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19/12/2007

LA SAGNE LE PETROLE CAMARGUAIS

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HISTOIRE DE LA SAGNE DE VAUVERT A AIGUES-MORTES

une récolte qui débute au XIIIème siècle

Les lointains ancêtres d'André récoltaient déjà la sagne. a8787387f31e899eda3a39624b93bd54.jpgLe 4 février 1302, Guigon de Roche, seigneur de l'époque, accorde aux "vrais habitants" le droit de cueillir les roseaux sur une partie de son marais. Ce privilège dure encore aujourd'hui, sur les parties communales de la roselière. Du Moyen Âge au début du XXème siècle, coupée verte en été et séchée sur place, la sagne assure la majeure partie des fourrages des ânes, mules et mulets. L'hiver, la coupe du roseau est rare : elle sert à recouvrir les cabanes de gardians et à fabriquer quelques "paillassons", des nattes de roseau destinées à protéger les cultures maraîchères.L'histoire de la Sagne continue... Après la seconde guerre mondiale, la récolte de la sagne prend une autre dimension. Les besoins alimentaires énormes dans toute l'Europe poussent les pays du Nord, la Hollande notamment, à assécher leurs marais pour gagner des terres arables.Ils sont alors en pénurie de roseaux, qu'ils utilisent pour couvrir les toits de     leurs maisons. Les négociants partent en quête de nouvelles sources d'approvisionnement et découvrent le roseau de Camargue, d'excellente qualité. A partir des années cinquante, le marché se développe tant que les sagneurs se convertissent en nombre à l'exploitation du roseau d'hiver. C'est le début d'une ère dorée pour les habitants de Vauvert et de Gallician.

eca2cc6778ceec10aca04d7ddd5f20de.jpg"La sagne c'est notre pétrole à nous", explique un sagneur. "Pas besoin de la planter, elle pousse toute seule. Il suffit de se baisser pour la ramasser."

"Le prix du paquet a longtemps suivi celui du Pastis", plaisante André. "Avec des records à 235 paquets par jour, les sagneurs gagnaient bien leur vie."

 

Mais revenons à la sagne, elle est récoltée en hiver par des professionnels, les sagneurs. Il en reste une poignée dans les étangs du Charnier (au nord d'Aigues-Mortes) et du Scamandre.D'une main habile, ils coupent les roseaux, les peignent et lorsqu'ils en ont une quantité suffisante pour former une botte, ils tassent les tiges et lient la botte avec du fer.
La récolte de la sagne est une tradition mais les évolutions techniques ont permis de mettre au point des machines pour ce travail éprouvant.Ces machines ne coupent pas les roseaux, elles les arrachent et détruisent par là-même le milieu et donc la faune qui s'y réfugiait.Les derniers sagneurs se sont regroupés en une association dont le but est de pourvoir la production traditionnelle de sagne. Leurs espoirs se fondent sur le retour à la mode des matières naturelles.Le goût de l'authentique revient, souhaitons-leur bonne chance.

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Photos Luc PERO