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06/03/2015

ANTICO COUNFRARIE

Jeudi 5 mars 2015 - Rencontre avec Frédéric Lescot

 

UNE ÂME DE CRAU
A LA TÊTE DE L'ANTICO COUNFRARIE

 

frederic lescot,antico confrarié des gardians,courses camarguaisesLa Confrérie des Gardians a tranché en son âme et conscience en propulsant dernièrement à sa tête Frédéric Lescot. Un nom, une référence. Rencontre avec celui que l'on surnomme amicalement ­Fred­, un homme droit dans ses bottes, respectueux de la légalité et qui réplique sans aucune hésitation. Il apporte une note de fraîcheur à la plus vieille institution de Camargue.

Etait-­ce dans vos ambitions d'être candidat?

Non car je n'y pensais pas. En fait c'est le regretté Jean Mathieu qui m'a dit "tu devrais le faire". Je ne vous cache pas que cela a été mouvementé, d'autant plus quand on veut me faire prendre des vessies pour des lanternes, ça je ne l'accepte pas.

Expliquez-­vous?

Dans notre règlement l'article 8 de nos statuts c'est on ne peut plus clair. En cas de démission ou de décès d'un membre du bureau, le conseil d'administration votera le remplaçant. Donc nous étions 24­25 et c'était à nous de voter le président, sauf qu'il y en a qui voulait que ce soit uniquement le bureau qui vote. Donc j'ai défendu ce règlement car si nos prédécesseurs l'avaient mis en place ce n'était pas pour rien.

Que représente pour vous ce plébiscite?

Une reconnaissance familiale car ça fait 5 générations que nous sommes dans les taureaux et la manade fêtera ses 140 ans cette année. C'est aussi une fierté de passer après des hommes tels De Montaud Manse, Comte, Pierre Saurel, et bien évidemment Hubert Yonnet.

Une année compliquée que celle 2014 avec la disparition de grands hommes?

Oui et cela m'inspire qu'il faut que je sois digne de Hubert Yonnet, digne de Jean Mathieu, parce qu'ils ont été très important pour nous.

Du boulot en perspective de toute façon?

Cela ne me fait pas peur car je suis quelqu'un qui lorsqu'il s'occupe de quelque chose, le fait à fond. D'abord je n'aime pas les choses à moitié faite et j'aime le faire comme il se doit. Je le prends très à coeur.

Justement quelle est la charge de la Confrérie?

C'est d'apporter de l'aide aux gardians professionnels quand il y a des malades, des accidents, des coups familiaux. La Confrérie verse de l'argent aux gardians professionnels et, pourquoi pas, à titre exceptionnel faire un geste à quelqu'un qui est dans le besoin.

Nouveau président nouvelles impulsion?

La Confrérie est un vieux cheval, alors il faut y aller avec modération, à petite dose, oui j'ai envie d'apporter des idées nouvelles.

Tel le rapprochement avec le Comité des fêtes d'Arles?

Complètement, par mon titre je suis membre au Conseil d'administration du Comité. A partir de là je trouve qu'on a la chance d'avoir Mme Michèle Quaix qui s'en occupe, elle a une bonne vision des choses de la situation. Mais pour 2015 ce sera une année d'observation.

Un mot sur votre équipe?

Elle ne changera pas, sauf que Loulou Tardieu qui était membre me remplace à la vice-­présidence, et nous accueillons René Sol (Bamboche) qui est une figure de Camargue. Sous ses airs bourrus, il est très objectif, rude dans le travail y compris pour lui­-même, et comme moi il prend les choses à coeur.

Votre élection coïncide avec le 22e mandat de la Reine d'Arles?

Elle m'a rendu hommage lors de son discours en disant qu'elle était fière de prendre ce règne avec un nouveau président de la Confrérie.

Est­-ce un privilège de porter la Reine?

Bien sûr c'est une fierté car c'est notre identité, notre culture, notre race.

Et pour les canons de l'élégance des gardians...?

Il faudra les remettre au goût du jour mais il y a déjà un grand pas qui a été fait.

Un manadier d'abrivado président de la Confrérie, outre de faire grincer des dents, cela redore cette frange de la famille bouvine non?

Oui, car du côté branche Abrivado, il y a énormément de travail à effectuer. Il se fait du n'importe quoi au détriment d'une dizaine de manadiers qui sont, eux dans les clous, et qui travaillent correctement.

Comment y remédier?

J'en appelle aux divers responsables, organisateurs et élus, préfets, maires. Ceux qui acceptent des manades qui ne sont "ni tu ni vous", qui ne sont pas fédérées, et qu'ils font travailler dans leur village parce que c'est l'ami, le cousin, et ça il faut l'arrêter.

Vous partez seul au combat?

Non on va essayer de monter au créneau avec ­entre ­autre­ la Nacioun Gardiano car avec mon ami Guy Chaptal nous avons une étroite collaboration. On va essayer de faire de moins en moins du n'importe quoi. Ce sera dur mais on va y arriver.

Lescot est-­il plus Baroncelli que Granon?

Sentimentalement mon grand­-père a acheté la manade d'Arbaud donc ça me tient un peu plus de ce côté Granon. Mais provençal tout de même, j'aime aussi Baroncelli car le fond de race des taureaux c'est du Baroncelli et du Granon.

Fred Lescot s'est-­il assagi?

Oui car j'ai mis le frein aux abus depuis 14 ans et je fais beaucoup moins la fête. La vie m'a fait mûrir et tout ce que j'ai eu c'est grâce aussi à mon frère Sébastien car j'ai pu travailler avec lui.

Justement la famille c'est important pour vous?

C'est une force formidable. Joseph et François créateur de la manade en 1875. Après la mort de mon grand-père Albert ça a été ma grand-­mère Adrienne avec sa belle soeur Adèle qui ont continué la manade. En fait, il n'y a que mon père qui a été seul à partir de l'âge de 18 ans, et depuis 1984 avec mon frère on a pris le relais.

Pourquoi en tant qu'éleveur et une des manades les plus anciennes de Camargue, ce sont les abrivado en priorité?

Je vais dire peut-­être la facilité. On parle de tradition, de maintenance, mais on est deux familles à vivre sur le domaine il faut qu'on mange.

 

Propos recueillis par Patrick PONS
Photos Christian ITIER

 

L'Hommage de la XXIIème Reine d'Arles à son cavalier

frederic lescot,antico confrarié des gardians,courses camarguaisesMandy Graillon est aujourd'hui avec Frédéric l'image de ce Pays d'Arles qui frappe à la porte de la ­ Capitale­. Tous deux pétillants de "fé".
Extrait du discours de Mandy lors des voeux du comité des fêtes en janvier dernier.

"Je ne peux pas vous parler de l'année 2014 sans parler d'un homme qui lorsque j'ai commencé mon aventure n'était, si je puis dire "que" vice­président de la Confrérie des Gardians. Aujourd'hui, dans les tristes circonstances que vous connaissez, il est devenu Président. C'est un homme de conviction, combatif, passionné avec un caractère bien trempé... Un peu comme moi il faut dire. Nous avons commencé l'aventure de notre vie la même année et je suis sûre qu'ensemble nous saurons défendre quand il le faudra et porter haut les couleurs de nos traditions camarguaises. Merci Frédéric.

 

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