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03/07/2018

ARLES *86e Cocarde d'Or*

Course du lundi 2 juillet 2018

Une Cocarde d'Or comme on les aime
Jérémy Ciacchini
entre dans l'histoire

Encore une fois les émotions ont été fortes. Encore une fois les raseteurs impliqués ont donné jusqu’à la limite. C’était pas gagné, au vu de la morosité ambiante après un dimanche sans passion en piste, les rues d’Arles bien tranquilles en matinée...Et puis, petit à petit, les afeciouna ont pris le chemin des arènes. Pas un record d’entrée, certes mais un nombre conséquent de spectateurs.

La capelado charmait l’assemblée de ses belles images colorées avec les chevaux lourds pour un repiquage à l’ancienne, Renaud Vinuesa et les gardians, les juments et poulains, le ballet des Arlésiennes, gens en costume et une nourride de petits puis la Reine d’Arles et ses demoiselles d’honneur en selle...

Des moments paisibles et joyeux avant que la trompette libère une quarantaine d’hommes sous un cagnard de plomb. La nuée s’abattait alors sur Cortex des Baumelles, Marcia de Fabre-Mailhan et Vallespir de Blatière-Bessac dans un désordre attendu et total où, après quelques minutes de combat, les noirs jouant des cornes, tentaient plus ou moins de contenir les assaillants entre quelques embardées aux planches et beaucoup de hochements de tête. Entracte, Zekraoui, 8 ; Ciacchini, 4 ; Cadenas, 3. Chacun garde ses chances.

A la reprise, avec Muscadet, le duel Ciacchini, Zekraoui se précise mais Cadenas n’abdique pas. Liber de Saumade avec ses déplacements tire son épingle du jeu et les cadors s’exposent.

Monro de Bon sort avec du pétard et un arsenal de coups aux planches. Alors la folie s’empare des hommes, les trois (Ciacchini, Zekraoui, Cadenas) dans les cornes jouent leur va-tout, Zekraoui passe sous les pattes, les corps à cornes sont intenses. Ciachini fait les deux glands et s’impose d’un petit point devant Zekraoui.

Voilà Jérémy Ciacchini le vainqueur de la 86e Cocarde d’Or. La bataille a été rude et belle. Monro, lui, garde ses ficelles et sa combativité lui fait remporter le prix du meilleur taureau. C’est mérité !

La Cocarde d'Or 2018 a tenu ses promesses, Jérémy Ciacchini fait un beau vainqueur, ses adversaires ont été à la hauteur. Bravo !

MARTINE ALIAGA
Photos CHRISTIAN ITIER (cet aprem)

Trophée des As : Ciacchini, 22,5 ; Zekraoui, 21 ; Cadenas, 10, 5 ; Auzolle, 6 ; Katif, Ouffe, Michelier, J. Martin, 3.

Trophée Honneur : Arlarcon, 6

Trophée de l’Avenir : F. Garcia, El Mahboub, 3

Cocarde d'Or : Jérémy Ciacchini, 13 points ; Youssef Zekraoui, 12 ; Joachim Cadenas, 7.

Meilleur Arlésien : Loïc Alarcon.
Meilleur cocardier (prix Charles Farine) : Monro de Bon
Meilleur animateur (prix Luc-Jalabert) : Jérôme Martin
Coup de coeur des arènes à l'ancien raseteur Roger Pascal.

Taureau par taureau

C’est le patrimoine local et la riziculture qui introduit cette 86e Cocarde d’Or avec une magnifique capelado. Les gardians s’articulent autour des très nombreuses arlésiennes, enfants et hommes présents qui, avec la pena, commencent à créer l’ambiance. La Reine d’Arles et ses Demoiselles d’Honneur apparaissent à cheval avant que 46 tenues blanches défilent bien décidées à faire leur place en ce jour particulier. Et la compétition fut, pour à la clé, un titre, une histoire. A la fin de la première partie, Jérémy Ciacchini s’est déjà fait remarqué en se détachant tout comme Youssef Zekraoui. Mais c’est la seconde partie qui va les départager à un seul point, tant ils se battent pour les attributs. A leurs côtés, Joachim Cadenas fait une entrée timide mais persiste. Jérôme Martin se démène, prend des risques, manque de chance mais soulève le prix du meilleur animateur. Les taureaux quand à eux ont tenu leur rôle et ont bien servi : Cortex fait face et encaisse sa place de premier, Marcias se défend très bien et Vallespir s’engage. Après l’entracte, Muscadet crée la pagaille, Liber se donne à cœur, Monro départage avec bravoure et ramène le prix au Mas de Peint tandis que Sauvage tient le large, en dernier peu secoué.

CORTEX (Les Baumelles).- Le top départ est donné et il ouvre la compétition armé de sa redoutable corne gauche. D’un coup de tête appuyé, se dégage comme il peut et garde son gland 9 minutes avant que le jeune Florentin Garcia ne s’en empare. Vient cogner le rouge des cornes et change déterminé de terrain avant qu’Ouffe ne se jette sous le marchepied. Epuisé, subit un peu sur la fin mais rentre fortement applaudi en musique, avec ses ficelles.

MARCIAS (Fabre-Mailhan).- Lui aussi ne lésine pas sur la violence du coup de tête. Combattant, donne la réponse et passe la tête sur Zekraoui, Auzolle et Cadenas. Change d’espace et conserve son gland jusqu’à la 6ème. Se sent plutôt bien devant le toril et y fait sa place aux ficelles tout en se permettant de belles poursuites. Mène une défense très honorable mais s’avère privé de Carmen, ce qui réveille la colère de l’amphithéâtre. En entend deux au fil de sa course d’où il préserve les ficelles.

VALLESPIR (Blatière-Bessac).- Il en veut le pensionnaire des Iscles et fait face à la tornade blanche avec caractère. S’exprime en finitions à plusieurs reprises, frappe sur Cadenas et Zekraoui qui va chercher son 2nd gland et sa 1ère ficelle. Les ardeurs se calment pour sa seconde, il la garde sur les cornes et réintègre le toril en musique déjà entendue 3 fois.

MUSCADET (Chauvet).- Une première frayeur pour Martin se poursuit avec Ciacchini qui reste au sol, sans mal. Se soulève après Zekraoui et entend le disque. Donne des à-coups de ses longues cornes mais, piégé au milieu, s’impose dangereux par ses fusées soudaines dans le tas, se dégageant de la pression. 1 Carmen, les ficelles au toril.

LIBER (Saumade).- Mobile, fait à sa manière et longe le tour de piste. Une fois posé, vient jusqu’au bout et se montre vaillant. Attentif, s’investit dans la guerre, part en vadrouille de l’autre côté et continue sans rien lâcher. Rentre l’ultime tour de sa seconde ficelle sous les applaudissements nourris du public. 2 Carmen et rentrée.

MONRO (Bon).- En force tranquille, promène faisant mine de sauter et sans se laisser bousculer. S’envoie dans les planches à deux fois avec Cadenas. Il est plongé dans le bain quand la bagarre Ciacchini/Zekraoui reprend et réveille la compétition, montrant une vaillance réfléchie et des actions aux bois. Zekraoui insiste et s’effondre, passant dessous. Sa 1ère ficelle atteint 3000€ mai il retourne au toril avec elle quand Ciacchini célèbre sa victoire. 8 Carmen et rentrée.

SAUVAGE (Lautier, hp).- Sans ex-æquo, les rasets sont plus fluides et Sauvage se révèle avec plus d’aisance. Offre des coups de barrière sur Miralles, Chig et Auzolle et demeure aux aguets. Les poursuites vives sont ponctuées sèchement aux planches. 3 Carmen et rentrée avec ses ficelles.

 

ANGELIQUE

Les réactions

 

Jérémy Ciacchini, vainqueur 86e Cocarde d'Or

"Cette 1ère victoire me fait vraiment plaisir. L'année dernière je finis 3ème avec une blessure à la cuisse. Aujourd'hui je me suis battu, je n'ai rien lâché jusqu'au dernier taureau. J'étais épuisé mais cette victoire fait vraiment plaisir. Youssef a bien raseté, il a été adroit, ça s'est joué à un point, ça s'est joué à rien jusqu'au dernier taureau. L'année dernière ça s'est joué à 2 points du premier. Cette année je n'ai rien lâché et je suis récompensé."

Youssef Zekraoui, 2e

"Une course vraiment bien. J'ai essayé de ne pas penser à mon coup de corne d'hier malgré les points. C'est plus mon pied gauche avec la rupture du tendon qui m'a fait souffrir vu que c'est mon pied d'appui. Je reprenais hier, physiquement c'est dur après un mois d'arrêt mais j'ai la rage, c'est ce qui me fait avancer."

Joachim  Cadenas, 3e

"Un grand manque de compétition, le temps de me réadapter aux taureaux et ça reviendra. C'était dur physiquement, je me suis fait mal à l'entorse et au tibia mais bon c'est le jeu et Jérémy mérite sa cocarde d'or. Elle a été plus qu'honorable pour lui."

 

Frédéric Bon, manadier pour Monro, prix du meilleur taureau

"Je suis content. La Cocarde d'Or fait partie des compétitions mythiques de la course camarguaise et encore plus pour un Arlésien comme moi. C'est une grande fierté comme pour le prix de la finale, de gagner dans ses arènes, dans sa ville. Une fierté pour moi, pour mon père qui est là-haut, pour les gens qui m'entourent et qui travaillent avec moi au quotidien. Je pense qu'on a vu une belle Cocarde d'Or avec une belle bagarre d'hommes comme on l'espère à chaque édition. La victoire de Jérémy est méritée. Quand on met un taureau ici, c'est un pari : ou ça marche ou ça marche pas, là en l'occurrence je pense que le taureau s'est bien débrouillé."

 

Medhi Ait Idir, bayle gardian manade Bon

"Ça représente une grande fierté pour la manade Jacques Bon et même si ce n'est pas moi qui l'ai fait naître, pour mon amour propre et celui de la manade, on est très content. Monro a tiré son épingle du jeu,ce n'était pas gagné d'avance car il était beaucoup effrayé en début de course. Il a fini par se caler et faire ce qu'il sait faire ; il a fait des enfermées, il est allé jusqu'au bout comme il a l'habitude de faire et a confirmé ses qualités."

 

Naïs Lesbros, 23e Reine d'Arles

"C'était une belle Cocarde d'Or avec une capelado magnifique et je tiens à remercier Céline et Jean-Luc pour leur investissement. Une course intense qui se joue au coude à coude jusqu'au dernier. Félicitations à Youssef qui s'est battu, à Joachim qui a bien travaillé malgré son retour de blessure, à Jérôme Martin pour le prix du meilleur animateur et bien sûr à Jérémy, pour lequel je suis très heureuse puisque c'est également un ami dans la vie mais mon devoir de réserve ne me permet pas de m'exprimer plus sur le sujet."

Propos recueillis
par STEPHANIE GAUD

 

03/08/2013

SOMMIERES *AVENIR*

Samedi 3 août 2013 - Complète de la manade Bon

Trencardel, Monro... et Katif

Entrée : 3/4 d’arène. Organisateur : CT Lou Carmen. Président : Marc Moucadel. Raseteurs droitiers : Belgourari, Katif, Miralles.  Gauchers : N. Benafitou, Clarion. Tourneurs : Estève, Galibert, Becker.

Cinq raseteurs au travail régulier dont Ziko Katif est la locomotive, et des cocardiers de Bon qui donnent du jeu, voilà une course satisfaisante à tous points de vue. Et si Trencardel et Monro font monter l’ambiance, Ziko Katif remporte tous les suffrages.

Richelieu.- Tient bien sa position et il faut le rentrer pour qu’il déclenche. N. Benafitou, sur un départ hasardeux, traverse la piste et se trouve bombardé à l’arrivée. Mais Richelieu se fait raide. « Allez viens ! » lui crie Katif devant son mutisme. Un long quart d’heure. Garde une ficelle.

Montilien.- Placé, raccompagne de bon cœur. Franc, il choisit le côté présidence comme terrain à défendre où il revient toujours. Brave mais réactif, de belles ripostes, des conclusions et malgré l’assiduité des blancs rentre ses nombreux tours. 5 Carmen et retour.

Trencardel.- Bien calé, il sort puissamment pour des séries de belle facture. S’évade en brisant les planches et enchaîne longuement sous les applaudissements. S’engage sur Belgourari (3 fois), conclut et bascule (Katif, Clarion), se livre avec bonheur, anticipe Katif, frôle Belgourari et s’envoie après Miralles. Un taureau brave avec un “B” majuscule. 10 Carmen et retour avec une ficelle.

Monro.- Mobile et dissipé mais finisseur, après Katif, Miralles, Belgourari à de multiples reprises. A Katif à la cocarde, à la 8e, au terme d’une action aboutie. Cornes pointées, tous les cites sont honorés. Sur l’invite de Katif, la réaction est tonitruante. S’assagit aux ficelles, mais reste performant sous les belles solliciations de Katif et Belgourari. Les ficelles rentrent. 6 Carmen et retour.

Texas.- Un jeune furax qui suit et tape de bon cœur à l’occasion. Ziko fait un festival. Texas met du brio dans les enchaînements et le placement vient petit à petit. Avec N. Benafitou, à chaque raset c’est bingo aux planches, tape fort après Katif. 11 minutes a mas. 5 Carmen et retour.

Vegas.- Offre son frontal pour les pompons. Un coup de canon haut après Belgourari, des évasions répétées, de la mobilité, une série bien menée... Et en 2 minutes les ficelles partent. 11 minutes au total, 2 Carmen et retour.

Prieur (hp).- Du haut de ses 5 ans, montre son envie. Leste, se balance en force après Belgourari, bascule après Clarion, passe à travers les planches à la poursuite de Katif qui écourte le débat avec les deux ficelles. 7 minutes. 3 Carmen et retour.

MARTINE ALIAGA
PHOTOS CHRISTIAN ITIER 

Trophée de l’Avenir : Katif, 22 points ; Belgourari, 15.