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10/10/2015

ARLES * FINALE DU TROPHEE DES AS*

Samedi 10 octobre 2015

Zaccharia Katif, l'antithèse

Le Montpelliérain a découvert la course camarguaise,
il y a seulement cinq ans.

trophée des as,arles finale,ziko katif,course camarguaiseOn dit que la passion des taureaux doit se transmettre de génération en génération pour ne pas se perdre. On dit que seuls l’exemple de proches, la fréquentation des arènes ou des milieux tauromachiques peuvent mener à affronter les taureaux dans l’arène. On dit, on dit... Zaccharia Katif, lui, c’est l’antithèse des idées reçues. Il ne revendique aucune tradition taurine familiale, aucune connaissance du milieu camarguais au préalable... Les taureaux ? Le Montpelliérain les a découverts dans la rue avant de les affronter sur le sable des pistes d’où, en 5 ans, il escalade quatre à quatre les marches menant à la gloire. Parcours d’un “espontaneo” qui, à 22 ans, fêtera dimanche dans les arènes d’Arles, sa première victoire au Trophée des As. Repéré comme “attrapaïre” dans les abrivado ou les encierros des fêtes de village, Ziko se frotte à ses premiers cocardiers à l’école de raseteurs de Vendargues en 2010 où les éducateurs ont vite décelé ses qualités. Longiligne, hyperactif, téméraire, aimant prolonger les trajectoires avec les taureaux, le jeune Katif apprend vite et dès 2012, c’est cornes nues en courses de Ligue qu’il parfait son apprentissage. Et déjà se forge une réputation. 2013, passage au Trophée de l’Avenir qu’il survole pour une large victoire signée par une grande finale à Istres. Le public adore sa spontanéité, son courage, son plaisir de raseter qu’il transmet et jusqu’à sa grande timidité... 2014 passage au Trophée des As, année intermédiaire où il prend quand même la 7e position. 2015, à mi-août, il passe en tête du classement et termine avec presque 100 points d’avance sur son dauphin, après un été époustouflant. Il a gardé son style pur, élégant, sa témérité et son courage, les organisateurs se l’arrachent et les spectateurs lui savent gré de son investissement quelle que soit la piste où il rasète et les cocardiers qui sont en face de lui. Depuis cinq ans, sa vie c’est la piste. L’histoire camarguaise, il ne la connaît pas, il écrit juste la sienne, course après course, dans le berceau des cornes.

ENTRETIEN

En 2014, première année aux As, vous êtes 7e, comment avez-vous attaqué 2015 ?

La difficulté du passage aux As, c’est pas forcément de raseter dans de grandes pistes mais la différence des taureaux et la pression entre les hommes. En 2014, j’étais très jeune dans ma tête, j’en ai profité... Depuis j’ai pris de la maturité. La fin de l’année dernière a été un peu difficile mais l’hiver a porté ses fruits car j’ai fait une grosse préparation. J’étais en forme dès le début de saison 2015 et je pensais prétendre à un podium. Je me suis senti très bien dès le mois de juillet où j’ai enchaîné... bien dans ma tête et physiquement.

Comment se prépare-t-on à affronter une nouvelle saison ?

Je me suis préparé tout l’hiver. J’ai souffert. C’est mon ami Karim Elberrak qui m’aide. C’est un “monstre” (rires). Par exemple, le premier jour, comme ça à froid, il nous a fait faire un “trail” de 25 km dans la neige à Font Romeu. Avec mon pote Jérémy (Aliaga), on a cru mourir, c’était la mort mais on y est arrivés... C’était dur... Et dire qu’il va falloir recommencer... Je redoute déjà la prochaine préparation...

L’aide de l’entourage ?

Sabri Allouani me conseille... après dès fois, il me conseille trop (rires)...

Serge Hermet du CT de Vendargues, il m’a apporté beaucoup de choses, de l’aide, il gère mon calendrier, il remplit tout les papiers administratifs... Il est toujours là pour moi.

Comment définiriez-vous votre façon de raseter ?

Je préfère les grandes pistes et les gros taureaux, ceux qui font la différence entre les hommes. Il me faut de la place pour raseter comme j’aime. Partir des planches, taureau arrêté. Tous les taureaux, du premier au septième. 

C’est pour ça qu’on ne vous a pas trop vu à la Cocarde d’Or ?

Oui, tout ce monde... En plus, j’avais pas spécialement en tête de faire quelque chose... J’étais pas prêt mentalement... Une année je la jouerai...pour la gagner !

Août-septembre, vous rasetez tous les jours pour un nombre incalculables de trophées...

Oui, je suis en tête du classement et je déroule... J’ai pas de blessure que des bobos que ma kiné soigne rapidement. En piste, la compétition reste saine, je m’entends bien avec Sabri (Allouani) et Gégé (Aliaga). Côté taureaux, si Garlan m’impressionne toujours, je le rasète quand même et de près, mais c’est un tueur. Mon préféré, c’est Greco, je l’adore, et le spectaculaire Optimus.

Et dimanche la finale en Arles ?

Je vais me faire plaisir, après je vais raseter comme toute la saison, tous les taureaux. Mais la 2e partie ça va être chaud... Je serai content d’aller chercher mon trophée mais je suis toujours gêné... Je suis timide alors tout ce monde qui te regarde... Et puis les photos, les interviews... Les gens sont trop gentils... Mais si je pouvais partir en cachette...

PROPOS RECUEILLIS

PAR MARTINE ALIAGA

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