02/03/2007

Hubert et Christian Espelly, Guillierme de coeur

Dimanche 4 mars, Aimargues rend hommage à la célèbre manadière Fanfonne Guillierme. Après Jacques et Armand Espelly, l’élevage Guillierme est mené par Christian en attendant peut-être Hubert.
 
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«Je ne me serai peut-être pas autant impliqué dans la manade Guillierme si Hubert, mon fils, n’avait pas, dès son plus jeune âge, été intéressé par les taureaux», constate Christian Espelly, actuel propriétaire de la manade "Azur et or" après son père Jacques et son oncle Armand. De gardians à manadiers, le nom des Espelly est toujours le garant du fer Guillierme, conservant les qualités propres à la race. Flash back.
 
En 1938, Jacques intègre l’élevage, rejoint dès 1944 par son frère Armand et succède en 1949 au gardian René Chabaud. Les deux frères n’ont pas été "que" des gardians. Christian s’en souvient: «Fanfonne était plus que la patronne, elle nous considérait comme sa famille, nous avions avec elle des relations privilégiées». Très vite, Jacques prend sa part de responsabilité dans l’élevage surtout après 1956 où Guillierme se sépare de Grand. Alors la manade s’installe seule sur les terres des grandes cabanes du Vaccarès, de Signoret et du Cailar.

Les cocardiers les plus connus de l’époque ont pour nom Pimpan puis Galapian, qui conquiert le Bioù d’Or en 1968. Les années 70-80 vont être prolifiques avec Fangous, Tegel, Estepous, Desgressaïre, Vidourle, Lou Maï, etc. et déboucher sur l’apothéose de l’année 1983 où Segren, au palmarès déjà prodigieux, offre, à 12ans, son 2e Bioù d’Or à la manadière Fanfonne Guillierme. Après Segren, tué en 1984 par un de ses congénères, la notoriété de l’élevage est installée et de nombreux jeunes cocardiers perpétuent la marque: notamment Bezoucier (1987), Camisard, Lou Goï, Espigau… Plus près de nous L’Enclume, Candelo, Raouba Vesse, L’Oulivastre entretiennent la flamme.
 
medium_GUILLIERME_A_003.2.JPGChristian valorise par la sélection le côté «spectaculaire, un peu fou fou de la marque» et se base toujours sur les qualités des mères: «Je garde les plus exubérantes, les plus folles, celles qui ont le plus de sang… une branche Granon, une branche Baroncelli». Les Guillierme montrent de la vaillance mais parfois trop de facilité. "Petit à petit, ils apprennent à se battre. Mais c’est plus difficile au niveau des As, on peut dire que le dernier "gros client" a été Claudius (1990-95)" . Aujourd’hui, les fleurons de l’élevage portent toujours des noms aussi évocateurs, poétiques et certains affichent en plus la difficulté qui en font des combattants craints. Si Oufanous, par exemple, garde l’impétuosité emblématique des Guillierme, d’autres comme Lou Pounchu, MariPeù, Donovan, Aurochs… font planer le danger et réfléchir les hommes. Bons petits soldats pour la campagne 2007.
 
Quant à Hubert, à 18 ans cette année, il poursuit ses études avec, depuis longtemps, l’envie de devenir vétérinaire et, parallèlement, poursuivre à la manade le travail de ses... grand-père, grand-oncle, père. Hubert, bientôt le quatrième Espelly au cœur de l’élevage Guillierme?
 
Photos: Luc PERO