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16/04/2015

MANADE NICOLLIN

Vendredi 17 avril 2015 - Nicollin - Saint-Gabriel

Un seul nom pour deux élevages

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 En juin 2014, lors de l'inauguration de la statue de Virat, au Mas d'Anglas

Les taureaux de Nicollin (canal historique, ex-Lafont) et les Saint-Gabriel ne font désormais plus qu’un. Louis Nicollin, propriétaire des deux manades, a décidé de les réunir sous son seul nom, le sien.

Acquéreur en 1997 de l’élevage “rouge et vert” de Jean Lafont, le patron du football montpelliérain, a laissé du temps au temps. Notamment en conservant in extenso les cadres et les méthodes de sélection issues des Granon et Lafont et en valorisant l’héritage de l’historique manade (bâtiments, musée...). Jusqu’à statufier, en 2014, Virat de son vivant. Virat né Lafont et couronné Nicollin. Le majestueux monument représentant le Biòu d’Or (2002 et 2004) surplombant les terres du Mas d’Anglas tandis que son modèle passe une belle retraite dans les prés alentours.

Une race historique donc - cette branche royale des taureaux camarguais est référencée à partir de 1850 sous le nom de Boissier - mais dont les jeunes éléments ont du mal actuellement à confirmer au plus haut niveau les qualités indéniables. Après avoir donné à la course camarguaise tant de cocardiers remarquables auréolés de 12 titres de Biòu d’Or (8 taureaux), entre 1956 et 2004.

En “rouge et vert” de Cosaque à Virat
12 titres de Biòu d’Or

Du Cailar à Marsillargues, il n’y a pas des centaines de kilomètres. Et c’est là que l’ex-Lyonnais et son épouse marsillarguoise installaient leurs pénates en 1987, en créant la manade Saint-Gabriel. Le nouveau manadier pouvait ainsi afficher sa passion des taureaux et des chevaux camarguais. C’est avec Duché, repéré au mercato (possible à cette époque) et Intrépide, Biòu de l’Avenir 2000, que la devise “noir, blanc rouge”, acquiert ses premières lettres de noblesse, confortées par Palun, Balzac, etc. Problèmes sanitaires obligent, la manade repart à zéro en 2006, mais, aujourd’hui, croque à nouveau les fruits de la réussite.

Ce week-end, un seul nom sera donc à l’affiche. Samedi, à Saint-Laurent-d’Aigouze, pour le Printemps des Royales, et à Pérols, dimanche, pour la première sortie de la Royale des Nicollin réunis. L’occasion, vers 15 h 45, d’un hommage avec les gardians des deux élevages et les Arlésiennes.

Une nouvelle page s’ouvre en 2015 avec des noms à retenir : Sylvérado, Juvénal, Platon, Sugar, Tzigane, Sultan, Ténor et bien sûr... Nicollin.

MARTINE ALIAGA

* Samedi, 16 h, 9 €, Trophée de l’Avenir, Printemps des Royales des Nicollin, à Saint-Laurent-d’Aigouze. Réservations : tél. 04 66 88 12 35.

* Dimanche, 16 h, (15 h 45, hommage), 11 €, Trophée des As, à Pérols, Royale de Nicollin. A partir de 10h, vide grenier dans la salle près des arènes.

28/10/2014

LES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER *LIGUE*

Mercredi 22 octobre 2014 - Finale des courses d'étalons Marcel-Mailhan

Le N.031 de Saint-Gabriel...
le plus tau !

L’ensemble a manqué de gnacque tant pour le bétail que pour les stagiaires raseteurs dans cette finale des courses de tau Marcel-Mailhan (Course de Ligue). Mais le but est atteint pour les organisateurs, à savoir le Parc Naturel régional de Camargue, adossé au Comité d’organisation des fêtes saintoises. A savoir passer en revue les élevages camarguais (48 pour cette année), promouvoir la Raço di biòu et en trouver l’écho favorable auprès du public. Banco ! La finale payante a fait le plein de spectateurs après six courses gratuites et non moins suivies. Au final, une belle journée festive avec les abrivado et bandido dans les rues des Saintes bien animées par les nombreux afeciouna.
A l’issue de la course, le “podium” colle à la réalité : le N.031 de la manade Saint-Gabriel (2e dans l’ordre de sortie) a fait impression par son physique avantageux, et son comportement fou fou à sa sortie, puis vaillant, puis concluant brillamment, souvent après Charrade.
Le N.023 du Levant (4e), se fait remarquer par ses accélérations et ses enchaînements pris avec beaucoup de cœur. Il obtient le 2e prix de la finale.
Le N.030 de Lautier (6e) s’octroie la 3e place par la vitesse qu’il met dans ses interventions. Et même s’il s’évade allégrement, les enchaînements l’intéressent où il appuie davantage sur les gauchers. 
Pour les autres biòu, leur statut d’étalon - et leur âge, 3 ou 4 ans) - leur procure un caractère fluctuant et certains très prometteurs à la première course, se sont avérés en dessous. Normal !
Le N.001 du Rhône (1er) n’a pas montré beaucoup de conviction. Le N.121 de l’Aurore est resté plan plan à la mesure des raseteurs. Le N.059 de Lagarde, bien positionné, ne laisse rien sans réponse au début, puis se disperse, prend quelques séries. Le N.114 de Saint-Antoine (7e) est vaillant quand les hommes y mettent du leur, puis s’éternise en contre-piste. Le N.134 de Blanc (8e) fort d’un physique avantageux, mais peu attaqué, n’a pas beaucoup d’occasions de monter son caractère. Il collabore pourtant mais en baclant la sortie du raset. 
Côté raseteurs, le trio Martin, Charrade, Robert fait le podium, l’ensemble a manqué toutefois de persuasion.
 
MARTINE ALIAGA
Photos CHRISTIAN ITIER
 
L’ensemble des prix seront remis lors d’une prochaine soirée, en novembre, au Relais culturel des Saintes-Maries-de-la-Mer
prix
 
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23e courses de tau Marcel-Mailhan
 
Les prix sur les 6 courses : le N.134 de la manade Blanc, meilleur des 3 ans ; le N.059 de la manade Lagarde, meilleur des 4 ans. Prix de la beauté : des 3 ans, le N.173 de Raynaud ; des 4 ans, le N.095 d’Agu. Raseteurs stagiaires FFCC : Vincent Marignan, Geoffrey Robert, Marvin Méric.
A la finale : 1er, le N.031 de la manade Saint-Gabriel ; 2e. N.023 du Levant ; 3e. N.030 de Lautier. Raseteurs : François Martin, Antoine Charrade, Geoffrey Robert.
La course : mercredi 22 octobre, entrée : le plein. Org. : PNRC et comité des fêtes saintoises. Président : Bruno Pascal. Raseteurs : Charrade, sort au 5e remplacé par Magnetto, Martin, Marignan, Méric, Bernard, Robert, Vacaresse, Rodriguez. Tourneurs : Sagnier, Arnel.
 
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10/04/2008

MANADE NICOLLIN

Samedi dernier à la Tour d'Anglas

 

LE BAN ET L'ARRIERE BAN
POUR INAUGURER LES ARENES


820aec57098fd5b38c3ffa0495c54721.jpgUne invitation de Louis Nicollin ne se refuse pas. Que l'on soit bouvinaire, footeux, élu, décideur... Que l'on ait le coeur à droite, à gauche, en bandoulière, en rouge et vert... Loulou et Colette ont le don de recevoir et par amitié ou par curiosité, environ huit cents personnes se pressaient autour des nouvelles arènes avec vue sur la Tour d'Anglas. Rien n'a manqué à la fête : l'abrivado sur fond de prés du Cailar ; défilé des gardians et Arlésiennes ; pena de Saint-Etienne-du-Grès,  course de trois des Espoirs de la devise ; le Fri au micro ; apéritif dans la cour et repas à l'intérieur du mas complètement restauré. Bref de la belle ouvrage. A l'heure de l'apéro, Loulou  - qui sait très bien ce qu'il est et ce qu'il représente mais ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas - en quelques mots bien sentis,  a fait un rapide tour d'horizon. Remerciements aux différents maires ; quelques vannes à ses gardians et aux irréductibles rouge et vert ; une attention particulière à Colette, son épouse et à ses enfants ; une marque d'estime à Joffrey Barbeyrac et Jean-Pierre Durrieu ; un clin d'oeil à Jean Lafont, présent ; une mention spéciale à Virat "On est en tête pour le nombre de Bioù d'Or" et une pique à ceux qui le soupçonne de ne pas aimer ses taureaux "Quand j'ai été obligé d'abattre mes cocardiers à Saint-Gabriel, ça m'a fait de la peine même si certains pensent que je suis un manadier d'opérette..." En quelques minutes, Louis Nicollin tel qu'en lui-même, entre ironie et émotion ; entre réalisme et facétie. Reste que de Saint-Gabriel au Mas d'Anglas, Loulou achète, construit, agrandit, mais  aussi met en valeur, conserve dans le respect des lieux et des gens qui sont passés avant. Cela vaut bien le respect et un peu d'affection !

Martine ALIAGA
Photos Luc PERO
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24/06/2007

Manade Saint-Gabriel

Après l'abattage de la manade pour cause de tuberculose, Louis Nicollin parle d'avenir

SAINT-GABRIEL N'EST PAS MORT !

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Sur son bureau trône le Bioù d'Or de Virat. Au mur, les garrots portés par son taureau préféré lors des finales du Trophée des As. Louis Nicollin est affecté par l'abattage de la manade Saint-Gabriel mais le battant qu'il est s'enthousiasme toujours pour l'avenir. Si dans ses silences l'émotion est palpable, ses meilleurs mots parlent au futur. Conversation avec ce manadier atypique pour quelques coups de barrière ciblés. Un homme à qui "on ne la fait pas" et dont la perspicacité et l'instinct sont toujours en éveil.

Jusqu’au bout vous vous êtes battu pour sauver de l’abattage la manade Saint-Gabriel touchée par la tuberculose, comment avez-vous vécu cette période?
De les avoir vus partir, ça m'a rendu triste (…). Je pense à ceux qui s’occupent tous les jours des taureaux – comme Luc Lopez (mon gardian) qui est là depuis la création de la manade. C’est terrible. Je souhaite de tout mon cœur que ça n’arrive pas aux vrais manadiers, à ceux qui ne vivent que de ça, C’est terrible… Mais puisqu’on ne peut pas discuter, on ne discute pas…

medium_Nico_6.jpgVous aviez proposé de servir de laboratoire (manade test) de lutte contre la tuberculose. Cela a été refusé. Que s’est-il passé?
Les services vétérinaires, c’est l’Etat, on ne peut pas discuter. On a essayé de sauver la manade. On a eu affaire à des comiques, à des gens qui nous ont promis qu’ils nous sauveraient. Sauf le président de la Fédération française. Henri Itier, c’est le seul qui s’est battu comme une bête! Derrière ça suit pas! Le reste, c’est tous des clowns. Je parle des gens qui t’encouragent, qui te disent ceci, cela. C’est du pipeau. Il y a des gens dans la bouvine qui se prennent au sérieux alors qu’ils ne sont rien! Mais c’est pas grave! La seule chose qui est grave c’est que s’ils nous ont fait tuer, nous… peut-être qu’un jour il n’y aura plus de taureaux camargue. C’est là qu’ils n’ont pas compris.

Avez-vous été surpris par le pourcentage de bêtes atteintes par la tuberculose (plus de 10%)?
Oui, mais je ne suis pas vétérinaire. Saint-Gabriel a été bloqué une seule fois, en 2000, depuis en faisant tuer 60 ou 70 vaches par an, on n’avait jamais eu de problème. Jusqu’à octobre 2006. C’est surprenant!


Les terres doivent-elles être traitées? Pendant combien de temps?
Il faut respecter un vide sanitaire de trois mois. A Saint-Gabriel même, on n’a plus de taureaux depuis plusieurs mois, ils étaient à La Palus. Ils y sont restés jusqu’au bout, début juin.


Quels taureaux resteront dans votre souvenir?
On n’avait pas mis trop de temps à se faire depuis le démarrage en 1987. Il y a eu Intrépide (Bioù de l’Avenir en 2000), Palun, Gigi, Duché (le fameux Ronaldo), qui nous a lancés, Balzac… et les jeunes qui promettaient El Dorado, Enzo, etc. Et il ne faut pas oublier Frégate, la Cocardière d’Or 2006!medium_Nico_5.jpg


Quel avenir pour l’élevage Saint-Gabriel?
L’avenir? On va acheter des taureaux, on va continuer. J’ai vécu sans taureaux une partie de ma vie, mais j’aime bien ces bêtes… et j’aime aussi les chevaux tout blancs. Il y aura toujours des taureaux à Saint-Gabriel. J’ai une autre manade. On peut faire une transfusion. J’ai promis à M.Lafont que je ne vendrais jamais rien de cette manade. Et elle est restée comme elle est depuis. Mais Nicollin-Saint-Gabriel, c’est le même patron, alors au moins on sauvera des bêtes de l’abattoir. Et puis dans les autres manadiers, il y a toujours des amis, heureusement! Y a en qui vont me vendre des bêtes. Des vaches. Dans le style et le caractère de Saint-Gabriel (NDLR: origines Laurent, Rouquette, Cuillé). Le dernier qui possède ce sang-là (Baroncelli), c’est Cuillé. Alors!


La Royale de Nicollin avec Virat sort dimanche à Sommières, serez-vous dans les gradins?
Ça me fait énormément plaisir. Virat, il est pas encore tocard. Peut-être je serai à Sommières, mais surtout j’irai à Beaucaire, pour la Palme d’Or. J’aime Beaucaire. Et puis Virat, c’est sa piste. En plus il sort le même jour que Mathis, ça va être une belle course. Virat, il peut encore créer la surprise…. mais dans trois ou quatre ans, c’est peut-être pour Saint-Gabriel que j’irai chercher un autre Bioù d’Or.

Propos recueillis par Martine ALIAGA
Photos Luc PERO

NOTE : Louis Nicollin est propriétaire de deux manades : la manade "historique" Lafont qu'il a achetée en 1997 et la manade qu'il a créée Saint-Gabriel en 1987. 

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EN APARTE

- Au sujet du Trident d'Or.

Louis Nicollin à Joffrey Barbeyrac:  "Quand va-t on gagner la Gambardella avec Nicollin?". Je me souviens qu'une fois on était allé jusqu'en finale face  à Guillierme. On s'était fait un peu "enfler" mais bah c'était l'anniversaire de Guillierme.
Et cette année ? 

Joffrey : "On a passé le premier tour avec 191 points. On tombe contre Les Baumelles, le 21juillet à Cabannes".

- Au sujet de l'achat de taureaux "prêts à courir".

L. N. : "On va surtout acheter des vaches. Les cocardiers ? Un qui m'intéresserait n'est pas à vendre, c'est Mathis (rires).  Mais celui qui me plaît le plus, même maintenant c'est Camarina. Le jour où il est sorti au Grau-du-Roi, en 2004, (en même temps que Virat), il m'a fait b....."

- Au sujet des travaux au Mas d'Anglas (arènes et salle)

L. N. : "Ce sont les gardians (en particulier, J.-P. Durrieu) qui m'ont fait construire ces arènes. Ah ils sont exigeants ! C'est pour entraîner le Real de Madrid (les futures vedettes de Nicollin). Ce sera inauguré certainement en fin de saison". 

- Au sujet de son titre de manadier

L. N. : "Les gens disent que je n'ai pas les taureaux depuis longtemps. Que j'y connais rien. Mais ils se trompent ! J'ai commencé à avoir des bêtes à Lyon, et aussi, à Maurin. Avec Jacques Bonnier. Mais tout ça ne me rajeunit pas".

 

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