15/06/2008
LE GRAU-DU-ROI
Dimanche 15 juin
RIEN A JETER !
Les taureaux et les hommes à la hauteur du decorum
Superbe ! Réjouissant ! Rien à jeter, rien à changer du début à la fin de ce souvenir Olivier-Arnaud.
- La décoration des arènes aux riches couleurs Camarguaises: tissus Souleiado, oriflammes de Catherine Reynaud;
- le public au rendez-vous malgré le temps maussade;
- l'animation d'avant course: cavaliers et cavalières de Renaud Vinuesa, groupe folkloriques, fifres et galoubet de Marguerittes, demoiselles d'honneur de la Reine d'Arles;
- une capelado innovante: raseteurs et tourneurs portant des taïoles en tissu provençal, manadiers en piste
- sept taureaux - porteurs de devises Souleidado - aux qualités multiples, tous différents avec un casting performant où seuls Rodin 5e et Renoir 4e auraient pu interchanger leurs places, ce dernier réalisant une course "énormissime";
- dix raseteurs et cinq tourneurs (à droite Allouani, Villard, Matray, Toureau, Garcia; à gauche N. Benafitou, Clarion, Ouffe, Bouchet, Mebarek, tourneurs T. Garrido, Benzegh, Zerti, Becker, Duran) qui ont travaillé au mieux dans une entente constante; les plus en vue Allouani, Garcia, Matray, Villard, et à certains moments Bouchet, Ouffe, Clarion, Toureau.
Des couleurs à foison, de l'ambiance, de l'émotion, tout a contribué à réunir et à tenir en haleine aficionados et touristes. Bien sûr, on peut toujours chercher la petite bête mais de tels moments sont propices à laisser parler sa fe et à s'abandonner avec enthousiasme. Ne boudons pas notre plaisir !
Si le "Carmen" général attribué en fin de course est un acte quelquefois galvaudé, dimanche au Grau-du-Roi, Jacques Valentin, le bouillant président, l'a utilisé à bon escient.
Quelques gouttes sont tombées à partir du 3e taureau, mais mis en bouche par les deux premiers, les spectateurs, regard tendu vers le ciel, ont prié (si, si)... pourvu que ça passe ! Requête entendue.
Petit Lou (Chaballier).- Gère les hommes sans se laisser étouffer par de nombreux déplacements le long des planches. Saute par surprise sur T. Garrido en contrepiste (sans trop de mal). Incisif, il sélectionne les rasets avec un calme redoutable et conclut dangereusement à plusieurs reprises. 3 Carmen.
Il court, il court Farù de l'Aurore. C'est sa nature! Mais quand il poursuit c'est toujours dangereux et ça finit souvent au ras des planches. Plus engagé sur les droitiers dont Matray, Villard, Garcia qui frisent la correctionnelle. Rentre ses ficelles. 6 Carmen.
Forest de l'Argentière attend la faute d'un homme, d'un spectateur en contrepiste. Dès la trompette, il s'envoie sur T. Garrido, tape sur Allouani... A l'affût, méchant, il essaie même de "déquiller" les raseteurs pendus aux tubes. Ses défauts: pas de placement, pas envie d'être raseté. Mais du suspense. Un taureau à part...
Renoir de Cuillé sort comme une bombe avec une rage terrible, rugissant comme un fauve... si bien qu'on se demande s'il n'est pas blessé... Mais non et c'est parti pour 13 minutes époustouflantes où les envolées succèdent aux coups de barrière et autres énormes agressions. Bouchet, Garcia, Villard, Ouffe, Clarion, Allouani, Matray, Toureau sont tous bousculés, blackboulés, propulsés... Tout ça plus un placement impeccable. Bien sûr un récital de Carmen. Enorme!
Si l'expression "cul aux planches" nécessitait une image, ce serait la photo de Rodin des Baumelles. Un placement et des déplacements optimums, gérant l'espace au mieux, ses anticipations et poussées après l'homme sont de toute beauté et quand Sabri pose la main au frontal, un frisson d'aise parcourt le public. Même s'il n'aime pas les reprises, ni être trop "quiché" de près par les hommes, une belle course cocardière pour Rodin qui rentre ses ficelles. 3 Carmen.
Virevoltant, pétillant, voici Primadié de Siméon. Malgré quelques sauts intempestifs, sa volonté et ses envolées aux planches font plaisir à voir. Il casse du bois, se dresse après les hommes haut vers les gradins, avec une grosse vitesse d'exécution. Un quart d'heure "Champagne" où la fatigue de part et d'autre se fait sentir - on le serait à moins, mais les ficelles à la maison. 9 Carmen.
Pour bien terminer dans la foulée, le convalescent Bel Canto (Blatière-Bessac) offre un surplus réjouissant de huit minutes. Et presque autant d'actions aux barricades et de Carmen pour le bulldozer des Iscles qui "pique" le fessier de Garcia dans un "skud" explosif.
Martine ALIAGA
Photos Luc PERO
23:10 Publié dans TROPHEE DES AS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Grau-du-Roi, Trophée des As, Souvenir Olivier-Arnaud, Renoir


