet art au sein de la ville et notamment dans les quartiers populaires.
Comment envisagez-vous l’avenir ?
Le futur proche c’est la finale. Ce sera un jour spécial, mon 10e titre de vainqueur du Trophée des As et ma dernière finale. J’ai gagné mon premier trophée et mon 10e à Nîmes, la boucle sera bouclée, je veux profiter de la journée.
Et l’an prochain, je rasèterai encore, seulement une vingtaine de dates, juste pour me régaler.

 

Propos recueillis par
MARTINE ALIAGA

 

(1) NDLR : après altercation avec un juge de piste, le 15 août 2013 au Grau-du-Roi, la sanction tombait (suspension de licence 2 ans) à quelques jours de la finale du Trophée des As 2013. Sanction annulée, après appel, pour vice de procédure.

 

 

 

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