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07/10/2016

NIMES : LES RASETEURS DE LA FINALE DES AS

Course du dimanche 9 octobre 2016

La grande fête camarguaise

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La vitalité d'une tradition se mesure à sa capacité à se transmettre, à se régénérer, à impacter un terroir et à mobiliser les foules. En cela les Camarguais ont de beaux jours devant eux. Et ce ne sont pas les heures difficiles passées ou à venir qui viendront à bout de cette passion commune inspirée par les taureaux, et qui s’articule autour de la course camarguaise jusqu’à devenir moteur d’un art de vivre.

Dimanche, à Nîmes, ce sont tous les intervenants de la bouvine qui seront célébrés et toutes les volontés qui se sont unies pour passer le cap difficile de l’hiver dernier. Une prise de conscience des premiers acteurs concernés (raseteurs et manadiers) mais aussi des organisateurs, collectivités territoriales, partenaires, afeciouna, etc. autour d’une Fédération française qui avait un cap difficile à franchir. Oh bien sûr, il reste du travail et des objectifs à pérenniser, ainsi que nombre d’indécis ou de réfractaires à convaincre, mais l’élan des premiers mois 2016 a ouvert des dialogues et occasionné des rencontres jusque-là improbables.
 
Restons sur cette dynamique et cueillons tous ensemble, dimanche, les fruits de la saison. Soit la finale du Trophée Taurin Midi Libre - La Provence et le sacre du vainqueur du Trophée des As qui recevra aussi le titre de Champion de France par la Fédération française de la course camarguaise. Soit le terme d’une compétition entre de performants raseteurs dont un hors normes - Joachim Cadenas - semant l’émotion à chacune de ses rencontres avec les taureaux. Soit un ensemble de cocardiers valeureux dont Mignon de la manade Cuillé sacré Biòu d’Or 2016.
Avant le duel central de la piste, en introduction, Patrice Blanc orchestrera le ballet des Arlésiennes, cavaliers et groupes de tradition. Des créations toujours attendues tandis que La Gardounenque sera chargée de porter l’estrambord.
La course finale - brillante sur le papier glacé de l’affiche créée par le peintre Claude Viallat - rendra en piste tout le bien qu’elle promet... ou pas. C’est l’incertitude de tout spectacle vivant, mêlant hommes et bêtes.
Mais quoi qu’il en soit, la remise des prix réunira en piste avec le faste indispensable, tous les intervenants pour célébrer et remercier les acteurs d’une saison qui a réservé à ses adeptes de bien belles pépites.
 
MARTINE ALIAGA
 
Le Grand Chelem de Joachim Cadenas
 
CADENAS2015PHCI.jpgRarement autant de talents auront été réunis à une finale. Du 1er au 12e raseteur (14e en fait puisque deux blessés), chacun de ces garçons-là a, cette saison, pris sa part de travail et participé au spectacle. Irrégulièrement certes mais qualitativement le plus souvent.
Rarement pourtant un d’entre eux aura autant brillé. Les afeciouna ont fondu devant Joachim Cadenas, son courage, son sang-froid, son talent et toute l’émotion qu’il suscite. S’il n’aime pas les feux des projecteurs, le raseteur s’exprime face aux cocardiers. Un dialogue qu’il joue en tête en tête, les yeux dans les yeux. Rien ne compte plus quand le grand brun décide de lever l’attribut. Décidé, offensif, il rentre dans le terrain de la bête, la force s’il le faut, l’embarque avec lui, et lui offre une sortie allongée, corps dans les cornes jusqu’à la salvatrice planche. Si le cocardier est plus remuant, il court avec lui, l’emmène, pose le crochet jusqu’à lever le ruban ou le bout de ficelle. Si le noir a des capacités barricadières, alors les poursuites sont à couper le souffle jusqu’à l’explosion finale. Bien sûr tant de caractère, tant d’implication, tant de volonté, se payent souvent cash face à des adversaires aussi teigneux, imprévisibles, ou tellement titillés qu’ils voient rouge. Et quelques images incroyables de la saison de défiler : avec Jivago à la Cocarde d’Or, Ratis ou Mignon à la Palme, Pourpier, Banaru, Jupiter à Châto, Lebrau au Grau, Jupiter à Nîmes...
Auréolé d’un Grand Chelem pour ses débuts aux As, encensé à juste titre par toute l’aficion, l’Arlésien, c’est sûr, est un raseteur au style unique et a soif de victoires. Ce garçon-là va jouer un grand rôle dans la course camarguaise.
 
M. A.
 
Douze crocheteurs talentueux à la capelado
 
Cette année, la répartition des hommes est un peu inhabituelle avec cinq droitiers pour sept gauchers.
Commençons tout d’abord par la droite avec le leader (619 points) du Trophée, qui caracole en tête depuis le début de la saison. C’est le chouchou, l’idole du public : Joachim Cadenas. Le raseteur embarque avec lui ses supporters dans des émotions, des sensations, tant sa prise de risque est constante. Juste derrière lui, avec 495 points, le vainqueur 2015, Zakaria Katif a géré sa saison plus ou moins régulièrement mais a tenu le cap, au point de s’octroyer la seconde place. Vu sa finale 2015, inutile de dire qu’il sera attendu ce dimanche. Ilias Benafitou, auteur d’une bien belle fin de saison, Medhi Belgourari, Loïc Auzolle viendront apporter leur savoir-faire pour compléter cette équipe.
A gauche, le battant et entreprenant, Maxime Favier avec 429.5 points se classe 3e. Les téméraires Bastien Four (394.5 points), et Jérémy Aliaga (334 points) qui se classent respectivement 4e et 5e après une saison régulière. Ils sauront tenir le rythme pour donner les répliques. Youssef Zekraoui, pourtant pas épargné par les blessures, se classe 8e avec 242,5 points, Fayssal Allam, 11e (164,5). Julien Ouffe, 13e, (143 pts) et Hadrien Poujol, 14e (133,5) prendront part à la fête, Chekade et Allouani étant blessés.
 
CYRIL DANIEL

 

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