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29/11/2008

MANADE FELIX

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Dimanche  23 novembre

CLÔTURE DE LA SAISON
EN PAYS AIMARGUOIS

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FELIX2.jpg«Satisfait notamment par le professionnalisme des participants et par l’effort fait sur les tenues», c’est le bilan que tire le manadier Thierry Félix de la journée de clôture de saison, dimanche dernier, sur ses terres d’Aimargues. Une dizaine d’équipe pour le concours de ferrades, le public au rendez-vous et au final une bonne image véhiculée. La présentation, le tri et le coup de fer notés et c’est la manade Boch  qui remporte le premier prix du concours devant Saliérène et Félix.
FELIX3.jpg«L’an prochain, je mettrai en place un temps pour le tri, car les spectateurs ont beaucoup trop attendu...», réfléchit Thierry pour améliorer encore la qualité de cette journée.
Rendez-vous est déjà pris pour 2009!

▼ Reportage photos de Christian ITIER

 
 
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28/10/2008

LE CAILAR

TROIS CLUBS TAURINS
PER LA GLORI DI SENGLIÉ

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75 ans après sa mort (22 octobre 1933), l’emblématique cocardier de Fernand Granon réunit sur sa stèle ses fidèles. Inoubliable taureau dont trois clubs taurins portent le nom : Lou Sanglier du Cailar, Le Sanglier de Baillargues, Lou Senglié de Frontignan.
Lou Senglié3.jpgEt ce n’est pas la vilaine météo qui devait dissuader ces passionnés réunis devant le tombeau, positionné au rond-point d’entrée au Cailar, pour déposer une gerbe, déclamer un poème et se recueillir.
En tête les trois présidents des clubs taurins, Bernard Calatayud de Baillargues, Jean-François André de Frontignan et Frédéric Floutier du Cailar qui ont aussi accueilli sur place le manadier Jean Lafont, représentant la devise rouge et verte.
Trois clubs taurins pour perpétuer la gloire du Sanglier et entretenir le culte d’un taureau qui a marqué à jamais les esprits.
L'occasion d'évoquer l'histoire d'un taureau devenu une icône...



POUR LE SANGLIER LE PREMIER CARMEN FUT JOUÉ

Le 22 octobre 1933, la dépouille du Sanglier enveloppée dans une paire de draps neufs, tirée par le cheval Pompon, traversait Le Cailar pour être ensevelie à son entrée. Sur un passage de grande affluence, comme le voulait Fernand Granon, le manadier. Pour que Le Sanglier soit honoré du plus grand nombre. Tant sa carrière et sa vie avaient suscité transports de foule et inspiré les chroniqueurs. Car Le Sanglier n’était pas qu’un taureau… Non ! Il fut – il est encore – LE taureau, le Dieu taureau. Quelle est la part de légende et de réalité? Qu’importe! S’il fut sacré roi en ces années entre deux guerres, c’est qu’il touchait les cœurs, forçait l’admiration et engendrait fierté et joie.
L’histoire ou plutôt les histoires sur Le Sanglier sont multiples, dithyrambiques, romantiques, passionnées.
Sa naissance: trouvé par le gardian Chabalet, le 15 mai 1916, dans le bois des Rièges (en Camargue), près d’une portée de marcassins, d’où son nom. Sa carrière : une soixantaine de courses, des spectateurs exaltés par milliers; un raseteur, Julien Rey, qui trouve la gloire en affrontant ce terrible taureau. Son manadier: Fernand Granon, passionné par son taureau et fervent amateur de bel canto. Un jour particulièrement glorieux pour Le Sanglier, il lui fit jouer en piste un air d’opéra. C’était le fameux Air du toréador de l'opéra Carmen de Bizet qui rythme toujours les courses actuelles. Sa vie au Cailar: blessé en 1921 par un de ses congénères, Le Sanglier fut soigné dans la remise de la maison de Granon, il y restera jouissant d’un traitement de faveur de la part d’Anna, la maman de Fernand.
René Couderc, maréchal-ferrant au Cailar, tout comme son père, raconte: "Je suis un privilégié. J’étais enfant et mon père avait coutume d’aller chercher les chevaux à ferrer chez les propriétaires. Dans la remise des Granon, j’ai donc vu Le Sanglier manger dans le tablier d’Anna". Les jours de course, les cocardiers une fois triés, restaient dans la grange jusqu’à l’embarquement dans le char tiré par les chevaux. "Avec les autres enfants, se souvient René, on venait regarder et se faire peur. C’est que ce n’était pas simple. Et imaginez l’épopée quand ils allaient courir à Beaucaire. A 5 km à l’heure, il fallait la nuit".
La maison de Granon n’a pas beaucoup changé. La fille de Noellie qui a soigné Fernand jusqu’à sa mort, conserve le seden du manadier et les photos trônent en bonne place. Dans la remise de la maison aux volets verts, le tonneau d’avoine du Sanglier est là, les rateliers à fourrage et les auges accrochés aux pierres; la place de Pompon est délimitée. Dans la pénombre, le moindre bruit fait délicieusement tressaillir. L’esprit du Sanglier, sûrement! Tellement présent...

Martine ALIAGA
Photos Luc PERO

22/10/2008

DOULOUREUSE FIN DE SAISON POUR RENOIR

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Dur, dur la vie de barricadier. Paroles (virtuelles) de RENOIR : " En piste, quand la moutarde me monte au nez, rien ne m'arrête. Quoi des planches ? Je fonce ! Quoi un homme en blanc ? Je me balance ! Quoi un poteau ? J'explose ! Rien ne me fait peur, rien ne peut m'empêcher d'exprimer ma rage ! Mais le lendemain... "
Le bombardier de la manade Cuillé a fait cette saison étalage de sa formidable puissance. On se souvient du 14 septembre au Grau-du-Roi, où il avait enchaîné avec une rare méchanceté les engagements violents brisant les planches jusqu'à basculer en contre-piste. Pourtant une telle débauche physique se paye cash. Pour RENOIR les lendemains de course sont faits de douleurs. Le 12 octobre à Nîmes pour la finale du Trophée des As, le barricadier n'a pas dérogé à sa règle : entrer en piste et semer la tempête. Las, à la 9e minute, il devait réintégrer le toril, victime de ses formidables coups aux barrières. Depuis le taureau est l'objet de toute l'attention de ses propriétaires.
Pierre Cuillé explique : " Ça va mieux, des agrafes lui ont été posées car il était ouvert du genou jusqu'au sabot, quelques problèmes articulaires aussi et des agrafes à la paupière, à la tête... il va se reposer tout l'hiver ". Tranquille dans ses pâturages de Générac, RENOIR se refait une santé et attend les premiers beaux jours pour à nouveau pétarader en piste. " Moi RENOIR, même pas mal ! ".

Texte Martine ALIAGA
Photo Luc PERO



 

18/08/2008

RENE JALABERT N'EST PLUS

c335c9081510f85f3bf51b5d1172f73d.jpgA l'heure où, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, Jacques Espelly est accompagné à sa dernière demeure, on apprend le décès de René Jalabert, 95 ans. Deux grands personnages de l'histoire des gardians nous quittent presque en même temps. Ces deux témoins des temps anciens, membres fondateurs de l'Amicale des gardians salariés devenue en 2004 Association des gardians professionnels, resteront les figures emblématiques de tous les gardo-bèstio.

Obsèques, mercredi 20 août, à 10 h, à l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer

03/07/2008

MONTFRIN 1-07 * Course de soutien à la Manade de La Galère *

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René LAMBERT trés ému et Yvan VILLARD l'organisateur
535a847e50cebb817a89a7b324a3b661.jpgBeaucoup d'afeciona avaient répondu présents pour cette course de solidarité en faveur de la Manade de La Galère qui traverse une mauvaise période ( le bout du tunnel semblerait pointer à l'horizon, heureusement...). Pour l'occasion sept manadiers ( Gillet, Guillerme, Jc Blanc, Les Baumelles, Chauvet, Lautier, Ricard ) avaient gracieusement mis à disposition des cocardiers qui se sont tous avérés intéressants. 7b7e18eeff4b8953c33e9a854f905443.jpgLes raseteurs n'ont pas été en reste pour se mobiliser, et ont rasetés en alternance: Four, Rey, Gros, Ayme, Thierry, Villard, Ibanez, Dumont, Auzolle, Martin-Cocher bien aidés par l'unique tourneur Didier Dunan. De l'émotion, du spectacle, des beaux gestes il y en a eu tout au long de ce sympathique rendez-vous.
Texte et Photos Luc PERO
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26/04/2008

ANNIVERSAIRE DE LA MANADE JANIN

Samedi 26 avril : à Saint-Geniès-des-Mourgues

CARMEN GENERAL A LA FIESTA DES 40 ANS 

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cf3e4494a8972290ad53f46d9f653d7b.jpgLanguedoc, Provence et Andalousie mêlés pour une journée de fiesta comme on l’aime chez les Janin Anne, Josy, Yves et comme on la fait à Saint-Geniès des-et Yves a rassemblé, hier dans le village vigneron, les proches, sous le signe de la fidélité, de la simplicité, de la jeunesse: les maires de Saint-Geniès, Yvon Pellet, et de Saint-Hilaire, Marie-Claude Caizergues; Henri Itier, président de la FFCC; Guy Chaptal, capitaine de la Nacioun Gardiano et bien sûr les manadiers (Lafon, Vitou, Rouquette, Blatière et...) les gardians, les amis.
e755a3aef2f7aebeb514cc68f0374bb4.jpgYves Janin a insisté «sur l’authenticité, la simplicité de la vie d’éleveur, sur son image de paysan qui n’abandonne jamais en faisant son métier le mieux possible. Bien sûr, ses pensées émues sont allées – en voyant Magali (Saumade) et sa fille Anne côte à côte – à son ami d’enfance Claude Saumade ainsi qu’à Gérard Rouquairol, tous deux disparus». Mais c’est surtout l’avenir qui intéresse Yves Janin: «Il faut être optimiste, la bouvine s’en sortira, la jeunesse prendra le flambeau». Les photos, trophées, affiches et têtes naturalisées des cocardiers Saint-Geniès, Saint-Hilaire, Sangar ont rappelé les exploits de la devise argent, bleu, blanc, tandis que l’après-midi, la bonne tenue de la course augurait d’un avenir prometteur. Cela valait bien un Carmen général!

Martine ALIAGA

Photos Luc PERO

Chevilles ouvrières 

LE CHEF D'ORCHESTRE : GERARD GEHIN 

a932cc2d5bb24cd9406d91c666e43b6a.jpgUne fête réussie, c'est du travail. Ce sont souvent les bénévoles qui s'y collent. A Saint-Geniès-des-Mourgues, outre le soutien inconditionnel de son maire Yvon Pellet, le club taurin Le Trident peut compter sur l'omniprésence de Gérard Gehin. Affable, attentif, prévenant, discret, Gérard est sur tout les fronts. Il manque des places à table, Gérard replace intelligemment les convives; l'ambulance est en retard, Gérard téléphone; la capelado est en place, Gérard distribue les rôles, les bouquets, les trophées; gentiment il a un mot pour chacun et pense à tout, c'est l'homme de toutes les situations. Son amour pour son village, pour les traditions, pour la fête et son total dévouement méritait bien un coup de chapeau.

MAISTRE ES ABRIVADO : JEANNOT LAFON 

d8778c2dd9b9ead026ca0ca9bda3be7b.jpgFête à Saint-Geniès égale abrivado égale Jeannot Lafon. Son nom est imprimé dans le goudron des rues du village. Et, samedi, il ne pouvait être absent de l'anniversaire de la manade Janin.  Avec maîtrise et toujours un peu d'estrambord, le manadier saint-justois a mené l'abrivado à l'ancienne du matin ainsi que la bandido après la course. Dans son sillage, Iris sa fille s'impose tranquillement par son charme et la qualité de son travail.

 

 

20/04/2008

SAINT-GENIÈS-DES-MOURGUES 26 AVRIL

CET APRÉS-MIDI A 16h30

ANNE ET YVES JANIN PRÉSENTENT LEUR ROYALE
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83089c7845ceaa15a60351994474c79a.jpgdc02eaaf999923a7f9e76ebd0c1fdc27.jpg A l'occasion du 40ème anniversaire de la manade, les cocardiers du Mas du Grand Vallat défendront leur devise face aux raseteurs: N. Benafitou, Castel, C. Garrido, Jourdan, Oleskecich, Schuller.
La composition de la course alliant cocardiers confirmés et taureaux d'avenir a fière allure.
GUADALIX, ouvrira les débats il est déjà bien aguerri aux joutes de haut niveau et avec son rude placement il devrait donner le ton.
RESCATOR, un jeunot à l'armure dissuasive, tout comme ses anticipations et ses finitions.
CARDINAL, le Taù n'est pas un tendron ! il dispose de bons atouts à faire valoir, la condition est qu'on lui en donne les moyens.
SOLEDAD, le doyen du lot, a toujours des dispositions pour assurer le spectacle. Cocardier intelligent, il peut anticiper et terminer en se soulevant spectaculairement aux barrières.
FALLONE, un grand espoir pour ses propriétaires. Il sait tout faire et s'il débute timidement ses prestations, les fins sont tonitruantes. A suivre...
VAUBAN, encore un jeune élément, qui se bat avec vaillance en concluant cornes pointées dans les planches.
SPARAGUS, révélation aux courses de protections en 2007, rapide comme l'éclair, finisseur hors pair, il doit conclure avec le brio attendu cette course.

Texte et Photos Luc PERO

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19/04/2008

SAINT-GENIES-DES-MOURGUES - 26 AVRIL

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40 BOUGIES POUR LA MANADE DU " GRAND VALLAT "

8a8c0ce4d6bf4b57f5edaf34fc7f9dc9.jpgTout débute pour Yves JANIN en 1967,jusqu'alors gardian amateur chez Lhousteau-Vedel il s'associe avec Claude Saumade et font l'acquisition de plusieurs bêtes dans différents élevages. Des Laurent, des Barin comme fond avec  des Guillerme. des Aubanel-Baroncelli et même des Ricard issus de chez Baroncelli. Cette association dure jusqu'en 1972, Y.Janin ayant acheté des pâtures à St Hlaire de Beauvoir il s'installe seul.
Les premières satisfactions ne tardent pas à venir avec SAINT-GENIES (1er du nom) un spectaculaire qui fait parler de lui dans les grandes compétitions. Mais c'est une vache, PENELOPE, qui va apporté la première grande récompense en étant sacrée Cocardière d'Or en 1982. Et puis vint le redouté SAINT-HILAIRE, craint pour ses anticipations et son coup de revers meurtrier. Un cocardier pur, dur mais trés apprécié du public à cette époque là ! Le Bioù d'Or lui échappe de peu, dommage. Heureusement SANGAR arrive, cocardier, barricadier, il inscrit son nom dans le grand livre de la bouvine en étant couronné Bioù d'Or en 1991. C'est la consécration pour l'élevage. Puis OURAL40aca79d45831add320236fca869ff92.jpg ▼ reprend le flambeau et porte trés haut les couleurs de la manade, et d'ailleurs il est désigné par l'association des raseteurs comme le meilleur cocardier du moment, pour plusieurs saisons de domination. Titre certes honorifique mais qu'il est le seul à avoir reçu. Titre ô combien révélateur de la qualité de combattant de ce taureau.
En 2002 la moisson pour les pensionnaires du Mas du Grand Vallat continue avec LOUXOR qui, à Lunel, accroche le titre de Bioù de l'Avenir et SOLEDAD est proclamé Champion de France.
Samedi à 16h30, dans les arènes de Saint Geniés des Mourgues, SOLEDAD, GUADALIX, RESCATOR, VAUBAN, CARDINAL, SPARAGUS et FALONE fouleront le sable des arènes et voudront être dignes de leurs glorieux aînés pour souhaiter à Yves et Anne JANIN un bon anniversaire.

 Texte et Photos Luc PERO

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10/04/2008

MANADE NICOLLIN

Samedi dernier à la Tour d'Anglas

 

LE BAN ET L'ARRIERE BAN
POUR INAUGURER LES ARENES


820aec57098fd5b38c3ffa0495c54721.jpgUne invitation de Louis Nicollin ne se refuse pas. Que l'on soit bouvinaire, footeux, élu, décideur... Que l'on ait le coeur à droite, à gauche, en bandoulière, en rouge et vert... Loulou et Colette ont le don de recevoir et par amitié ou par curiosité, environ huit cents personnes se pressaient autour des nouvelles arènes avec vue sur la Tour d'Anglas. Rien n'a manqué à la fête : l'abrivado sur fond de prés du Cailar ; défilé des gardians et Arlésiennes ; pena de Saint-Etienne-du-Grès,  course de trois des Espoirs de la devise ; le Fri au micro ; apéritif dans la cour et repas à l'intérieur du mas complètement restauré. Bref de la belle ouvrage. A l'heure de l'apéro, Loulou  - qui sait très bien ce qu'il est et ce qu'il représente mais ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas - en quelques mots bien sentis,  a fait un rapide tour d'horizon. Remerciements aux différents maires ; quelques vannes à ses gardians et aux irréductibles rouge et vert ; une attention particulière à Colette, son épouse et à ses enfants ; une marque d'estime à Joffrey Barbeyrac et Jean-Pierre Durrieu ; un clin d'oeil à Jean Lafont, présent ; une mention spéciale à Virat "On est en tête pour le nombre de Bioù d'Or" et une pique à ceux qui le soupçonne de ne pas aimer ses taureaux "Quand j'ai été obligé d'abattre mes cocardiers à Saint-Gabriel, ça m'a fait de la peine même si certains pensent que je suis un manadier d'opérette..." En quelques minutes, Louis Nicollin tel qu'en lui-même, entre ironie et émotion ; entre réalisme et facétie. Reste que de Saint-Gabriel au Mas d'Anglas, Loulou achète, construit, agrandit, mais  aussi met en valeur, conserve dans le respect des lieux et des gens qui sont passés avant. Cela vaut bien le respect et un peu d'affection !

Martine ALIAGA
Photos Luc PERO
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04/04/2008

MANADE VITOU : 25e ANNIVERSAIRE

 Samedi 5 avril, à Vendargues

 

25 ANS, LA FORCE DE L'AGE

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VOLTIGEUR le déclic...

 

ee2d8a25010d99ddfc6b6e63285d55d5.jpgVingt-cinq ans après la création de la manade, les frères Vitou, Nicolas et Jean-Pierre mesurent le chemin accompli : "Les vingt premières années nous avons travaillé dur pour nous implanter et donner des bases crédibles à la manade". Si dans les années 1990, la vache Pégouse faisait connaître la devise noir, blanc, rouge, l'élevage n'était pas encore mûr pour retenir l'attention par ses cocardiers. "Le déclic est venu avec Voltigeur. C'est lui qui nous a ouvert les portes et qui a marqué les cinq dernères années. Grâce à Voltigeur, des liens se sont créés avec les clubs taurins qui nous font maintenant confiance et nous demandent nos autres  taureaux".
3c43b90d9664e75ee2e0e6e3f94b3a1e.jpgVoltigeur a aussi apporté assez de notoriété pour intégrer, il y a deux ans, l'Association des manadiers de la Raço di bioù. "C'est aussi une forme de reconnaissance, explique Nicolas poursuivant 25 ans c'est la force de l'âge, on commence à mûrir. Jean-Pierre et moi, on se nourrit de nos erreurs et on essaye de ne pas les refaire. 25 ans, pourtant, ce n'est que le début car on apprend à chaque saison qui passe".
Alors pour marquer cet anniversaire, la fête devrait être à la hauteur de cette famille toute impliquée dans la manade et soudée autour de ses amateurs dont une grande majorité, en plus des abrivado, suit les courses camarguaises : "Nous essayons de développer des valeurs comme le respect, l'entraide, la fidélité et, bien sûr, sens de la fête". Des valeurs qui ne sont pas sans rappeler celles pronées par le rugby, sport préféré de tous les Vitou.
Samedi, le programme présenté à Vendargues, avec le club taurin La Muleta, prévoit, entre autres, une course complète des taureaux de l'élevage dont, bien sûr, Voltigeur sera le chef de file.

Martine ALIAGA

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JAURES la relève...

 

* 14 h, festival d'abrivado (équipes des gardians de Vitou, de la manade Robert Michel et une équipe de manadiers ; 15 h, course de l'école taurine des Saintes-Maries-de-la-Mer ; 15 h 30, capelado avec les Arlésiennes, les gardians et des attelages ; 15 h 30, course complète de Vitou au Trophée de l'Avenir, 8 euros ; et festival de bandido.

 

 

                                       

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16/02/2008

LEGION D'HONNEUR A HENRI LAURENT

Distinction

 LE PREMIER "LEGIONNAIRE" MANADIER

 

1a3458e1ea9c4e0bbc2a0a6f42fc42f7.jpgChevalier de la Légion d'honneur… C'est une première pour la profession de manadier. C'est une belle distinction nationale qui honore Henri Laurent. C'est un reconnaissance qui rejaillit sur toute la famille Laurent, sur l'ensemble des éleveurs, sur toute la Camargue.

Rappelons – d'où l'importance de cette cérémonie - que La Légion d'honneur est le premier ordre national civil et militaire créé le 19 mai 1802 par le premier Consul Bonaparte, sa devise est "honneur et patrie".

Ce samedi 9 février 2008, dans la salle de réception du Domaine des Marquises où sont inscrites l'âme des cocardiers de la devise blanc, vert, rouge et l'histoire entière de la Grasiho, la solennité de la cérémonie le disputait à une amicale chaleur et une affable simplicité. Dans la douce lumière, les costumes sombres éclairés des reflets chatoyants des robes arlésiennes plantaient le décor pour accueillir la pompe des discours.

07172c600e67f8c0b50cb0ac28b0946b.jpgA la tribune, Laurent Ayme, Daniel Jean Valade et Gérard Boudet ont fait assaut de connaissances et de lyrisme pour retracer l'histoire d'Henri jusqu'à la Légion d'honneur : son implication au service d'une culture, d'un élevage, plus largement pour le parc de Camargue et pour le rayonnement de la Camargue à l'étranger, de l'ambassade de France à Mexico, au Portugal, en Espagne ou encore à La Sorbonne à Paris. Bien sûr la mémoire de Paul, le fondateur, a été largement évoquée, tout comme les douze Bioù d'Or de l'élevage dont Goya… sans oublier, l'art de vivre aux Marquises transcendé par l'épouse Annie.

4bd5e61d521764e638f316959d2d2326.jpgLes nombreux élus présents (Arles, Les Saintes-Maries, Fontvieille, Beaucaire…) ont apporté leurs témoignages et congratulations. Passé le moment solennel : "Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, nous (Gérard Boudet, 6f7f76e0494c073e8065659cc9e9bdc5.jpgofficier de la Légion d'honneur, président du comité d'Arles de la Société d'entraide des membres de la Légion d'honneur) te nommons Chevalier de la Légion d'honneur" et après une belle ovation, Henri a exprimé son émotion et sa fierté de recevoir cet insigne. Il l'a dédié à son père qui "a fait connaître et respecter le nom des Laurent" ; à son épouse Annie  "qui m'a parfaitement aidé et soutenu" ; à son fils Patrick "qui continue avec passion et persévérance" ; à sa belle-fille Estelle "qui s'est intégrée à la famille d'une façon remarquable " ; 1db455a2a03ff62c9b44dad1868178fe.jpgau petit-fils Paul, 4 ans "j'espère qu'il poursuivra l'œuvre commencée par son grand-père"… . Il a tenu à remercier les présents "tous vous m'avez permis de poursuivre mon chemin..." ; poursuivant  "il faut valoriser la Camargue au plan national et la faire connaître à l'étranger… Elle a besoin d'être défendue en permanence"… cette reconnaissance (La légion d'honneur) apportera un soutien pour garder notre terre et nos traditions"…

Patrick a apporté le moment d'émotion qui a fait "craquer" son père. Adaptant un poème écrit par Henri à la gloire de Goya, Patrick a fait partager toute la force du lien qui les unit, son admiration, son respect, son affection. Il s'est ainsi inscrit dans la lignée de ces hommes de caractère qui ont fait l'histoire des Laurent. Paul, Henri, Patrick…

6c521e4c89bc0b951c1709f550fd7cc6.jpgCette soirée aux accents provençaux, délicieusement chorégraphiée par Annie, prendra toute sa place dans l'album des Marquises comme un temps de reconnaissance, de renouveau tel le printemps après quelques mois d'hiver.

Martine ALIAGA

Photos Luc PERO 

05/02/2008

VAUVERT : EXPO SUR LE SEIGNEUR DE CAMARGUE

GOYA DE LA PISTE AUX CIMAISES

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L'affluence lors du vernissage – les trois niveaux de l'Espace Jean-Jaurès pleins à craquer -  vendredi 1er février, a été un début de réponse quant à la qualité de l'expo Goya Seigneur de Camargue qui se tient jusqu'au 2 mars à Vauvert, à l'initiative du service culturel de la ville.
6d873cdef659d9a416ecc100996f2304.jpgUne exposition populaire artistique pour laquelle Patrick Siméon a mis en scène la vie et la carrière de Goya, le cocardier mythique de la famille Laurent. Pour cela, autour du Maître Claude Viallat, une cinquantaine d'artistes ont décliné le taureau de légende dans une large palette de techniques et un foisonnement de couleurs. Les photos apportent leur témoignage. Les vidéos font vivre le passé restituant aux plus jeunes l'ambiance hystérique des gradins et, malgré la non limitation du nombre de raseteurs en piste, le peu de clients face à l'atypique cocardier. En point d'orgue, au dernier étage, la fameuse dynastie est réunie par les trois têtes naturalisées  de Vovo, Loustic (respectivement grand-père et père) et Goya. La boucle pourrait ainsi être bouclée.
4188627c32b89d7898601ed47b7a209f.jpg Si ce n'est que de Goya, ce sont encore ceux qui l'ont côtoyé qui en parlent le mieux. L'éternelle discussion des "anciens", aux propos passionnés et étincelles aux fond des yeux,  face aux "jeunes" qui espèrent vivre un jour pareil engouement.
Goya, il y a ceux qui y étaient et qui retracent fébrilement leurs souvenirs,  ceux qui ragent de n'avoir pas fait le bon choix à l'époque mais qui racontent quand même et ceux qui devront se contenter d'écouter avidement les précédents. Mais pour tous, il y a l'expo.
Merci à ceux qui transmettent la légende en la mettant à portée du plus grand nombre…
Merci à Goya d'avoir existé…

 

 GOYA : POURQUOI LA LEGENDE ?

c5cf66fffa8e45f4291fa6613ce26358.jpgLa bouvine est un milieu fermé, et, paraît-il difficilement accessible à qui n'est pas du sérail… C'est un reproche que l'on entend souvent ! Pour ceux qui voudraient soulever un pan du voile, un passage à l'expo Goya Seigneur de Camargue s'impose, les afeciouna eux iront d'office.
Comment un animal mort depuis plus de vingt ans peut-il être source de tant d'intérêt ? Pourquoi monopolise-t-il tant les énergies, les passions et les moyens ? Pourquoi lui ?
2374eb3a6f3b51da2ae3fa53be7aa9b6.jpgDébuts de réponse : Goya est un taureau camarguais, son physique avantageux est emblématique de sa race. Il appartient à une des plus grandes dynasties camarguaises, la famille Laurent. Son caractère indépendant, fantasque a défrayé la chronique car il a suscité l'enthousiasme et la peur en piste comme sur les gradins. Né à une époque charnière (1964), sa carrière atypique a peut-être trouvé écho dans le grand vent de liberté qui soufflait alors sur la société. Dépoussiérant les comportements classiques qui voulaient qu'un bon taureau se "garde", il a déboulonné par son occupation de la piste – et de la contre piste - , les anciens codes. Ses détracteurs autant que ses supporters ont alors rempli les arènes. Ses frasques ont alimenté les discussions. La bête a été personnifiée, ses qualités et défauts humainement définis : Goya impertinent, insolent, intelligent, diabolique, imprévisible, excentrique… Les raseteurs qui l'ont affronté ont ajouté leur peur de le combattre à cause de sa facilité à déjouer leurs tactiques d'approche, sa vitesse d'exécution et son agilité à les suivre jusqu'aux gradins, engendrant "barroulages" et graves blessures. Le nombre de spectateurs repérés, pourchassés et malmenés en contre piste par le féroce animal a contribué à accroître la fascination.
894b666716dd87450a79183c6ffbf785.jpgLes Camarguais ont trouvé en Goya, une idole à laquelle ils peuvent s'identifier : forte de tempérament, indisciplinée, belliqueuse. L'histoire de Goya a commencé dans les années soixante… plus de quarante après la légende du Seigneur de Camargue déplace toujours les foules.

Martine ALIAGA
Photos  Luc PERO

   * Lire également sur le blog Goya, la passion intacte dans la catégorie MANADES/TAUREAUX

 

Du 2 février au 2 mars

GOYA SEIGNEUR DE CAMARGUE

exposition populaire artistique

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Espace Jean-Jaurès - VAUVERT

ouvert du mardi au samedi 10h-12h et 15h-18h
Renseignements : 04 66 73 17 33

63 artistes, deux vidéos, des photos
une affiche de l'expo (numérotée et mise en vente)
et exceptionnellement réunies
les têtes naturalisées de Vovo, Loustic, Goya

22/01/2008

MANADE DU BRESTALOU

PROMENADE HIVERNALE

DANS L'INTIMITE DE MONTVERT
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Des bois préservés, un calme reposant, des clôtures et un jeu de portails, nous voilà sur les terres de Montvert. "On va y aller doucement, précise Henri Gibert, ils n'ont pas l'habitude de voir du monde et si ça ne leur plaît pas ils vont rester planqués". Et effectivement, à l'approche du 4x4 pourtant chargé de foin de Crau, les ombres noires se dessinent entre les arbres mais aucune ne bouge. Têtes droites, oreilles aux aguets, cornes haut perchées suivent attentivement le parcours des intrus sur leur terre. Point de crainte, pas de fuite effrayée, non ! Mais dans leur attitude altière, presque orgueilleuse, ils nous font vite comprendre que la décision de se laisser approcher leur appartient et qu'il va falloir être patient. On s'éclipse discrètement pour visiter les quatre simbeù qui eux, confiants, reçoivent leur nourriture avec appétit. "Ils sont  choyés autant que les cocardiers, un bon simbeù vaut bien trois cavaliers…", explique Henri Gibert.

La planque reprend, le foin est distribué plus loin en attendant le bon vouloir des cocardiers. L'appât fonctionne et arrivent  doucement Apis, Veneur, Raboliot, Mazel, Typhon, le 404 (Phoenix) et… toujours sur ses gardes, Montvert. 643342845414e5933a1eac62756b3552.jpg"Apis (magnifique dans son poil d'hiver) c'est la force tranquille. En pays, il s'impose sans forcer. Mazel, lui, est plus bagarreur, Veneur c'est le plus cool. Montvert est à part". Décidément l'énigme brestalienne tire de l'ordinaire que ce soit en piste ou en pays. "Ici, on n'est pas trop cavaliers, on trie assez souvent à pied, comme les bergers. Montvert, il se trie tout seul. Une fois dans le char, un enfant pourrait l'encocarder. Sa pression monte dans le toril, il sait qu'il va courir", raconte fièrement le manadier.

"Montvert c'est la réussite de la stricte sélection que nous poursuivons, poursuit celui qui a débuté chez Janin et Fabre-Mailhan et qui a beaucoup appris aux côtés du gardian Jean Biesse. Nous n'avons pas beaucoup de têtes, c'est voulu. Nous connaissons nos possibilités financières, et notre seule passion est de faire naître des cocardiers pour la course camarguaise. Chaque lot de vaches attribué à tel ou tel étalon est élaboré suivant les qualités respectives de chacune et chacun. Quitte à n'avoir que quelques veaux dans l'année. La qualité est préférée à la 14f7d3c6e908e6cd13de2dac92d23f62.jpgquantité avec une recherche de taureaux cocardiers ayant  notamment de l'anticipation". C'est une des caractéristiques de la petite manade atypique où la sobriété frôle parfois l'austérité, qui peut se targuer au bout d'une petite vingtaine d'années d'avoir sept cocardiers connus et reconnus. Que l'on aime ou pas la saveur corsée des combats qu'ils proposent, il faut reconnaître que certains de ces redoutables adversaires ne se laissent pas aborder facilement, c'est le moins qu'on puisse dire. Ils suscitent la crainte des raseteurs, l'intérêt du public, la polémique parfois et ont apporté aux couleurs bleu, blanc, noir bien des satisfactions. Et parfois un peu d'amertume due au manque de reconnaissance. Mais les trois associés de la SCEA du Brestalou assument leurs décisions prises en commun après beaucoup de réflexion.

Quoi qu'il en soit l'élevage petit à petit se fait connaître et 2008 s'annonce correct pour la location des taureaux. La Royale sortira à Saint-Chaptes le 12 avril pour remercier  le club taurin de sa confiance depuis le départ et  "aussi pour se faire plaisir", Henri Gibert e998409c42292a7189bb91170a54a0e5.jpgne s'en cache pas il est très fier de proposer une course complète. Montvert démarrera à Arles le 16 mars. Quant à Veneur : "L'an dernier à Beaucaire, il m'a fait comprendre qu'il n'en voulait plus, aussi il ne fera qu'une course ou peut-être deux". Et puis, il y a la relève des 4-5 ans. Il ne sont encore que des numéros pour le grand public, mais les manadiers et le cercle restreint des très proches espèrent beaucoup de Zeus, Pharaon, Diamant, Désert ou Crespin… En revanche pas de trio pour le Trident d'Or : "J'en ai parlé avec Bernard Jimenez, nous n'avons pas de lot pour cette année. Participer pour faire rire, ce n'est pas dans nos habitudes, aussi nous nous abstiendrons en attendant l'année prochaine".

C'est comme ça au Brestalou : sélection draconnienne, suivi à la loupe de chaque tête de bétail, choix très sélectif des pistes et courses autant pour les cocardiers et les jeunes que pour les vaches, respect total des taureaux et passion incommensurable pour la course camarguaise. Quitte à rester un peu en marge, pour ne jamais se renier.

Martine ALIAGA 

Photos Luc PERO 

09/11/2007

MANADE GUILLIERME

Samedi 3 novembre, à Baillargues

HUBERT ADOUBE PAR LE CLAN ESPELLY 

b53f21fb7c5620614c5beee4d4e61784.jpg« Fils ton tour est venu…». Par ces mots, Christian Espelly, en charge de la manade Guillierme, transmet les responsabilités de l’historique élevage à Hubert, 18 ans. « Votre frère est fou d’endosser cette folle passion qui nous brûle tous ici, poursuit-il pour ses deux autres enfants, puis pour Hubert, depuis 87 ans, les anciens ont partagé souffrance et bonheur… à toi maintenant les soucis et les plaisirs ». Dans la salle, les invités ont la "larmette" à l’œil ; sur l’estrade, le mince jeune homme essuie ses yeux mais prend la parole d’une voix assurée : « C’est une grande chance et une lourde responsabilité mais c’est un rêve fabuleux de continuer ce que Mademoiselle Guillierme, Jacques, (NDLR : le grand-père), Armand (le grand-oncle) et Christianfb32e9cd48a87c19557e00b3b9e05ceb.jpg ont construit. Je m’efforcerai de suivre le chemin tracé, d’être loyal et droit ». Tout est dit. Malgré son jeune âge, Hubert a choisi sa voie en toute connaissance de cause et s’il n’est pas encore un homme fait, sous les traits juvéniles un vrai caractère se dessine. De la timidité encore, mais déjà l’intelligence à choisir ses mots, à ne point trop en dire, à écouter beaucoup.

Il reçoit l’héritage d’une famille qui a vécu pleinement mais durement son amour des taureaux. Rentrée gardianou à la 527a316274148f606da5a1ce28c689ee.jpgmanade Grand-Guillierme fondée en 1920, Jacques est le premier Espelly au service de Fanfonne (1938), il est rejoint par Armand (1944). Et dans ces années-là, guerre, après-guerre – le métier de gardian est pour le moins rude. Il fallait avoir un amour démesuré et le cuir bien tanné au temps des troupeaux gardés à bâton planté, isolé de tout et privé du peu de confort que conférait l’époque. Si le métier a bien changé, la récompense reste toujours la même : les taureaux qui portent haut la devise azur et or. Chin Cheï, Galapian, Segren, Estepous, Tegel, Raouba Vesso, aujourd’hui Lou Pounchu, Quilhous… De tout ce travail, de tous ces cocardiers, Hubert est le dépositaire.

Et devant témoins. Pour fêter tout à la fois le départ à la retraite de Christian, la fin de saison, les "fameuses barrières" e67c1b80094e6b8f267ab6e4cb2d0a74.jpgdes arènes, la municipalité de Baillargues et le CT Le Sanglier, après une course des taureaux de Guillierme aux arènes, avaient réuni, samedi dernier les clubs taurins, la FFCC, les amis, les proches pour une fête amicale à l’Espace Vigneron. Jean-Luc Meissonnier, maire de Baillargues, exprimait « l’honneur d’être le témoin d’une transmission de responsabilité entre un père et son fils ». Henri Itier, président de la FFCC, souhaitait « une bonne retraite à Christian et bon vent à Hubert. A 18 ans, c’est important qu’un jeune s’investisse. Il faut du courage… Bravo ! » Quant à Bernard Calatayud, président e23b965fee322c5f6bebe7217c5a4634.jpgdu club taurin, il soulignait : « Une page de la manade Guillierme se tourne mais l’histoire entre cet élevage et le club taurin continue, elle a commencé avec Papotin, Claudius, Lambada ou Raouba Vesso, aujourd’hui c’était la despedida de L’Enclume, en 2008 la jeune génération sera encore à Baillargues ».
Chaudement entouré par les amateurs de la manade, toujours épaulé par Christian, discrètement et tendrement conseillé par sa maman Josée, Hubert peut commencer à tracer sa route. Jacques et Armand sont toujours là et sûr que là-haut Fanfonne lui garde un œil bienveillant.

Martine ALIAGA

 

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18/08/2007

DESPEDIDA DE SCAMANDRE (MAANADE BOCH)

SON DERNIER DUO
AVEC SABRI ALLOUANI

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"Je préfère l'arrêter avant qu'il ne décline" explique le manadier Philippe Boch, la voix enrouée d'émotion. "C'est une page qui se tourne, désormais Scamandre est à la retraite". Vendredi, à Lansargues,  le cocardier Bioù d'Or 2003 a défendu ses attributs pour la dernière fois.

medium_Valen_5x5.jpgUne arène pleine qui se lève pour un taureau, un président de course, Jacques Valentin, qui a du mal à terminer son discours d'hommage retraçant la carrière de l'animal, un Carmen long comme une larme furtive qui s'échappe et descend lentement sur la joue... Scamandre, la tête haute, traverse la piste et rentre une dernière fois au toril sous l'ovation.

Et le public de se rappeler des meilleurs moments qu'il a partagés avec le taureau : ses premières courses en 1993, en école taurine à Vendargues. 1996, 3e aux courses de taù des Saintes-Maries-de-la-Mer. 1997, 2e à la finale des protections. 1998, les premiers trophées. 1999, meilleur taureau de la finale du Trophée de l'Avenir à Châteaurenard. A partir de 2000, Scamandre affirme son caractère de cocardier, coriace, qui sait enfermer l'homme et finir dangereusement aux planches. 2002, première participation à la finale du Trophée des As. Sa plus belle année c'est 2003 où en juillet, il s'impose à la Palme d'Or et en octobre reçoit la consécration suprême, le titre de Bioù d'Or. Mais, blessé au sternum et opéré, il mettra du temps à revenir au plus haut niveau qu'il retrouvera en 2005. 2006, il participe à la finale du Trophée des As confirmant sa réputation de cocardier qu'il faut solliciter dans son terrain en se méfiant de ses terribles conclusions.

Pour son dernier quart-d'heure, l'homme avec qui il a partagé ses plus belles courses, lui a servi avec respect les rasetsmedium_ALCCAM.jpg que le cocardier affectionne. Sabri Allouani, sans tourneur, face à face, l'a capté pour déclencher sa charge et finir avec lui aux planches. Le raseteur a toujours su, face à ce redoutable adversaire défendant rigoureusement son terrain, l'intéresser, le provoquer, plonger dans le berceau des bannes, et dans l'espace restreint qui reste, s'échapper... les redoutables cornes souvent dans son dos. ... Un combat loyal où deux adversaires se combattent durement mais se respectent. Le dernier raset de Sabri, sans crochet, a donné la mesure de la connivence entre l'homme à l'animal. On ne saura jamais ce qu'il se passe dans la tête d'un taureau, mais on jugerait que Scamandre connait et apprécie Sabri.  Le long face à face du raseteur en contre piste et de Scamandre, les yeux fixés sur l'homme en blanc, dans le silence frissonnant des gradins muets, restera un moment rare que chacun emportera dans sa mémoire.  La fin d'un duo exceptionnel ! "Carmen" !

Martine ALIAGA 

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LE DERNIER...
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BONNE RETRAITE TAUREAU !
Photos L. PERO

13/07/2007

GOYA

L'exposition "Goya Seigneur de Camargue" à Beaucaire donne l'occasion de dresser le portrait de ce taureau hors du commun dont l'évocation provoque toujours autant d'émotions

 

GOYA LA PASSION INTACTE

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 Ce jour-là, le raseteur Pellegrin avait cogité un stratagème pour leurrer Goya.
Mais, l'imprévisible cocardier réussit à l'attraper.
Résultat un coup de corne mal placé.
Photo Renaud. Collection PERO.

medium_GOYA_DEVISE.jpgGoya. Un nom qui claque comme un sésame pour pénétrer l’univers de ceux qui l’ont élevé, raseté ou applaudi. Plus de quarante ans après sa naissance, ce nom voile les paroles d’émotion et allume des étoiles dans les yeux… La passion est intacte !
Goya de la manade Laurent, Seigneur des Marquises, est à jamais lié au nom de Paul. Et c’est toute une époque qui revit à l’évocation de la carrière exceptionnelle du taureau, de ses premières courses en 1969, sa plus belle année 1973, Bioù d’Or en 1976, dernière saison en 1980 jusqu’au dernier raset en 1981. Une carrière qui a déclenché l’hystérie, tant chez ses supporters inconditionnels que chez ses détracteurs. Et surtout qui a toujours rempli des arènes.
Henri Laurent évoque, parmi tant d’anecdotes : "Quand Goya était prévu à une course, avant que les affiches ne soient imprimées, les réservations étaient complètes. A Beaucaire, en 1974, on a frôlé l’émeute. Une heure avant la course, les portes ont dû être fermées. Des centaines de gens sont restés dehors".
En ces années 1960, où le conservatisme est de mise, "les excentricités de Goya ont défrayé la chronique et ont été autant critiquées que celles des Beatles ou El Cordobès. Les gens à l’époque ne concevaient pas un cocardier qui ne se gardait pas, c’est ce qui a déclenché la polémique d’une partie du public". Quant à la majorité des spectateurs, le vent de liberté qui soufflait en cette période trouva-t-il écho dans le comportement hors norme du taureau ? En quelques années, Goya est devenu leur seigneur, libre et fort.

"Goya était un phénomène! Imprévisible! Indépendant! En plus de maîtriser la piste et la contre piste, il tenait les tourneurs enmedium_GOYATETE.2.jpg respect. Les raseteurs faisaient des plans qu’il déjouait aussitôt (lire les récits des raseteurs, ci-dessous). Mais, il était rasetable et il savait même exploiter les angles».Si la réputation de Goya s’est faite en piste, dans son combat avec les hommes en blanc, ses nombreuses agressions de spectateurs en contre-piste, y ont aussi participé : "Un jour au Grau-du-Roi, il y avait deux personnes en contre piste. Goya passe sans broncher une fois, deux fois puis répond à un raset d’un gaucher mais sur la reprise du droitier, il quitte l’action et saute sur les deux personnes qu’il n’avait pas oubliées".
Habileté diabolique, rapidité déconcertante, insolente facilité, ces images illustrent le tempérament de Goya. Majestueux, indépendant… à part. Un taureau comme aucun autre qui terrorisait raseteurs et public par le danger créé, qui semait la discorde entre les "pour" ou "contre" mais qui fut le héros de tout un peuple. Une star adorée passée maître dans l’art de la dramaturgie mais sachant alléger aussi l’atmosphère par un caractère presque… joueur. Un phénomène qui prenait des postures, se cabrait, se mettait à l’arrêt, les oreilles aux aguets, l’œil à l’affut.
Un taureau inclassable, atypique et dont les frasques ne se limitaient pas aux arènes. Calme à l’encocardement, paisible en pays, pourtant n’en faisant qu’à sa tête. "Les dernières années, il restait aux Marquises, et une fois, pendant quelques jours on ne l’a plus vu. On le cherche partout. Le surlendemain, on le trouve. Il était parti du clos des cocardiers, et se trouvait dans le clos des vaches, là où il était né. En revanche, il avait trouvé une jeune compagne on ne sait où, elle est d’ailleurs restée avec lui jusqu’à la fin, le 31 janvier 1986". Une anecdote de plus pour enrichir la légende.
medium_GOYA_NABLI.jpg"Même moi, trop petit à l’époque pour en juger, j’ai douté de la légende et des qualités de Goya, explique Patrick Laurent. J’ai écouté les aînés pour en arriver à la conclusion qu’il n’était pas seulement un taureau qui sautait, non, il avait des qualités exceptionnelles en piste dont une remarquable, la maîtrise du terrain. Il sortirait maintenant ce serait pareil. Une légende ça ne se construit pas comme çà !".
Une légende qui engendre toujours autant de passion !


Martine ALIAGA

Exposition à Beaucaire jusqu’au 28 juillet "Goya Seigneur de Camargue" (dont les oeuvres illustrent ce portrait). Artistes : Chabanon-Gleizes, Chabanon,  Albecq, Chamand-Bebenest, Scampucci, Nuris, Pfeiffer, Pires, Avesque, Nabli, Boulicot, Sourisseau, Villaret, Viallat, Arpinon, Jullian, Goro, Guili Guili, Marignan, etc).
Ouverte du mardi au samedi de 14 h à 18h, salle des IV Rois, rue du 4septembre. Tél.04 66 59 71 34.

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ILS ONT RASETE GOYA

 

medium_GOYA_RASE_GORO.2.jpgCertains raseteurs ont été ses partenaires privilégiés, cités le plus souvent dans les livres et comptes rendus parus sur Goya : Patrick Castro, évidemment; Norbert Geneste (au début), Jean Jouanet, Daniel Pellegrin, Emile Dumas, Georges Rado, Joël Passemard, Jean-Marie Valat, Frédéric Lopez, Patrice Meneghini, Max Zaragoza, Xavier Ruas, Jacky Siméon, et Christian Chomel…
Mais à Goya, taureau hors du commun, il fallait un raseteur d'exception: ce fut Patrick Castro. Goya – Castro unis par l'ampleur de la polémique qu’ils subissaient et par l'intensité de l’engouement inconditionnel de leurs supporters. Malheureusement, Patrick Castro ne peut plus raconter mais tous ceux qui se sont exprimés ont immédiatement associé Patrick.
Sur Goya, les raseteurs aussi sont intarissables, il leur a fait connaître la peur, quelquefois il les a marqués dans leur chair mais ils lui vouent une admiration sans borne.

Souvenirs de raseteurs (extraits):

EMILE DUMAS (gaucher): « En 1972, lors d'une course à Beaucaire, je suis enfermé sérieusement par Goya. Pensant que je n'arriverais pas à la barrière, je me jette au sol pour passer sous le marchepied, et Goya me voyant par terre, se couche sur moi. C'est la plus grande frayeur de ma vie de raseteur. Le plus marquant chez ce taureau, c'est son énorme intelligence ».

DANIEL PELLEGRIN (droitier): « En 74, pour la deuxième journée de la Palme d'Or – Royale de Laurent avec Goya, bien sûr – après nous être changés au Chalet, nous nous dirigions vers les arènes avec Patrick Castro et là, stupeur>! Un très grand nombre de spectateurs était massé devant les portes, un quart d'heure avant la course, portail fermé. En fait, les arènes étaient combles et les organisateurs avaient fermé le portail. Et pour rentrer dans l'enceinte, les spectateurs nous ont portés par-dessus leurs têtes, à bout de bras. Un moment unique! Une ambiance jamais retrouvée! Un taureau exceptionnel ! »

JEAN JOUANET (gaucher): « Que des beaux souvenirs avec Goya. Mais le plus grand est à Châteaurenard, le taureau n'avait jamais été décocardé depuis le début de la saison, et je lui lève sa cocarde, ses deux glands et coupe le frontal. Pour moi Goya est exceptionnel, le seul qui arrivait à me rendre inquiet une semaine avant sa sortie ».

JOEL PASSEMARD (droitier): « Ce qui m'amedium_GOYA_RASE_2.2.jpg le plus impressionné, c'est sa manière de combattre, son regard. Avec lui, tout était différent en course, c'est lui qui donnait l'impression de te défier. Sa façon de décompter le temps, vers la 14e minute, il commençait à regarder le toril, prêt à rentrer. Sa vélocité et son agilité étaient hors du commun. Mon meilleur souvenir c'est le jour où je lui ai levé sa cocarde à Beaucaire ».

JEAN-MARIE VALAT (gaucher): « La veille de la course, on pensait à Goya jusqu'à en avoir des nausées. La nuit on n'en dormait pas. Quand Goya entrait en piste, il faisait le vide complet, il ne supportait personne ni en piste ni en contre-piste. Intelligent, il repérait ses proies le long des barrières. Seulement quelques raseteurs l'affrontaient, surtout notre chef de file, Patrick Castro. J'ai levé en tout sept attributs à Goya, au meilleur moment de sa carrière. Pour moi, Goya c'est le Seigneur de la Camargue».

PATRICE MENEGHINI (gaucher): « Tout a été dit sur Goya. Il avait tout pour maîtriser le combat, l'intelligence, la vista, la finition et tout le reste… Une chose m'a marqué, c'est à Beaucaire, alors qu'il rate son saut pour aller en contre piste une première fois, il reste cabré en appui sur ses pattes arrière, pour mieux se propulser au-dessus de la barrière. Pour une bête de plus de 400 kg, ce geste athlétique et gracieux me fait encore dresser les poils sur les bras ».


Propos recueillis par L.P. et M.A.
 

24/06/2007

Manade Saint-Gabriel

Après l'abattage de la manade pour cause de tuberculose, Louis Nicollin parle d'avenir

SAINT-GABRIEL N'EST PAS MORT !

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Sur son bureau trône le Bioù d'Or de Virat. Au mur, les garrots portés par son taureau préféré lors des finales du Trophée des As. Louis Nicollin est affecté par l'abattage de la manade Saint-Gabriel mais le battant qu'il est s'enthousiasme toujours pour l'avenir. Si dans ses silences l'émotion est palpable, ses meilleurs mots parlent au futur. Conversation avec ce manadier atypique pour quelques coups de barrière ciblés. Un homme à qui "on ne la fait pas" et dont la perspicacité et l'instinct sont toujours en éveil.

Jusqu’au bout vous vous êtes battu pour sauver de l’abattage la manade Saint-Gabriel touchée par la tuberculose, comment avez-vous vécu cette période?
De les avoir vus partir, ça m'a rendu triste (…). Je pense à ceux qui s’occupent tous les jours des taureaux – comme Luc Lopez (mon gardian) qui est là depuis la création de la manade. C’est terrible. Je souhaite de tout mon cœur que ça n’arrive pas aux vrais manadiers, à ceux qui ne vivent que de ça, C’est terrible… Mais puisqu’on ne peut pas discuter, on ne discute pas…

medium_Nico_6.jpgVous aviez proposé de servir de laboratoire (manade test) de lutte contre la tuberculose. Cela a été refusé. Que s’est-il passé?
Les services vétérinaires, c’est l’Etat, on ne peut pas discuter. On a essayé de sauver la manade. On a eu affaire à des comiques, à des gens qui nous ont promis qu’ils nous sauveraient. Sauf le président de la Fédération française. Henri Itier, c’est le seul qui s’est battu comme une bête! Derrière ça suit pas! Le reste, c’est tous des clowns. Je parle des gens qui t’encouragent, qui te disent ceci, cela. C’est du pipeau. Il y a des gens dans la bouvine qui se prennent au sérieux alors qu’ils ne sont rien! Mais c’est pas grave! La seule chose qui est grave c’est que s’ils nous ont fait tuer, nous… peut-être qu’un jour il n’y aura plus de taureaux camargue. C’est là qu’ils n’ont pas compris.

Avez-vous été surpris par le pourcentage de bêtes atteintes par la tuberculose (plus de 10%)?
Oui, mais je ne suis pas vétérinaire. Saint-Gabriel a été bloqué une seule fois, en 2000, depuis en faisant tuer 60 ou 70 vaches par an, on n’avait jamais eu de problème. Jusqu’à octobre 2006. C’est surprenant!


Les terres doivent-elles être traitées? Pendant combien de temps?
Il faut respecter un vide sanitaire de trois mois. A Saint-Gabriel même, on n’a plus de taureaux depuis plusieurs mois, ils étaient à La Palus. Ils y sont restés jusqu’au bout, début juin.


Quels taureaux resteront dans votre souvenir?
On n’avait pas mis trop de temps à se faire depuis le démarrage en 1987. Il y a eu Intrépide (Bioù de l’Avenir en 2000), Palun, Gigi, Duché (le fameux Ronaldo), qui nous a lancés, Balzac… et les jeunes qui promettaient El Dorado, Enzo, etc. Et il ne faut pas oublier Frégate, la Cocardière d’Or 2006!medium_Nico_5.jpg


Quel avenir pour l’élevage Saint-Gabriel?
L’avenir? On va acheter des taureaux, on va continuer. J’ai vécu sans taureaux une partie de ma vie, mais j’aime bien ces bêtes… et j’aime aussi les chevaux tout blancs. Il y aura toujours des taureaux à Saint-Gabriel. J’ai une autre manade. On peut faire une transfusion. J’ai promis à M.Lafont que je ne vendrais jamais rien de cette manade. Et elle est restée comme elle est depuis. Mais Nicollin-Saint-Gabriel, c’est le même patron, alors au moins on sauvera des bêtes de l’abattoir. Et puis dans les autres manadiers, il y a toujours des amis, heureusement! Y a en qui vont me vendre des bêtes. Des vaches. Dans le style et le caractère de Saint-Gabriel (NDLR: origines Laurent, Rouquette, Cuillé). Le dernier qui possède ce sang-là (Baroncelli), c’est Cuillé. Alors!


La Royale de Nicollin avec Virat sort dimanche à Sommières, serez-vous dans les gradins?
Ça me fait énormément plaisir. Virat, il est pas encore tocard. Peut-être je serai à Sommières, mais surtout j’irai à Beaucaire, pour la Palme d’Or. J’aime Beaucaire. Et puis Virat, c’est sa piste. En plus il sort le même jour que Mathis, ça va être une belle course. Virat, il peut encore créer la surprise…. mais dans trois ou quatre ans, c’est peut-être pour Saint-Gabriel que j’irai chercher un autre Bioù d’Or.

Propos recueillis par Martine ALIAGA
Photos Luc PERO

NOTE : Louis Nicollin est propriétaire de deux manades : la manade "historique" Lafont qu'il a achetée en 1997 et la manade qu'il a créée Saint-Gabriel en 1987. 

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EN APARTE

- Au sujet du Trident d'Or.

Louis Nicollin à Joffrey Barbeyrac:  "Quand va-t on gagner la Gambardella avec Nicollin?". Je me souviens qu'une fois on était allé jusqu'en finale face  à Guillierme. On s'était fait un peu "enfler" mais bah c'était l'anniversaire de Guillierme.
Et cette année ? 

Joffrey : "On a passé le premier tour avec 191 points. On tombe contre Les Baumelles, le 21juillet à Cabannes".

- Au sujet de l'achat de taureaux "prêts à courir".

L. N. : "On va surtout acheter des vaches. Les cocardiers ? Un qui m'intéresserait n'est pas à vendre, c'est Mathis (rires).  Mais celui qui me plaît le plus, même maintenant c'est Camarina. Le jour où il est sorti au Grau-du-Roi, en 2004, (en même temps que Virat), il m'a fait b....."

- Au sujet des travaux au Mas d'Anglas (arènes et salle)

L. N. : "Ce sont les gardians (en particulier, J.-P. Durrieu) qui m'ont fait construire ces arènes. Ah ils sont exigeants ! C'est pour entraîner le Real de Madrid (les futures vedettes de Nicollin). Ce sera inauguré certainement en fin de saison". 

- Au sujet de son titre de manadier

L. N. : "Les gens disent que je n'ai pas les taureaux depuis longtemps. Que j'y connais rien. Mais ils se trompent ! J'ai commencé à avoir des bêtes à Lyon, et aussi, à Maurin. Avec Jacques Bonnier. Mais tout ça ne me rajeunit pas".

 

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11/04/2007

APIS

RIEN QUE POUR VOS YEUX

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Dire qu'il est beau est un euphémisme. Puissant, musclé, superbe, magnifique... les adjectifs manquent. Apis dans toute sa splendeur, dans toute sa force d'étalon, incarnation du taureau Camargue dans sa magique et authentique bestialité. Apis du Brestalou, l'aurochs du XXIe siècle.

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Photos Christian ITIER

10/03/2007

BALADES HIVERNALES

Chez Patrice Brouillet, manade Le Joncas

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                                                         Photos L.Pero
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Aux Cabanes de Romieu, manade Fabre-Mailhan 
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Photos L.Pero
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Pâtures d'hiver des Guillierme
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Photos L.Pero
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02/03/2007

Hubert et Christian Espelly, Guillierme de coeur

Dimanche 4 mars, Aimargues rend hommage à la célèbre manadière Fanfonne Guillierme. Après Jacques et Armand Espelly, l’élevage Guillierme est mené par Christian en attendant peut-être Hubert.
 
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«Je ne me serai peut-être pas autant impliqué dans la manade Guillierme si Hubert, mon fils, n’avait pas, dès son plus jeune âge, été intéressé par les taureaux», constate Christian Espelly, actuel propriétaire de la manade "Azur et or" après son père Jacques et son oncle Armand. De gardians à manadiers, le nom des Espelly est toujours le garant du fer Guillierme, conservant les qualités propres à la race. Flash back.
 
En 1938, Jacques intègre l’élevage, rejoint dès 1944 par son frère Armand et succède en 1949 au gardian René Chabaud. Les deux frères n’ont pas été "que" des gardians. Christian s’en souvient: «Fanfonne était plus que la patronne, elle nous considérait comme sa famille, nous avions avec elle des relations privilégiées». Très vite, Jacques prend sa part de responsabilité dans l’élevage surtout après 1956 où Guillierme se sépare de Grand. Alors la manade s’installe seule sur les terres des grandes cabanes du Vaccarès, de Signoret et du Cailar.

Les cocardiers les plus connus de l’époque ont pour nom Pimpan puis Galapian, qui conquiert le Bioù d’Or en 1968. Les années 70-80 vont être prolifiques avec Fangous, Tegel, Estepous, Desgressaïre, Vidourle, Lou Maï, etc. et déboucher sur l’apothéose de l’année 1983 où Segren, au palmarès déjà prodigieux, offre, à 12ans, son 2e Bioù d’Or à la manadière Fanfonne Guillierme. Après Segren, tué en 1984 par un de ses congénères, la notoriété de l’élevage est installée et de nombreux jeunes cocardiers perpétuent la marque: notamment Bezoucier (1987), Camisard, Lou Goï, Espigau… Plus près de nous L’Enclume, Candelo, Raouba Vesse, L’Oulivastre entretiennent la flamme.
 
medium_GUILLIERME_A_003.2.JPGChristian valorise par la sélection le côté «spectaculaire, un peu fou fou de la marque» et se base toujours sur les qualités des mères: «Je garde les plus exubérantes, les plus folles, celles qui ont le plus de sang… une branche Granon, une branche Baroncelli». Les Guillierme montrent de la vaillance mais parfois trop de facilité. "Petit à petit, ils apprennent à se battre. Mais c’est plus difficile au niveau des As, on peut dire que le dernier "gros client" a été Claudius (1990-95)" . Aujourd’hui, les fleurons de l’élevage portent toujours des noms aussi évocateurs, poétiques et certains affichent en plus la difficulté qui en font des combattants craints. Si Oufanous, par exemple, garde l’impétuosité emblématique des Guillierme, d’autres comme Lou Pounchu, MariPeù, Donovan, Aurochs… font planer le danger et réfléchir les hommes. Bons petits soldats pour la campagne 2007.
 
Quant à Hubert, à 18 ans cette année, il poursuit ses études avec, depuis longtemps, l’envie de devenir vétérinaire et, parallèlement, poursuivre à la manade le travail de ses... grand-père, grand-oncle, père. Hubert, bientôt le quatrième Espelly au cœur de l’élevage Guillierme?
 
Photos: Luc PERO