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05/12/2014

INONDATIONS A REPETITION

 intempéries dans les manades,courses camarguaises

Aux Saintes-Maries-de-la-Mer quand se conjuguent la pluie, la crue du Rhône et le vent du Sud, la mer monte sur les terres du Grand Radeau, l'eau salée envahit tout, menaçant le mas d'habitation. Les taureaux de la manade Raynaud trouvent alors refuge sur les relevées et les dunes plus hautes. PHOTO MANADE RAYNAUD

Vendredi 5 décembre 2014

Les taureaux sont en sécurité

intempéries dans les manades,courses camarguaises

Dans les près du Cailar, le Vistre a tout envahi. Cela ne semble pas perturber les tauraux de Guillierme. PHOTO MALI

Des trombes d'eau se sont déversées à répétition sur le pays des taureaux camarguais noyant les terres. Vendredi et samedi dernier, s’est ajouté un coup de mer empêchant les fleuves de s’écouler et amenant l’eau salée jusque dans les roubines proches des rivages. Les étangs et marais ont bien joué leur rôle d’écrêteurs de crues mais sur les terres déjà bien imbibées, l’eau a atteint, partout, des niveaux records. Comment les manadiers ont géré les différents épisodes pluvieux et les inondations, c’est la question que nous leur avons posée.

Le président de l’association des manadiers Raço di biòu, Jacques Mailhan, n’a pas relevé de grosse catastrophe chez ses adhérents : « Les éleveurs ont bien anticipé. Les bêtes pour la plupart étant déjà sur les pâturages d’hiver ou sur des terres moins exposées. C’est dommage car il y avait encore de l’herbe avec cet automne très doux. Pour la manade Fabre-Mailhan, les Bernacles sont bien sûr sous l’eau mais les taureaux sont aux Cabanes de Romieu où il y a des abris et où nous les “arribons” tous les jours ».

Pour Françoise Peytavin, présidente de l’AETCC, manade Saliérène (à la limite du Gard et des Bouches-du-Rhône) : « Nous sommes dans la gadoue toute la journée, il y a de l’eau partout, mais on n’ose pas se plaindre quand on voit tous ces gens victimes des inondations. Certes on craint pour les bêtes avec la pluie sur le dos sans arrêt depuis des semaines. Des manadiers de l’association ont eu des clôtures arrachées par l’eau, certains ont dû trier en catastrophe pour changer les taureaux de lieu, d’autres ont perdu des pâturages, mais dans l’ensemble, une fois les courses terminées, ils mettent les bêtes à l’abri, sachant qu’à l’automne, il y a toujours des risques ».

Prévoyants et expérimentés, les éleveurs ne se sont pas laissés dépasser par les intempéries même si en quelques endroits, l’inquiétude a été grande et il a fallu évacuer dare dare.

Face à la répétition et l’intensité des épisodes pluvieux, même si les terres souffrent encore du trop-plein d’eau et si bien des clôtures sont à refaire, la mobilisation de tous, manadiers, gardians et amateurs, a évité les drames. Sur le pays des taureaux, les hommes veillent.

MARTINE ALIAGA

Claude Chaballier, manade Chaballier, Lunel-Viel : « Après les pluies de septembre, l’eau s’est vite retirée, ce qui était positif et avec les températures douces, on a eu un regain d’herbe. Les bêtes ont profité. Par contre, après les fortes précipitations de ces derniers temps, on a été obligé de restreindre les lieux d’arribage pour ne pas abîmer les terres cultivées. Paradoxalement, il y a plus d’herbe maintenant qu’au mois de mai. C’est dommage, on aurait pu profiter encore 15 jours. Après la sécheresse dans mon secteur (La Palus Nord de Marsillargues, Lunel-Viel) de juin 2013 à septembre 2014, la production de foin a été réduite, je vais acheter du fourrage pour la première fois. Mais le temps est en train de changer, il fait plus froid, et dès ce week-end je vais “monter” les bêtes aux pâturages d’hiver au pied du Pic Saint-Loup aux Matelles ».

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▲ A la manade du Grand Salan, à Portiragnes dans le Biterrois, l'eau est monté jusqu'à 1,50 m. Mais les taureaux étaient déjà en sécurité sur les hauteurs. PHOTOS BEN
intempéries dans les manades,courses camarguaisesPatrick Benabent
(manade du Grand Salan, Portiragnes, région de Béziers):

«On était passé à travers jusque-là mais samedi dernier le canal du Midi et l’Orb ont débordé, alors on a eu jusqu’à 1,50 m tout autour du mas.

Pour les bêtes, j’étais tranquille puisque depuis mi-octobre, elles sont sur les hauteurs du Biterrois. Le seul souci c’est l’électricité coupée pendant trois jours...

Il a fallu gérer, je me suis dépanné avec des groupes électrogènes. L’avantage de toutes ces terres, c’est qu’elles se vident aussi très vite ».

intempéries dans les manades,courses camarguaises◄ Au Grand Radeau, la mer est montée jusqu'au mas. PHOTO MANADE RAYNAUD.
Frédéric Raynaud,
manade Raynaud, le Grand Radeau, Les Saintes-Maries-de-la Mer : « Jusqu’au week-end dernier ça allait, même s’il avait plu beaucoup, le sable boit l’eau. Mais samedi, la mer ne prenait plus alors avec la crue du Rhône, et les pluies fortes et incessantes, l’eau est passé par-dessus les digues montant jusqu’à la maison. Heureusement, le soir, la mer a lâché et s’est retirée. Les bêtes ont des dunes plus hautes où elles peuvent se mettre à l’abri. Mais maintenant les roubines sont remplies d’eau salée et elles boivent l’eau saumâtre. Heureusement que ce sont des Camargue, aucune autre race ne tiendrait. Maintenant, avec le tracto, je fais des drains, pour qu’une fois l’eau salée écoulée, je puisse pomper de l’eau douce au Rhône ».

▼ A perte de vue, l'eau a tout envahi. PHOTO MANADE RAYNAUD

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 Patrice Brouillet, manade du Joncas, Saint-André d’Olérargues et Issirac (limite nord du Gard) : « Beaucoup d’eau bien sûr comme partout, sur Saint-André d’Olérargues et Issirac, mais ce sont des terres hautes et les taureaux ne risquent rien. Mais j’ai des terres au Marais de la Capelle (vers Remoulins) où, là, il y a un mètre d’eau. Comme c’est une cuvette, ça ne se vidange pas, mais les bêtes trouvent d’elles-mêmes les parties surélevées, donc pas de soucis ».

intempéries dans les manades,courses camarguaisesHubert Espelly, manade Guillierme, Le Cailar : « Sur la première grosse inondation en octobre, j’ai dû faire en vitesse quelques clôtures électriques. Sur la deuxième, j’avais rapatrié une partie des bêtes sur nos terres de Saint-Gilles. Les vaches et les veaux restent au Cailar près de mon mazet et, plus loin, les cocardiers. Avec l’eau, ils ont investi les relevées et donc pas de gros souci pour la manade ».

Et l'immuable tour Carbonnière, telle un phare sur une île,

émerge entre Saint-Laurent-d'Aigouze et Aigues-Mortes

▼PHOTOS MALI

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En haut de la tour à 360° de l'eau partout...

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 ▼ AU CAILAR

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CLIN D'OEIL A CANDELO DE GUILLIERME
PHOTO CYRIL DANIEL

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▼ LE PONT DE LAUTE N'A PAS RESISTE
AUX PREMIERES INTEMPERIES

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AUX TOURADONS
LA NATURE OFFRE LE SPECTACLE

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