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13/10/2017

VAUVERT : DIMANCHE 15 OCTOBRE

Vendredi 13 octobre 2017 - Jubilé d'Hadrien Poujol

Raseter par passion 

ARLESRATIS.JPG

▲ Avec Ratis, des rencontres explosives.

Après 20 ans de piste, le raseteur revient
sur quelques-uns de ses meilleurs moments

"Je n’arrive plus à faire ce que je veux avec les taureaux, alors si c’est pour tricher.... C’est pas ça la course camarguaise !" Respect des taureaux, du public et de lui-même. Ainsi, dimanche, Hadrien Poujol mettra un terme à 20 ans de présence en piste dont 16 au plus haut niveau. Et un palmarès étoilé de multiples trophées qui le place dans les meilleurs raseteurs des deux dernières décennies : entre autres, 3 Cocarde d’Or (2003, 2004, 2012), Palme d’Or (2011), Trophée des Maraîchers (2003, 2004, 2005, 2006), quatre fois 2e au Trophée des As (2003, 2004, 2005, 2006), etc. Mais, plus que les premières places gagnées ou perdues, ce qui tient le plus au cœur du gaucher vauverdois, ce sont des rencontres particulières avec certains cocardiers pour une vision tauromachique et artistique de la pratique et une transmission au public.

Fournelet, Camarina et Ratis

« J’ai de grands souvenirs bien sûr de Cocarde d’Or parce qu’en 2003 à 20 ans je suis le plus jeune à la gagner et, celle de 2012, parce qu’il y a 9 ans entre les deux et que je revenais de blessure, Beaucaire, Châteaurenard, Lunel, Le Grau, Sommières... Mais ce sont des rasets ou des quarts d’heure hors-norme que j’ai vécus avec de grands taureaux qui restent dans ma mémoire ».

POUJOLFOURNELETRECADREPHCI.jpgUn taureau comme Fournelet de la manade Blanc par exemple. « Je l’ai raseté toute sa carrière, et déjà au Trident d’Or quand j’étais à l’Avenir (2001). Un cocardier aux enfermées redoutables. Je me souviens quand il avait accroché David Sabatier à la finale des As 2006 à Nîmes, je l’avais pris dans toute la longueur juste après... Un régal ! » (photo ci-contre)

Hadrien Poujol,Ratis,Camarina,Fournelet,course camarguaiseOu Camarina (Biòu d’Or 2005, 2007, 2008) de la manade Chauvet. « J’ai adoré le raseter, lui aussi, de 2001 à 2009, c’était un grand taureau. Il avait une préférence pour les gauchers, j’adaptais mon raset le citant de plus en plus près, pour de grosses actions aux planches. A Châteaurenard ou aux finales des As, 2006 ou 2008 quand il me saute dessus...Cela créait du spectacle et le public participait...».

Egalement de grands moments ancrés dans le cœur et dans la chair avec : « Michou qui m’a mis une de ces roustes ! ; le très grand Tristan de Saumade, Andalou d’Espelly-Blanc, Rodin des Baumelles, Virat de Nicollin... Garlan des Baumelles, une fois, à Châto, je lui avais levé tous ses rubans... Il m’avait mis un bon coup dans l’avant-bras. Titouan de Cuillé m’a fracturé le péroné à Mouriès en 2007 ; Saint-Rémois de Fabre-Mailhan, grand barricadier avec un cœur énorme... Sans parler d’Ulysse de Rouquette qui, en septembre 2012 m’a infligé deux sacrés coups de corne. Et aussi Blaise de Fabre-Mailhan, un quart d’heure énorme à Sommières, j’étais sur un nuage, je n’arrivais pas à partir des arènes, un grand moment de tauromachie ».

Et puis il y eut Ratis de la manade Raynaud. « La première fois que je l’ai raseté c’était à Aimargues, où devant le manque d’hommes en piste, on m’a demandé de m’habiller. Avec mes trois collègues du jour, la course a pris de l’ampleur et Ratis a été énorme. J’ai eu des échanges particuliers avec lui, c’était un taureau qui transmettait beaucoup, et puis c’est la famille Raynaud, une histoire. J’ai des images dans la tête au Grau-du-Roi, ou à Lunel en 2012...»

Et toujours cette envie de duos créant l’émotion pour parfaire le spectacle et enflammer le public. Raseteur de caractère affichant, en piste, sa volonté de marquer l’histoire, l’orgueil indispensable pour truster les premières places, l’envie de prendre les spectateurs à témoin et les qualités pour faire briller les cocardiers.

Une relation particulière avec le public

« C’est curieux cette relation que j’ai eue avec le public. A un moment, les gens ne me passaient pas grand-chose, j’ai eu de grosses bronca pour de mauvais rasets, mais l’action suivante je savais allonger la trajectoire pour me faire applaudir. En fait, j’ai eu une grande cote d’amour, ils m’ont beaucoup pardonné ». Et beaucoup soutenu. Depuis ses débuts, Hadrien bénéficie de l’aide inconditionnelle de son club de supporter qui organise d’ailleurs son jubilé, ce dimanche. Une journée où les taureaux camarguais côtoieront les cousins espagnols et où les tauromachies s’offriront en spectacle. Hadrien Poujol assume « J’aime toutes les tauromachies, j’ai fait de belles rencontres durant ma carrière et je voulais pour mes derniers rasets réunir mes amis, camarguais, landais, espagnol...» Faire venir de nombreux spectateurs dans la grande arène vauverdoise, encore un défi... Mais l’homme a de l’envergure et si la tenue blanche restera désormais dans les placards, à 34 ans, une autre page de sa vie s’ouvre. Et n’en doutons pas, elle sera aussi riche que sa grande carrière. Suerte maestro !

MARTINE ALIAGA
PHOTOS CHRISTIAN ITIER

AU PROGRAMME

Rencontre des tauromachies

hadrien poujol,ratis,camarina,fournelet,course camarguaiseA l’image originale de l’affiche de la journée réalisée par l’artiste Goro, Hadrien Poujol annonce quelques nouveautés notamment musicales durant l’après-midi pour un spectacle complet. 11 h, festival d’abrivado. 15 h, capelado orchestrée par Patrice Blanc, Renaud Vinuesa, groupes folkloriques, en présence de cinq Reine d’Arles. 15 h 15, Cocarde d’Or des anciens raseteurs. Un toro pour l’écarteur landais Batiste Bordes. Un toro en tienta de macho pour Sébastien Castella, Mehdi Savali et Jérémy Banti. Un toro pour les sauteurs landais Vergonzeanne. Course camarguaise avec Bayard de Nicollin, Courrejau de Blatière-Bessac, Scipion de Saumade, Artalet de Laurent. Nombreux raseteurs en alternance. Festival de bandido. Animation par La Gardounenque.

Réservations : générales 10 €, numérotées 15€, gratuit moins de 15 ans. Tél. 06 09 10 41 40 et bar des Halles à Vauvert. Le jour même guichets ouverts à partir de 10 h. Ouverture des arènes à 13 h 30. Restauration : réservation auprès de Lilou, tél. 06 30 46 52 89 ou au bar des Halles.

Tous les participants, les raseteurs, anciens raseteurs, doivent se présenter à 14 h, à la porte derrière les arènes.