27/11/2007

PORTRAIT

FRANCOIS MANCHON
LE ZEBULON DE LA GARDOUNENQUE

559af660682710e7472ac51a653db4f5.jpg

Depuis de nombreuses années, le bouillonnant danseur guide les pas de la peña de façon émérite.
9072a1560daef8187b0bdad6b917ab8e.jpgDire qu’il a commencé sa carrière de danseur de peña à quarante ans et suite à un pari, c’est François Manchon, ébéniste à la retraite domicilié à Castries qui se souvient : « J’étais à un mariage avec des collègues et on est venu me chercher pour la peña El Gallo. J’ai accepté et depuis je me régale ». Vingt et un ans après, à 61 ans, il orchestre toujours avec maestria les défilés de La Gardounenque. Il virevolte sur le sable des arènes tel un zébulon monté sur ressort pour le plus grand bonheur des aficionados : « La danse, c’est mon plaisir. Je suis d’origine espagnole, un pays où on a le sang chaud donc dès que j’entends la trompette je suis comme un serpent, je sors du sac et je saute partout ». Tournicoti-tournicoton, en piste c’est le manège enchanté, il gravite autour des musiciens et transmet son plaisir. Un régal des yeux que de le voir tourner, pivoter, tourbillonner, pirouetter puis s’immobiliser tel un torero défiant le taureau. Ses pas toniques et rythmés s’inspirent de son passage à l’école taurine de Nîmes. « J’aime la corrida et il y a longtemps, tous les samedi je m’entrainais à faire des passes. Nimeno était là aussi mais moi  je n’ai jamais réussi à être toréador.bd093393dea50ac4f69b9ddeb7cdd660.jpg J’ai néanmoins gardé des attitudes dont je me sers pour danser ». Inutile de préciser que François travaille sa condition physique : « Je n’ai pas de préparation particulière mais je fais attention à mon alimentation et je pratique assidument le footing ». Passionné jusqu’au moindre détail, il apporte un soin particulier à ses costumes hauts en couleur. Chapeau, cape et costumes sont flamboyants : « J’aime le blanc, le rouge, le noir et l’argent et sur ma cape j’ai apposé une devise avec ces couleurs. Elle est unique, c’est la mienne ». Danser, en ville, dans les arènes ou sur une scène il n’a jamais le trac : « Evoluer devant douze mille personnes pour la finale du Trophée des As à Arles est impressionnant mais dès que la musique retentit, je rentre dans mon univers et rien peut me perturber». Avec la peña de St-Etienne-du-Grès il s’entend très bien et le panachage du rouge et du vert donne un mélange intéressant mais comme ils n’ont pas de danseur, il officie pour les deux peñas et plaisante : « Une année je vais peut être me faire une veste à moitié rouge et moitié verte ». On l’aura compris, François est enthousiaste et son seul regret, ne pas voir d’autres vocations se dessiner : «Un jour, il faudra bien que je m’arrête mais le plus tard possible et si un jeune veut venir se former, je suis là». Histoire de créer une vocation et pourquoi pas une émulation...

Eric AUPHAN 

9c5f2c77352a74fcb256d3c80b3e24f0.jpg
711908cec33ea4c28462ffa55a2b9160.jpg
Photos Luc PERO