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25/03/2009

VISITE CHEZ " L'ARTISAN MANADIER "

 

POUR LE PLAISIR... ♫ ♫ ♫

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APIS le taù de la manade.
CRESPIN.jpgIl se définit lui même, comme un artisan de la profession. Henri Gibert le pélot de la manade du Brestalou (une S.C.E.A) opère sur un petit domaine, avec un petit effectif en nombre de têtes, pas de structures pour accueillir et commercialiser son élevage, pas d'activités taurines autres que la course camarguaise. Le but de l'entreprise est simple: une sélection rigoureuse, calculée, réfléchie pour obtenir les meilleurs résultats, afin de présenter des cocardiers et des cocardières au meilleur standard possible. "Si rien n'est fait au hasard, il faut être patient, observateur, persérant, et avoir une grande passion..." nous confie-t'il ! Ensuite il est certain que Mère nature est là pour mettre ses barrières et apporter ses lots de surprises. Depuis la création de la manade les satisfactions n'ont pas manqué avec des vaches tout d'abord: FLORETTE (cocardière d'Or 2000), FUGUEUSE, OLYMPE, EMERAUDE pour n'en citer que quelques unes. Mais aussi avec les taureaux: VENEUR, MAZEL et surtout MONTVERT qui a quelque peu bousculé les données pré-établies. Aujourd'hui ce sont trois heureux retraités, par le mauvais sort pour MONTVERT qui a dû hélas abréger sa carrière pour des ennuis osseux. Mais APIS, RABOLIOT, TYPHON sont là pour défendre les couleurs (Noir, blanc, bleu), avec les jeunes pousses CRESPIN (photo çi-dessus), JAFFAR, PHARAON, ZEUS etc.
Henri est confiant pour l'avenir et continue à travailler en chantant  sûrement: "Pour le plaisir ♫ ♫ ♫" car c'est sa motivation principale !
Texte et Photos Luc PERO
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MONTVERT
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PHARAON
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ZEUS
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EMERAUDE et FLORETTE deux retraitées au soleil...
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Première naissance 2009... un mâle !

22/01/2008

MANADE DU BRESTALOU

PROMENADE HIVERNALE

DANS L'INTIMITE DE MONTVERT
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Des bois préservés, un calme reposant, des clôtures et un jeu de portails, nous voilà sur les terres de Montvert. "On va y aller doucement, précise Henri Gibert, ils n'ont pas l'habitude de voir du monde et si ça ne leur plaît pas ils vont rester planqués". Et effectivement, à l'approche du 4x4 pourtant chargé de foin de Crau, les ombres noires se dessinent entre les arbres mais aucune ne bouge. Têtes droites, oreilles aux aguets, cornes haut perchées suivent attentivement le parcours des intrus sur leur terre. Point de crainte, pas de fuite effrayée, non ! Mais dans leur attitude altière, presque orgueilleuse, ils nous font vite comprendre que la décision de se laisser approcher leur appartient et qu'il va falloir être patient. On s'éclipse discrètement pour visiter les quatre simbeù qui eux, confiants, reçoivent leur nourriture avec appétit. "Ils sont  choyés autant que les cocardiers, un bon simbeù vaut bien trois cavaliers…", explique Henri Gibert.

La planque reprend, le foin est distribué plus loin en attendant le bon vouloir des cocardiers. L'appât fonctionne et arrivent  doucement Apis, Veneur, Raboliot, Mazel, Typhon, le 404 (Phoenix) et… toujours sur ses gardes, Montvert. 643342845414e5933a1eac62756b3552.jpg"Apis (magnifique dans son poil d'hiver) c'est la force tranquille. En pays, il s'impose sans forcer. Mazel, lui, est plus bagarreur, Veneur c'est le plus cool. Montvert est à part". Décidément l'énigme brestalienne tire de l'ordinaire que ce soit en piste ou en pays. "Ici, on n'est pas trop cavaliers, on trie assez souvent à pied, comme les bergers. Montvert, il se trie tout seul. Une fois dans le char, un enfant pourrait l'encocarder. Sa pression monte dans le toril, il sait qu'il va courir", raconte fièrement le manadier.

"Montvert c'est la réussite de la stricte sélection que nous poursuivons, poursuit celui qui a débuté chez Janin et Fabre-Mailhan et qui a beaucoup appris aux côtés du gardian Jean Biesse. Nous n'avons pas beaucoup de têtes, c'est voulu. Nous connaissons nos possibilités financières, et notre seule passion est de faire naître des cocardiers pour la course camarguaise. Chaque lot de vaches attribué à tel ou tel étalon est élaboré suivant les qualités respectives de chacune et chacun. Quitte à n'avoir que quelques veaux dans l'année. La qualité est préférée à la 14f7d3c6e908e6cd13de2dac92d23f62.jpgquantité avec une recherche de taureaux cocardiers ayant  notamment de l'anticipation". C'est une des caractéristiques de la petite manade atypique où la sobriété frôle parfois l'austérité, qui peut se targuer au bout d'une petite vingtaine d'années d'avoir sept cocardiers connus et reconnus. Que l'on aime ou pas la saveur corsée des combats qu'ils proposent, il faut reconnaître que certains de ces redoutables adversaires ne se laissent pas aborder facilement, c'est le moins qu'on puisse dire. Ils suscitent la crainte des raseteurs, l'intérêt du public, la polémique parfois et ont apporté aux couleurs bleu, blanc, noir bien des satisfactions. Et parfois un peu d'amertume due au manque de reconnaissance. Mais les trois associés de la SCEA du Brestalou assument leurs décisions prises en commun après beaucoup de réflexion.

Quoi qu'il en soit l'élevage petit à petit se fait connaître et 2008 s'annonce correct pour la location des taureaux. La Royale sortira à Saint-Chaptes le 12 avril pour remercier  le club taurin de sa confiance depuis le départ et  "aussi pour se faire plaisir", Henri Gibert e998409c42292a7189bb91170a54a0e5.jpgne s'en cache pas il est très fier de proposer une course complète. Montvert démarrera à Arles le 16 mars. Quant à Veneur : "L'an dernier à Beaucaire, il m'a fait comprendre qu'il n'en voulait plus, aussi il ne fera qu'une course ou peut-être deux". Et puis, il y a la relève des 4-5 ans. Il ne sont encore que des numéros pour le grand public, mais les manadiers et le cercle restreint des très proches espèrent beaucoup de Zeus, Pharaon, Diamant, Désert ou Crespin… En revanche pas de trio pour le Trident d'Or : "J'en ai parlé avec Bernard Jimenez, nous n'avons pas de lot pour cette année. Participer pour faire rire, ce n'est pas dans nos habitudes, aussi nous nous abstiendrons en attendant l'année prochaine".

C'est comme ça au Brestalou : sélection draconnienne, suivi à la loupe de chaque tête de bétail, choix très sélectif des pistes et courses autant pour les cocardiers et les jeunes que pour les vaches, respect total des taureaux et passion incommensurable pour la course camarguaise. Quitte à rester un peu en marge, pour ne jamais se renier.

Martine ALIAGA 

Photos Luc PERO