28/10/2008

LE CAILAR

TROIS CLUBS TAURINS
PER LA GLORI DI SENGLIÉ

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75 ans après sa mort (22 octobre 1933), l’emblématique cocardier de Fernand Granon réunit sur sa stèle ses fidèles. Inoubliable taureau dont trois clubs taurins portent le nom : Lou Sanglier du Cailar, Le Sanglier de Baillargues, Lou Senglié de Frontignan.
Lou Senglié3.jpgEt ce n’est pas la vilaine météo qui devait dissuader ces passionnés réunis devant le tombeau, positionné au rond-point d’entrée au Cailar, pour déposer une gerbe, déclamer un poème et se recueillir.
En tête les trois présidents des clubs taurins, Bernard Calatayud de Baillargues, Jean-François André de Frontignan et Frédéric Floutier du Cailar qui ont aussi accueilli sur place le manadier Jean Lafont, représentant la devise rouge et verte.
Trois clubs taurins pour perpétuer la gloire du Sanglier et entretenir le culte d’un taureau qui a marqué à jamais les esprits.
L'occasion d'évoquer l'histoire d'un taureau devenu une icône...



POUR LE SANGLIER LE PREMIER CARMEN FUT JOUÉ

Le 22 octobre 1933, la dépouille du Sanglier enveloppée dans une paire de draps neufs, tirée par le cheval Pompon, traversait Le Cailar pour être ensevelie à son entrée. Sur un passage de grande affluence, comme le voulait Fernand Granon, le manadier. Pour que Le Sanglier soit honoré du plus grand nombre. Tant sa carrière et sa vie avaient suscité transports de foule et inspiré les chroniqueurs. Car Le Sanglier n’était pas qu’un taureau… Non ! Il fut – il est encore – LE taureau, le Dieu taureau. Quelle est la part de légende et de réalité? Qu’importe! S’il fut sacré roi en ces années entre deux guerres, c’est qu’il touchait les cœurs, forçait l’admiration et engendrait fierté et joie.
L’histoire ou plutôt les histoires sur Le Sanglier sont multiples, dithyrambiques, romantiques, passionnées.
Sa naissance: trouvé par le gardian Chabalet, le 15 mai 1916, dans le bois des Rièges (en Camargue), près d’une portée de marcassins, d’où son nom. Sa carrière : une soixantaine de courses, des spectateurs exaltés par milliers; un raseteur, Julien Rey, qui trouve la gloire en affrontant ce terrible taureau. Son manadier: Fernand Granon, passionné par son taureau et fervent amateur de bel canto. Un jour particulièrement glorieux pour Le Sanglier, il lui fit jouer en piste un air d’opéra. C’était le fameux Air du toréador de l'opéra Carmen de Bizet qui rythme toujours les courses actuelles. Sa vie au Cailar: blessé en 1921 par un de ses congénères, Le Sanglier fut soigné dans la remise de la maison de Granon, il y restera jouissant d’un traitement de faveur de la part d’Anna, la maman de Fernand.
René Couderc, maréchal-ferrant au Cailar, tout comme son père, raconte: "Je suis un privilégié. J’étais enfant et mon père avait coutume d’aller chercher les chevaux à ferrer chez les propriétaires. Dans la remise des Granon, j’ai donc vu Le Sanglier manger dans le tablier d’Anna". Les jours de course, les cocardiers une fois triés, restaient dans la grange jusqu’à l’embarquement dans le char tiré par les chevaux. "Avec les autres enfants, se souvient René, on venait regarder et se faire peur. C’est que ce n’était pas simple. Et imaginez l’épopée quand ils allaient courir à Beaucaire. A 5 km à l’heure, il fallait la nuit".
La maison de Granon n’a pas beaucoup changé. La fille de Noellie qui a soigné Fernand jusqu’à sa mort, conserve le seden du manadier et les photos trônent en bonne place. Dans la remise de la maison aux volets verts, le tonneau d’avoine du Sanglier est là, les rateliers à fourrage et les auges accrochés aux pierres; la place de Pompon est délimitée. Dans la pénombre, le moindre bruit fait délicieusement tressaillir. L’esprit du Sanglier, sûrement! Tellement présent...

Martine ALIAGA
Photos Luc PERO

10/04/2008

MANADE NICOLLIN

Samedi dernier à la Tour d'Anglas

 

LE BAN ET L'ARRIERE BAN
POUR INAUGURER LES ARENES


820aec57098fd5b38c3ffa0495c54721.jpgUne invitation de Louis Nicollin ne se refuse pas. Que l'on soit bouvinaire, footeux, élu, décideur... Que l'on ait le coeur à droite, à gauche, en bandoulière, en rouge et vert... Loulou et Colette ont le don de recevoir et par amitié ou par curiosité, environ huit cents personnes se pressaient autour des nouvelles arènes avec vue sur la Tour d'Anglas. Rien n'a manqué à la fête : l'abrivado sur fond de prés du Cailar ; défilé des gardians et Arlésiennes ; pena de Saint-Etienne-du-Grès,  course de trois des Espoirs de la devise ; le Fri au micro ; apéritif dans la cour et repas à l'intérieur du mas complètement restauré. Bref de la belle ouvrage. A l'heure de l'apéro, Loulou  - qui sait très bien ce qu'il est et ce qu'il représente mais ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas - en quelques mots bien sentis,  a fait un rapide tour d'horizon. Remerciements aux différents maires ; quelques vannes à ses gardians et aux irréductibles rouge et vert ; une attention particulière à Colette, son épouse et à ses enfants ; une marque d'estime à Joffrey Barbeyrac et Jean-Pierre Durrieu ; un clin d'oeil à Jean Lafont, présent ; une mention spéciale à Virat "On est en tête pour le nombre de Bioù d'Or" et une pique à ceux qui le soupçonne de ne pas aimer ses taureaux "Quand j'ai été obligé d'abattre mes cocardiers à Saint-Gabriel, ça m'a fait de la peine même si certains pensent que je suis un manadier d'opérette..." En quelques minutes, Louis Nicollin tel qu'en lui-même, entre ironie et émotion ; entre réalisme et facétie. Reste que de Saint-Gabriel au Mas d'Anglas, Loulou achète, construit, agrandit, mais  aussi met en valeur, conserve dans le respect des lieux et des gens qui sont passés avant. Cela vaut bien le respect et un peu d'affection !

Martine ALIAGA
Photos Luc PERO
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