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13/10/2017

VAUVERT : DIMANCHE 15 OCTOBRE

Vendredi 13 octobre 2017 - Jubilé d'Hadrien Poujol

Raseter par passion 

ARLESRATIS.JPG

▲ Avec Ratis, des rencontres explosives.

Après 20 ans de piste, le raseteur revient
sur quelques-uns de ses meilleurs moments

"Je n’arrive plus à faire ce que je veux avec les taureaux, alors si c’est pour tricher.... C’est pas ça la course camarguaise !" Respect des taureaux, du public et de lui-même. Ainsi, dimanche, Hadrien Poujol mettra un terme à 20 ans de présence en piste dont 16 au plus haut niveau. Et un palmarès étoilé de multiples trophées qui le place dans les meilleurs raseteurs des deux dernières décennies : entre autres, 3 Cocarde d’Or (2003, 2004, 2012), Palme d’Or (2011), Trophée des Maraîchers (2003, 2004, 2005, 2006), quatre fois 2e au Trophée des As (2003, 2004, 2005, 2006), etc. Mais, plus que les premières places gagnées ou perdues, ce qui tient le plus au cœur du gaucher vauverdois, ce sont des rencontres particulières avec certains cocardiers pour une vision tauromachique et artistique de la pratique et une transmission au public.

Fournelet, Camarina et Ratis

« J’ai de grands souvenirs bien sûr de Cocarde d’Or parce qu’en 2003 à 20 ans je suis le plus jeune à la gagner et, celle de 2012, parce qu’il y a 9 ans entre les deux et que je revenais de blessure, Beaucaire, Châteaurenard, Lunel, Le Grau, Sommières... Mais ce sont des rasets ou des quarts d’heure hors-norme que j’ai vécus avec de grands taureaux qui restent dans ma mémoire ».

POUJOLFOURNELETRECADREPHCI.jpgUn taureau comme Fournelet de la manade Blanc par exemple. « Je l’ai raseté toute sa carrière, et déjà au Trident d’Or quand j’étais à l’Avenir (2001). Un cocardier aux enfermées redoutables. Je me souviens quand il avait accroché David Sabatier à la finale des As 2006 à Nîmes, je l’avais pris dans toute la longueur juste après... Un régal ! » (photo ci-contre)

Hadrien Poujol,Ratis,Camarina,Fournelet,course camarguaiseOu Camarina (Biòu d’Or 2005, 2007, 2008) de la manade Chauvet. « J’ai adoré le raseter, lui aussi, de 2001 à 2009, c’était un grand taureau. Il avait une préférence pour les gauchers, j’adaptais mon raset le citant de plus en plus près, pour de grosses actions aux planches. A Châteaurenard ou aux finales des As, 2006 ou 2008 quand il me saute dessus...Cela créait du spectacle et le public participait...».

Egalement de grands moments ancrés dans le cœur et dans la chair avec : « Michou qui m’a mis une de ces roustes ! ; le très grand Tristan de Saumade, Andalou d’Espelly-Blanc, Rodin des Baumelles, Virat de Nicollin... Garlan des Baumelles, une fois, à Châto, je lui avais levé tous ses rubans... Il m’avait mis un bon coup dans l’avant-bras. Titouan de Cuillé m’a fracturé le péroné à Mouriès en 2007 ; Saint-Rémois de Fabre-Mailhan, grand barricadier avec un cœur énorme... Sans parler d’Ulysse de Rouquette qui, en septembre 2012 m’a infligé deux sacrés coups de corne. Et aussi Blaise de Fabre-Mailhan, un quart d’heure énorme à Sommières, j’étais sur un nuage, je n’arrivais pas à partir des arènes, un grand moment de tauromachie ».

Et puis il y eut Ratis de la manade Raynaud. « La première fois que je l’ai raseté c’était à Aimargues, où devant le manque d’hommes en piste, on m’a demandé de m’habiller. Avec mes trois collègues du jour, la course a pris de l’ampleur et Ratis a été énorme. J’ai eu des échanges particuliers avec lui, c’était un taureau qui transmettait beaucoup, et puis c’est la famille Raynaud, une histoire. J’ai des images dans la tête au Grau-du-Roi, ou à Lunel en 2012...»

Et toujours cette envie de duos créant l’émotion pour parfaire le spectacle et enflammer le public. Raseteur de caractère affichant, en piste, sa volonté de marquer l’histoire, l’orgueil indispensable pour truster les premières places, l’envie de prendre les spectateurs à témoin et les qualités pour faire briller les cocardiers.

Une relation particulière avec le public

« C’est curieux cette relation que j’ai eue avec le public. A un moment, les gens ne me passaient pas grand-chose, j’ai eu de grosses bronca pour de mauvais rasets, mais l’action suivante je savais allonger la trajectoire pour me faire applaudir. En fait, j’ai eu une grande cote d’amour, ils m’ont beaucoup pardonné ». Et beaucoup soutenu. Depuis ses débuts, Hadrien bénéficie de l’aide inconditionnelle de son club de supporter qui organise d’ailleurs son jubilé, ce dimanche. Une journée où les taureaux camarguais côtoieront les cousins espagnols et où les tauromachies s’offriront en spectacle. Hadrien Poujol assume « J’aime toutes les tauromachies, j’ai fait de belles rencontres durant ma carrière et je voulais pour mes derniers rasets réunir mes amis, camarguais, landais, espagnol...» Faire venir de nombreux spectateurs dans la grande arène vauverdoise, encore un défi... Mais l’homme a de l’envergure et si la tenue blanche restera désormais dans les placards, à 34 ans, une autre page de sa vie s’ouvre. Et n’en doutons pas, elle sera aussi riche que sa grande carrière. Suerte maestro !

MARTINE ALIAGA
PHOTOS CHRISTIAN ITIER

AU PROGRAMME

Rencontre des tauromachies

hadrien poujol,ratis,camarina,fournelet,course camarguaiseA l’image originale de l’affiche de la journée réalisée par l’artiste Goro, Hadrien Poujol annonce quelques nouveautés notamment musicales durant l’après-midi pour un spectacle complet. 11 h, festival d’abrivado. 15 h, capelado orchestrée par Patrice Blanc, Renaud Vinuesa, groupes folkloriques, en présence de cinq Reine d’Arles. 15 h 15, Cocarde d’Or des anciens raseteurs. Un toro pour l’écarteur landais Batiste Bordes. Un toro en tienta de macho pour Sébastien Castella, Mehdi Savali et Jérémy Banti. Un toro pour les sauteurs landais Vergonzeanne. Course camarguaise avec Bayard de Nicollin, Courrejau de Blatière-Bessac, Scipion de Saumade, Artalet de Laurent. Nombreux raseteurs en alternance. Festival de bandido. Animation par La Gardounenque.

Réservations : générales 10 €, numérotées 15€, gratuit moins de 15 ans. Tél. 06 09 10 41 40 et bar des Halles à Vauvert. Le jour même guichets ouverts à partir de 10 h. Ouverture des arènes à 13 h 30. Restauration : réservation auprès de Lilou, tél. 06 30 46 52 89 ou au bar des Halles.

Tous les participants, les raseteurs, anciens raseteurs, doivent se présenter à 14 h, à la porte derrière les arènes.

06/05/2017

PALAVAS *TROPHEE DES AS, 8 MAI* interview

Samedi 6 mai 2017

Vincent Ribera et Sabri Allouani :
collaborateurs et amis

DSC_8447.JPGAu sein de l’organisation SAS Ribera, l’un est le patron Vincent Ribera, l’autre le conseiller technique Sabri Allouani. Les deux hommes se connaissent bien, s’estiment, se respectent. Le temps d’une interview croisée, nous avons rencontré ce tandem performant qui, sans trop se prendre au sérieux, travaille très sérieusement. Que ce soit sur la coordination des courses à Palavas, celles du Grau-du-Roi ou avec tous les artistes et spectacles dont la SAS Ribera assure la programmation.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Vincent Ribera : « Quand j’ai monté les courses à Palavas, en 2000.Sabri était alors raseteur et nos premiers contacts se sont faits là. Au départ j’étais plus axé corrida, mais bien imprégné de course camarguaise, c’est ma culture. Je me suis vraiment pris au jeu à Palavas avec Sabri ».

Sabri Allouani : « J’étais invité à raseter à Palavas, Vincent était patron des arènes, cela a créé des affinités. Une histoire qui dure depuis 20 ans ».

Quels sont vos rôles respectifs ?

V. R. : « Quand il rasetait, nous avons sympathisé, peu à peu.On a commencé timidement. Dans les années 2000, la feria était en plein essor, il fallait de grosses courses pour le succès que l’on connaît. A partir de là, Sabri a participé au casting des plateaux. Et depuis que j’ai la DSP au Grau-du-Roi, il tient le rôle de conseiller technique ».

S. A. : « J’ai de la chance de travailler avec lui. Je propose les taureaux, nous allons voir les manadiers ensemble, les raseteurs c’est plutôt moi. Mais pour les changements de dernière minute, taureaux et raseteurs, le choix se fait toujours à deux. On est complémentaires, Vincent voit plus le côté spectateurs, moi le côté raseteurs. Ces deux visions différentes s’équilibrent ».

Qualités de l’un et de l’autre ?

V. R. : « Nous avons un rapport de confiance. Qui peut mieux connaître les taureaux que Sabri ? Qui a la vision d’ensemble des raseteurs ? La gestion de la piste ? Il est compétent.

S. A. : «Vincent est exigeant, minutieux dans le travail. C’est un gestionnaire d’entreprise. Et même si c’est mon patron, on peut toujours discuter.

Défauts ?

V. R. (en souriant) : « Sabri a un fort caractère, il est un peu susceptible. Mais il s’améliore au fil du temps.Il n’avait que sa vision de raseteur, maintenant il prend conscience du métier ».

S. A. : « Il a le défaut de ses qualités : l’exigence. Un peu trop impulsif dans les décisions même si après on peut toujours argumenter. Mais boulot c’est boulot ».

Qu’est ce que l’un apporte à l’autre ?

V. R. : « Sabri me fait bénéficier de son savoir technique.Il m’alerte sur certains points notamment dans le choix des taureaux.J’essaie de comprendre, c’est là qu’il m’est indispensable. Après, on partage nos idées et on décide ».

S. A. : « J’ai découvert la vraie gestion d’une entreprise, je vois la rigueur que cela demande, j’apprends. Je rencontre aussi tous les artistes et humoristes que Vincent fait tourner. Ce métier me plaît énormément. Quant aux courses, aujourd’hui je regarde avec une autre vision, nous devons assurer un spectacle...»

PROPOS RECUEILLIS
PAR MARTINE ALIAGA
PHOTO CHRISTIAN ITIER

08/12/2016

Décès

Jeudi 9 décembre 2016

André Chamand n'est plus

blogandrechamand.jpgC’est une “figure” qui disparaît aujourd’hui. André Chamand nous a quittés à 91 ans, après avoir passé ses dernières années dans la maison de retraite Jeanne-Calment à Arles.
Amateur de corridas pour lequelles il écrivit d’ailleurs, André était un passionné des courses camarguaises, des manades, des raseteurs, de tout le mundillo camarguais... Instituteur de métier, chroniqueur durant 55 ans, responsable des pages "bouvine" pour La Marseillaise, rédacteur d’ouvrages, président de l’Amicale des chroniqueurs et photographes durant 33 années, c’était un homme rigoureux qui souvent ne mâchait ni ses mots et ses écrits. C’est un puits de sciences taurines qui s’en est allé.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à nos confrères de La Marseillaise.


Une cérémonie se déroulera mardi 13 décembre, à 10h30, à l’hôpital Imbert d’Arles, puis, à 11h, au cimetière de Trinquetaille.

14/08/2015

MANADE ANNE ET YVES JANIN

Vendredi 14 août 2015

JANIN YVES.jpgLes appels et messages téléphoniques ont afflué  à Saint-Geniès-des-Mourgues à l’annonce du décès d’ Yves Janin. Tout autant que les témoignages d’affection et les fleurs lors des obsèques du manadier qui ont réuni famille, amis, manadiers, gardians, raseteurs, associations de maintenance, organisateurs…  gens de bouvine. Tout autant que d’innombrables courriers qui depuis parviennent à la demeure du disparu.

Josy, l’épouse d’Yves, et sa fille Anne très touchées et émues par ce soutien venu de toute la Provence et du Languedoc, ne peuvent répondre individuellement à chaque personne mais tiennent à préciser : « Chacune de ces marques d’affection a été lue ou écoutée. Cela nous a fait chaud au cœur et nous vous en remercions tous vivement. Yves est toujours avec nous, il veille sur le Grand Vallat et ses chers cocardiers et chevaux. Rien ne changera, la manade Anne et Yves Janin continue comme par le passé »

10/08/2015

OBSEQUES

Lundi 10 août 2015

L'hommage à Yves Janin

 BLOGJANIN.jpg

L’abbatiale Saint-Geniès n’a pu contenir tous ceux que le décès du manadier Yves Janin a ému. Et le parvis a accueilli une partie des amis, des Saint-Geniérois, des gens de bouvine qui tenaient à marquer leur attachement et leur respect et à soutenir Josy son épouse et Anne sa fille.  Précédé des  deux chevaux de ce grand cavalier  et porté par les manadiers, le cercueil s’est avancé parmi les Arlésiennes en costume de deuil, les gardians en tenue, accueilli par la chorale accompagnant la messe. Les éloges d’Henri Laurent, Pierre Aubanel, Guy Chaptal ont souligné le rôle  du défunt au sein des associations de manadiers et de la Nacioun Gardiano, notamment dans la création du Pèlerinage des gardians à Lourdes (en 1985) et dans la maintenance des traditions. Jeannot Lafon, très ému, a rappelé les 50 ans d’amitié, chez Lhoustou-Vedel et Zuccarelli, nommant les cocardiers prestigieux Saint-Geniès, Saint-Hilaire, Oural, Sangar Biòu d’Or 1991 ou la vache Pénélope... et soulignant les qualités de cet éleveur de métier, ses actions auprès des Services vétérinaires, défendant la race des taureaux de Camargue tout autant que les abrivado, bandido et course camarguaise.

Le pélot du Mas du Grand  Vallat est parti discrètement... à son image. Son esprit fédérateur, pondéré et plein de sagesse restera un exemple à suivre,  sa distinction naturelle et sa bonhomie teintée d’humour, un souvenir indélébile. Adessias  Monsieur Janin.

PHOTO C. ITIER

MARTINE ALIAGA

06/04/2015

RETOUR EN IMAGES SUR ARLES

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L'émotionnante enfermée de Banaru (Le Rhône) à la poursuite de Romain Gros mis en danger de longues secondes. Banaru a effectué un quart d'heure complet et impressionné les aficionados présents.

Eric AUPHAN

21:39 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banaru

14/12/2014

RETRAITE

Vendredi 12 décembre 2014 à Salin-de-Giraud


A très bientôt Major Favier

jean-paul favier,courses camarguaises


La carrière de Jean-­Paul Favier prend fin au 31 décembre 2014, il pourra désormais se consacrer entièrement à sa passion camarguaise.
Quel est le point commun entre la famille bouvino et celle de la gendarmerie? Le major Jean­-Paul Favier évidemment ! Lequel, outre d'être un féru de la Camargue est également le père du raseteur du Trophée des As Maxime Favier. Et ces deux tranches de vie se sont retrouvées, en fin de semaine dernière, à la salle de la mairie annexe de Salin-de-Giraud pour fêter le départ à la retraite de celui qui, depuis 1999, est aux commandes de la brigade salinière. "Un pays et un village où il a autant appris du braconnier que du garde chasse, du député que du bénévole associatif, du malfaisant que de l'honnête citoyen" dit-­il. Mais qui l'ont nourri de leurs connaissances et leurs différences". Sans avoir oublié de rendre hommage à deux  personnages Antoine Perez et Hubert Yonnet.
"Une retraite ni ardemment souhaitée, ni
particulièrement redoutée car c'est tout simplement un chapitre qui s'achève", s'exprima le tout jeune retraité (58 ans). Le chef d'escadron d'Arles, le commandant Baraldi dressa, alors, le portrait de son collègue en faisant l'éloge d'une carrière exemplaire au fil de ses diverses affectations. Il a pris soin de mettre en exergue la passion du métier et du terroir, dont l'attachement à cette terre de Camargue.
"Respect, courtoisie, passion, vous avez
su faire marcher votre équipe dans vos pas" argumentèrent ensuite Philippe Martinez adjoint spécial du Sambuc et délégué à Camargue Sud et Nicolas Juan adjoint spécial des Salins. "C'est une grande chance que de vous avoir eu sur la commune car vous avez su jouer sur toutes les cordes de la sensibilité et faire l'unanimité", s'exprima à son tour le maire d'Arles Hervé Schiavetti, avant de lui décerner la médaille de la ville sous les applaudissements d'une assistance nombreuse.
Parmi elle bien évidemment
ses amis gendarmes côtoyés ici et là au gré de son parcours. Mais aussi ceux de la bouvino, les manadiers camarguais Guy Allard, Jean­Claude Blanc et la famille Laurent au grand complet, et le ganadero Jacques Giraud représentant les fers espagnols. Les deux clubs taurins locaux, Lou Salinié et Prouvenço Aficion, le tourneur Eric Cuallado (qui gagna le trophée de l'Avenir en 1995), des Arlésiennes dont Anaïs Bernard demoiselle d'honneur de la reine d'Arles.
"Merci à ces dames d'honneur nous avons
cela en commun que nous portons fièrement notre costume", dixit le major Favier. Cette Camargue qui lui tient à coeur a été immortalisée sur un tableau de Jean Marignan, un raset de son fils Maxime au taureau Yvan de la manade Lou Pantaï (photo). Des paroles qu'a su apprécier le président de la FFCC Gérard Batifort présent car, pour l'occasion, il avait le double ­képi­. Le signe avant coureur d'un futur engagement Jean­-Paul ?
Et après avoir souhaité pleine réussite à celle qui lui succède, le major
Christelle Franchini, avec son épouse Ariane, ses fils Maxime, Alexis et Jérémy, il ne restait plus à Jean-Paul Favier qu'à inviter ­ses convives­ à partager le verre de l'amitié.
Nous souhaitons une bonne retraite à celui qui rejoindra,
en début d'année 2015, la cité du bon roi René, c'est à dire Tarascon d'où il est originaire. "Mais je reviendrais promis"...


Texte et photo
Patrick PONS

11/12/2014

RASETEUR

Vendredi 12 décembre 2014

2014, une année compliquée pour Hadrien Poujol

Saturation, fatigue... en cours de saison, le raseteur a décidé de se mettre en retrait. Pour mieux redémarrer.

hadrien poujol,raseteur,course camarguaiseLe public a tout de suite remarqué ses qualités quand il a débuté au Trophée de l’Avenir et le suit de près depuis l’an 2000, où à 18 ans, il rejoint le Trophée des As. Hadrien Poujol a multiplié depuis, année après année, les victoires et les récompenses. Pourtant mi-2014, le Vauverdois se met en stand by des pistes et s’accorde une pause. Le temps de la réflexion. Mais à 32 ans, le meilleur gaucher de sa génération n’a pas dit son dernier mot.
Berger un temps, “bistroquet” aujourd’hui, peut-être organisateur demain mais raseteur dans l’âme... toujours. Hadrien fait le point.

Pourquoi avoir arrêté de raseter en cours de saison ?

En 2012, j’ai fait une des plus belles saisons de ma carrière. Le 1er septembre avec la naissance de ma fille Anna, j’étais comblé. Mais la même semaine, je prends une rouste par Mérou, puis par Valmont. Et deux coups de corne par Ulysse de Rouquette à Saint-Rémy (20 cm dans la poitrine, 15 cm dans la fesse). En février 2013, je reprends le bar des Halles à Vauvert. D’où une surcharge de travail, une mauvaise préparation hivernale. Malgré ce, je finis 4e au Trophée des As, au terme d’une saison où mon entente avec Ratis de Raynaud a peut-être été l’arbre qui cachait la forêt (PHOTO ci-dessus). Je me prépare bien tout l’hiver mais, à la reprise, j’ai senti que ça n’allait pas. Je rasetai mal, rien ne se goupillait comme il faut. Début mai, je passe sous les pattes de Caruso de Saumade à Palavas, puis en juin, à Beauvoisin, je suis bousculé par Manolo de La Galère... A Sommières, j’ai pas fait un raset... Alors j’ai décidé de faire une pause.

Le temps de la réflexion ?

Oui. Je rasète depuis que j’ai 14 ans. L’accumulation des courses, des saisons, le surcroît de travail au bar... J’étais à saturation. Pour être bien en piste, il faut que je m’éclate. Je rasète par passion, d’abord pour moi, pour montrer qui je suis, puis bien sûr pour le public... Quand tu entends les sifflets, ça fait pas plaisir.... Alors ces quelques mois d’arrêt, ça m’a fait du bien. J’ai réfléchi. Malgré la carrière que j’ai faite, je me suis rendu compte que tout s’arrête vite, le téléphone ne sonne plus, on est vite oublié. Mais finir comme ça, sur un échec ça ne me plaisait pas.

Et comment l’envie est revenue ?

Août et septembre sans taureaux, je me suis senti bien mais fin septembre, quand les finales ont pointé le nez, je râlais de ne pas en faire partie. L’envie est revenue. Alors j’ai décidé que je rasèterai à nouveau. Je veux reprendre, me régaler. J’ai gardé intacts ma passion et mon esprit de compétiteur et si la reprise se passe bien, je vais tout tenter pour bien faire.

En même temps, vous avez décidé de répondre à la délégation de service public du Grau-du-Roi, pour la saison 2015. Pourquoi ?

Effectivement, avec Nicolas Noguera, nous avons monté un dossier pour organiser la saison 2015 aux arènes du Grau-du-Roi. On s’est dit qu’il fallait se lancer, c’est bien beau de parler, à un moment il faut s’investir et faire bouger les choses. On y croit, on a bossé. On est sur l’empreinte qu’a laissée Daniel Siméon, une façon moderne de gérer avec de la qualité, des plateaux variés, etc. Nous sommes jeunes (32 et 38 ans), pleins d’idées et nous pouvons tous les deux nous organiser au mieux pour une présence maximum au Grau. Pour ma part, le côté professionnel est stabilisé, j’aurai le temps.

Pourrez-vous tenir pied partout ?

Si on est choisis pour gérer les arènes du Grau, le choix sera crucial pour moi mais je ne serai pas raseteur et organisateur en même temps. Je me dois d’être sincère même si cela me fait du tort... Je ne mélangerai pas les genres. Je mettrai ma carrière de raseteur entre parenthèses. Le choix de la municipalité du Grau-du-Roi devrait être connu en mars, ce sera bien assez tôt pour décider.

Propos recueillis
par MARTINE ALIAGA
PHOTO CHRISTIAN ITIER

 

31/10/2014

MAUGUIO REND HOMMAGE A FREDERIC MISTRAL

Samedi 8 novembre 2014


100 ans d’héritage d’un bien immatériel


MISTRAL3.jpgNé à Maillane au Mas du Juge, le 8 septembre 1830, au foyer de François Mistral et de Marguerite-Adélaïde Poulinet, le jeune Frédéric après avoir fréquenté l’école communale de Maillane, le pensionnat de Saint-Michel de Frigolet et le collège Royal d’Avignon et obtenu son baccalauréat avec mention, poursuit ses études à la Faculté d’Aix en Provence d’où il sort à 21 ans licencié en droit. Il revient au mas paternel aider son père devenu aveugle.

Passionné par l’histoire de son pays il prend alors la résolution de "relever, de raviver en Provence le sentiment patriotique…. De rendre la vogue au provençal par le souffle et la flamme de la divine poésie".

C’est ainsi que le 21 mai 1854 au Château de Font-Ségugne à Châteauneuf-de-Gadagne, en compagnie de six poètes amis, Théodore Aubanel,  Jean Brunet, Paul Giera, Anselme Mathieu, Alphonse Tavan et Joseph Roumanille, il fonde le Félibrige. A 29 ans, il publie "Mireille" qu'il dédie à Lamartine. Ce poème est aujourd’hui traduit dans cinquantaine trois langues dont 1 en braille. Viennent ensuite : Calendal, Nerte, la Reine Jeanne, les Iscles d’or, le poème du Rhône, les Olivades … et l’énorme travail de sa vie, un dictionnaire : le Trésor du Félibrige où chaque mot est traduit dans les différentes graphies du pays d’Oc. Il est également l’instigateur du journal L’Aioli.
Le 14 octobre 1894, il participe avec Folco de Baroncelli à la grande manifestation à Nîmes, lors de la course dite de la contestation, suite à une circulaire du Ministre de l’Intérieur visant à interdire les courses de taureaux.

Avec l'aide du docteur Marignan de Marsillargues, il s'investit dans la création d'un  musée ethnographique, véritable arche de Noé de l'art de  vivre en provence "Le Museon arlaten", inauguré en 1899 lors du congrès de la Sainte Estelle.


Sensible à la gente féminine et voyant avec tristesse l'abandon des fichus et chapelles portés par les femmes de son pays au profit de la mode parisienne, il prend le défi de glorifier le costume traditionnel au travers de la jeunesse et crée le 17 mai 1903 en Arles la Fèsto Vierginenco, véritable succès.

En 1904, il reçoit le prix Nobel de Littérature conjointement avec José Echegaray et emploie la totalité des fonds reçus dans le Museon Arlaten réinstallé dans l'hôtel de Laval.

MISTRAL.jpgIl s’éteint à Maillane le mercredi 25 mars 1914. Marié à Marie-Louise Rivière et sans descendance, il lègue par testament ses biens à la commune de Maillane. Leur demeure, véritable temple du souvenir est  devenue le « Museon Frédéric Mistral » et la maison du « Lézard », la bibliothèque municipale.

Nous retiendrons de lui cette grandeur et cette fierté d'âme paysanne, l'amour inconditionnel qu'il voue à sa patrie, son génie et son rayonnement littéraire qui, bien au-delà de la capitale française, l'a fait connaître dans le monde entier.

Empreints de cette fierté, en dignes héritiers, notre devoir est de saluer dignement sa mémoire et de transmettre son oeuvre à travers les générations.

ANNE MARIE ERRUZ-THERON

MAUGUIO
PROGRAMME DE LA JOURNEE

DU SAMEDI 8 NOVEMBRE

11 h 30  : rassemblement des groupes et cavaliers sur la place de la Libération et hommage à Folco de Baroncelli

11 h 50  : défilé jusqu’aux arènes

12 h     : hommage et dévoilement de la plaque commémorative
place Frédéric Mistral (arènes)


12 h 30 : Vernissage de l’exposition
« Sur les pas de Frédéric Mistral »


    (Ouvert du 8 au 15 novembre, lundi au samedi 14h-16h30, mardi et jeudi : 10 h-12 h et 14 h-16 h 30)

15 h 15 : Animations folkloriques, place de la Libération

16 h : Spectacle gratuit
« Bèn lou bon-jour Moussu Mistral »
au Théâtre Bassaget.


   ********************************

30/09/2014

JEAN MATHIEU EST DECEDE

L'emblématique défenseur de la Camargue et des gens de bouvine nous a quittés. Jean Mathieu, président d'honneur des gardians professionnels, est décédé hier, à 66 ans.

Ses obsèques se dérouleront jeudi 2 octobre. A partir de 14h30, hommage aux arènes de Saint-Laurent-d'Aigouze puis aux arènes du Cailar avant l'inhumation au caveau familial du Cailar.

Nos plus sincères condoléances à la famille de Jean et à ses proches.